‹ Myopie, hyperopie, astigmatismeChapitre 32 sur 45 · TOTAUX · texte numérisé non relu

TOTAUX

En jetant les yeux sur ce tableau, on voit que plus de la moitié (60,9 pour 100) des coeflicienls anormaux se rencontre de 10 à 20 ans, et, plus des 3/4 de 10 à 30 ans (77,4 pour 100), tandis que, de 30 à 50 ans, il s'en présente moins de 1/5 (19,6 pour dOO).

D'autre part, on voit que les coefficients anormaux de 2,50 à 5 dioptries (compris) sont beaucoup plus fréquents que ceux mesurant de 7 à 14 dioptries. Ces derniers ne représentent que 7,2 pour 100 des cas; ils sont tout particulièrement propres à l'adolescence.

Parfois divers phénomènes montrent bien la nature dynamique de la partie anormale du coefficient de correction : le chiffre représentant ce coefficient peut varier d'un jour à l'autre ou dans la même séance; tel verre, qui tout à l'heure procurait une certaine vision, ne la donne plus au

MVOI'IE. llYl'EliOl'lE, ASTltiMIi:

bout de quelques instants. Ces faits n'indiquent-ils pas que ia crampe augmente à mesure que la vision s'exerce?

La fréquence des coefficients anoimaux est très grande chez les myopes pris en bloc; nous l'estimons à environ 85 pour 100.

Étant donné un coefficient de correction, on a la mesure de la myopie spasmodique en retranchant deux dioptries du chilfre représentant ce coefficient.

Les coefficients anormaux ne représentent pas toujours l'intensité totale du spasme. Cela se conçoit. On part de ce principe que toute la myopie mesurée au moment où le sujet lit la première lettre du tableau (acuité 1/10) est de nature statique. Or, c'est là une pure supposition; rien n'affirme que le spasme, se manifestant pendant le passage de la première ligne à ia deuxième et de la deuxième à la troisième, etc., ne commence pas à se produire dès la fixation de la première lettre et même avant celte fixation.

§ 214. — La méthode des coefficients, certainement la meilleure pour diagnostiquer la présence et l'intensité du spasme myopique, ne doit pas faire négliger les autres modes d'examen. Tous sont utiles : ce que l'un ne révèle pas sera démontré par l'autre. Ainsi, supposons un myope avec une acuité de 1/10 sans verre et capable de passer à la vision de 1/1 à l'aide seulement du verre 2 dioptries. Dans ce cas, la méthode des coefficients semble ccarler l'idée du spasme, et pourtant il peut se faire que toute la myopie soit uniquement spasmodique; ce qui sera indiqué soit par l'examen objectif, soit par l'atropine.

§ 215. — Le spasme qui accompagne les myopies axiles n'est pas un élément indifférent, il est la cause de la progression de l'allongement antéro-poslérieur. Les observations suivantes prouvent surabondamment le fait :

1" Dans les myopies légères et qui restent telles, on ne rencontre pas des coefficients correcteurs anormaux;

wvoi'ii:, iivi'l'Uoi'ii:. astig.mik

2" Dans les myopies progressives, les coefficienls sont d autant plus anormaux que les myopies sont plus fortes;

5» Les coefficients les plus élevés se voient dans la période de la vie où la myopie est généralement plus progressive;

4° Inversement, à l'époque de la vie où la myopie est beaucoup moins progressive, le spasme diminue.

§ 216. — Le spasme ciliaire préside non seulement à la progression de la, myopie, mais aussi à sa genèse.

Nous en trouvons la preuve dans ce fait que ce spasme se rencontre d'une façon constante dans toutes les myopies de la jeunesse et de l'adolescence.

Pour soutenir la thèse en question, nous nous présentons avec une statistique de 500 cas. C'est là un chiffre plus que suffisant pour asseoir une théorie.

Dans ces cas, l'intensité du spasme a été trouvée :

de 0,50

Diopir.

fois.

de 4 Dioptr.

12 fois.

Nous avons éliminé de cette statistique les sujets de plus de 15 ans, pour le motif qu'à partir de cet âge, ainsi que cela a été établi plus haut, les nouveaux cas de myopie sont fort rares. Si nous voulions être fixé sur la constance du spasme générateur de l'allongement axile, il fallait aller à sa recherche dans des cas récents.

Autant sa présence est instructive dans des myopies statiques en formation, autant son absence a peu de valeur dans des myopies constituées depuis longtemps et qui restent stationnaires. En recherchant le spasme ciiez des enfants de 8 à 15 ans, nous étions certain de le découvrir. A un âge plus avancé, on risquait d'arriver après sa dispa-

rition, bien qu'il abandonne difficilement les organes dont il a modilié la structure.

g 217. — La théorie que nous soutenons n'est pas lïouvelle. Avant nous, Ilosch, Schiess, Hock, Chisolm et autres ont avancé que le spasme précède, prépare, fait progresser la myopie axile. Mais, à l'appui de cette idée, nous apportons des preuves d'une valeur bien supérieure à celle des faits fournis par nos devanciers.

Ils mettaient en avant la grande fréquence du spasme, nous proclamons sa constance.

Le spasme vu par nos confrères était d'une tonicité minime, le nôtre est souvent tenace, parfois tétanique, ne se détend pas généralement dans la chambre noire, résiste à des doses massives d'atropine, ne donne pas lieu à une myopie apparente, mais à une myopie qui a tous les dehors d'un état statique.

Le spasme mesuré par Schiess et les autres se chiffrait au maximum par 2 ou 3 dioptries, celui que nous accusons peut atteindre des chiflres doubles, triples et plus.

§218. Certains auteurs veulent voir dans le spasme qui accompagne la myopie statique, non sa cause productive, mais une de ses conséquences. Une telle interprétation ne nous paraît pas juste, lin elTet, l'observateur attentif sait trouver le spasme d'une tonicité plus ou moins accentuée chez la majeure partie des candidats à la myopie. Ott, api-ès avoir constaté des crampes accommodatives chez 22 sujets, en a trouvé, deux ans après, 20 atteints de myopie.

II nous est assez souvent arrivé de surprendre le flagrant délit chez des sujets à la veille de devenir myopes. Au début d'une lecture, ils pouvaient lire à une certaine distance, ce qu'ils étaient dans l'impossibilité de faire après quelques moments d'application des yeux, surtout s'ils s'étaient exercés à voir dans le voisinage de leur punctum proxwmm. Il suffisait d'un repos, d'une durée variable selon les cas,

MYOPIE, IIYPEROPIE, ASTIGMIE.

pour que la vision fût de nouveau possible au point primitif.

Mais peut-on qualifier de crampe un phénomène qui se résout aussitôt, ou presque aussitôt, que l'œil cesse de fixer un .objet? Nous le pensons. 11 peut y avoir crampe accouunodative sans contraction tétanique prolongée du ciliaire. Le phénomène consiste alors, ainsi que le dit Hock, en une « activité exagérée et spasmodique de ce muscle pendant l'acte visuel ».

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