LA SENORA PEPITA CLIVA
Les gens qui ne sont jamais allés en Espagne se figurent que les maisons ont pour fenêtres de grands yeuxnoirs dont les langueurs s'animent pour tous les amours, que les tapis sont de noires et soyeuses chevelures, que les divans sont faits de corps voluptueux, recouverts d'une peau pourprée comme les désirs.
J'étais Lien jeune alors; c'était dans le temps où la lutte entre les carlistes et les christinos avait, en Espagne, toute la vivacité d'une guerre civile. Un de mes parents, officier dans l'armée anglaise, avait un commandement dans les troupes de la reine Christine; il m'offrit de l'accompagner en qualité d'officier d'ordonnance. Je ne connaissais l'Espagne que par ses chroniques chevaleresques, son xérès, ses chevaux et ses Andalouses; je ne connaissais la guerre que par les poètes et les décorations : j'acceptai avec enthousiasme. Les belles nuits et les belles journées, quand nous n'avions
pas de la neige jusqu'au poitrail de nos chevaux ou que nous n'étions pas ol)ligés de les abandonner épuisés de fatigue et de chaleur! Le bon vin, quand nous avions pour nous di'saltérer tant seulement un verre d'une eau sauniàtre et fétide! Les beaux chevaux, quand nous n'étions pas réduits à monter des ânes ou des mulets ! La belle chevalerie, avec des trahisons à toutes les haltes! La belle chose que la guerre, quand nous pouvions faire un pas sans entendre siffler les balles des guérillas, quand nous n'attrapions pas une blessure chaque Jour! La belle chose que la guerre, quand nous avions à nous mettre sous la dent un morceau de chèvre calciné à la fumée des genêts! Aussi les belles maraudes que nous faisions, quand il y avait quelque chose à marauder! Et les femmes! Ah! c'est là que la déception fut amère ! Si elles étaient jolies, elles étaient sales à faire reculer des Cosaques. 0 charmantes vignettes lithographiées de quadrilles et de romances, où aviez-vous pris vos types si gracieux? Ce que j'en dis, du reste, n'est pas pour la senora Pépita Oliva; celle-là est bien une Espagnole de roman, une Espagnole d'imagination! Des yeux brûlants aux reflets ignés lui cicatrisent le visage! Ses sourcils sont noirs, épais, larges, forts, dessinés coumie l'arc de Guillaume Tell dans la fameuse vignette qui sert de frontispice au drame de Schiller! Ses dents sont blanches, aiguës et transparentes, de ces transparences roussàtres de la nacre méridionale ! Sa peau a les lueurs et les ombres d'un profil de coucher de soleil sur la place Saint-Marc! De la race ibérico-mauresque, elle a toute la finesse! La senora Pépita Oliva est vraiment une charmante femme; mais est-ce bien là une danseuse? Il y a dans son jeu
plus (lo déhanchcinont que de grâce; elle saute, mais elle lie danse pas. Disons encore qu'elle est un peu monotone, et que ses eflt.-ts ont le tort d'i'tre toujours à peu près les mêmes. Le programme m'annonce deux pas différents; je ne m'en serais pas aperçu, si la senora Pépita Oliva n'avait cliangc de costume et de coiffure. Cela ne rappelle-t-il pas le fameux dîner du maréchal
de Richelieu?
Cornélius HolfV.
DÉLASSEMENTS-COMIQUES
TITI, TOTO, ÏATA, Vaudeville en trois actes, par M. Jaimo lils.
Et je croyais que c'était une personnalité, car je connais Tata, je connais Toto, et je connais encore mieux Titi, une mauvaise connaissance, je vous assure. Il n'a fallu rien moins que la première scène pour me faire reconnaître que j'étais dans l'erreur. Et je suis si peu paradoxal, — quoi qnon en dise, — que je suis toujours bien aise de m'étre trompé.
Toto est un jeune auteur qui n'écrit ses pièces que sur papier timbré. Mais quelles pièces! des elfets à courte échéance , usurairement escomptés ; il est vrai que ces escomjrtes pourraient, sans préjudice pour Toto, être encore plus usuraires, car, en père dénaturé, Toto refuse de reconnaître ses enfants, — les lettres de change qu'il a créées et mises au monde. — Beaucoup en sont là, qui, à l'exemple de Jean- Jacques, laissent leur signature aux enfants trouvés. Je n'examinerai pas s'ils ont tort ou raison; je serais bien tenté de leur don-
lier raison, mais ils ont quolcjncfois do si bonnes raisons pour avoir tort. Mais Toto ne lait pas la pièce à lui tout seul. Toto a des tenants et des aboutissants, sans lesquels M. Jaime ne serait, jamais parvenu à faire sa pièce. Et d'abord voici M. Lucien. Lucien est un être machiavélique, — j'en demande j)ardon à l'illustre Machiavelli , mais le mot est l'ait et reçu dans la bonne compagnie. — Or donc, ce diable de Lucien a volé iO,000 francs dans la caisse de son oncle. A-t-il eu tort? a-t-il eu raison? Ah! cher lecteur, il y a mille questions comme celle-là dans la vie, mille questions que l'on est assez embarrassé de trancher. Je ne les trancherai pas, si cela vous est indilf'rent. Lucien a vob'^ 40,000 francs dans la caisse de son oncle. Pourquoi cet oncle a-t-il une caisse? Pourquoi y a-t-il 40,(t00 fr. dans sa caisse? — Cela ne vous regarde pas. — Mais où est le machiavélisme de ce vol? Machiavel n'était pas un voleur. — Cette objection est juste : ce n'était qu'un diplomate. Ce qu'il y a de machiavélique dans l'afTaire, c'est que Lucien avait un but, et ce but, c'était celui de faire incarcérer le fils de son oncle. Mais M. Jaime, protecteur né de la vertu, n'a pas voulu laisser à Lucien les honneurs du triomphe. Sans en jjrévenir personne, il est allé instruire Toto des noirceurs de cette trame. Toto, qui n'a pas moins de vertu que M. Jaime, a trouvé la chose un peu forte. Non moins machiavélique que Lucien, mais mettant son machiavélisme au service de la vertu, Toto s'est déguisé en banquier. Comment fait-on pour se déguiser en banquier? Se lave-t-on ou ne se lave-t-on pas les mains? 11 y a du pour et du contre : encore une question que je ne me permettrai pas de trancher. La critique est pavée de questions analogues.
Je ne sais pas si Toto se lave les mains pour se déguiser en banquier; je ne crois même pas qu'il acquitte ses lettres de change. Toto propose à Lucien de lui ouvrir un crédit. A la laveur de cette ouverture d'ouverture, il lui extirpe tous les petits secrets que M. Jaime ne lui a pas encore révélés. C'est ainsi qu'il apprend comme quoi Lucien est aimé de Tata, aimée elle-même d'un ouvrier du nom de Titi, mais que, comme Tata n'a point de dot, il l'abandonne pour épouser Juliette, jeune personne également dotée par la nature et par son père. Le machiavélique Toto sonpre aussitôt à traverser les desseins du machiavélique Lucien. Juliette n'aime pas Lucien , elle aime un jeune homme qui Ta sauvée au moment où elle se noyait. Toto, de son côté, aime une jeune fdle qu'il a sauvée au moment oii elle se noyait. Celle que Toto aime, c'est Juliette; celui que Juliette aime, c'est Toto. Toto en devient de plus en plus acharné contre Lucien. Le machiavélique Toto ne trouve d'autre moyen que de substituer Tata à Juliette le jour du mariage. A la vue de Tata, Lucien prend la fiute. Titi profite de l'occasion et des préparatifs pour épouser Tata, à l'exemple de Toto, qui s'empresse d'unir ses dettes à la dot de Juliette.
Et voilà ce que c'est qu'un vaudeville en trois actes par M. Jaime. Il n'y a pas là dedans beaucoup de gaieté; ce pourrait être un mérite : c'est un défaut.
Cornélius Holff.
— 7 am'it. —^
AMBIGU-COMIQUE
LA QUEUE DU DIABLE^ Vaudeville en trois actes, par \\\\. Glairville et J. Cordior
TITULUS SEU DIDASCALIA.
Acta ludit Megalensibus, G. M. Fulvio et M. Glabrione sedilibus curulibus; egerunt L. Ambivius Turpio^ L. Attilius Pra3iiestiiius. Modos fecit Flaccus Claudii, tibiis yaribus dextris et sinistris, et est tota graîca. Edita M. Marcello et G. Sulpicio Gons.
TITRE ou INSTRUCTION.
Cette pièce fut jouée pendant la fête de Gybèle, sous les édiles curules Gaïus Marcus Fulvius et Marcus Glabrio, par la troupe de Lucilius Ambivius Turpio et de Lucius Attilius de Préneste. La musique fut faite par Flaccus, affranchi de Claudius, qui employa des flûtes égales, droites et gauches. La pièce est toute grecque. La première représentation sous le consulat de Marcus Marcellus et de Gaïus Sulpicius.
Tel est le titre de l'Andrienne de Térence. Ce titre est incomplet ; il y manque le chiffre du prix que la pièce avait été payée par les édiles. Les Grecs mettaient aussi sur le titre les honneurs que le poëte avait reçus, si on l'avait décoré de bandelettes, si on l'avait couronné de fleurs.
On le voit, tout au^si bien que nou?, les anciens connaissaient la banque et la réclame. (",onnaissaient-ils la banque des al'liches? Chez eux, le goût des spectacles était si vif que Ton n'avait pas besoin de réchauffer Tenthousiasme des amateurs par des coups de crayon et des points d'exclamation: aujourd'hui, la confection des afliches est devenue un art. Sans parler des affiches de mauvais 20Ùt du sieur Arnaut, (^ui n"ont de nit^rite que leur étendue, sans parler des affiches ridicules du théâtre des Variétés, on a vu sur les murs des charmantes affiches auxquelles il semblait impossible de résister. Ahisi, l'afiiche de Benvenuto Cellini , une œuvre d'art dont les collectionneurs se disputent les épreuves ; ainsi l'affiche des yuits dr la Seine, si habilement conçue comme disposition et comme tire-l'œil. La précédente administration de TAmbigu-Comique entendait parfaitement la banque des transparents, mais elle n'avait point donné ses soins à la banque des affiches. M. Charles Denoyers, qui a la prétention de mieux faire que la précédente administration, a étendu une égale sollicitude sur les affiches et sur les transparents, et, nous le reconnaissons avec lilaisir, l'affiche de la Qmue du Diable et de Berthe la Flamande est un charmant modèle, très-heureux comme nuance et comme disposition. Le vert ressort admirablement sur ce fond blanc bordé d'un encadrement fantastique, et jamais peut-être le compositeur n'avait réussi à si bien déguiser cette partie ingrate de l'affiche, qui n'est que le programme du spectacle.
On prétendait que de grandes réparations avaient été faites dans la salle. Avec joie j'en avais accepté l'augure, car je suis le partisan né de toutes les réformes et de toutes les améliorations, de celles mêmes qm ne sont
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point nécessaires. Amère déception! Je m'aperçois, à mon grand regret, que ni mes jambes ni mon corps ne jouiront d'un espace plus large. Ce n'était ricnj l'avenir me réservait une bien autre découverte. Je m'étais plaint de ce que les Ijanquettes étaient rembourrées avec des amandes à cosse dure. Pourquoi me suis-je plaint? L'administration nouvelle a eu égard à mes plaintes ; mais comment? En concassant les amandes à cosse dure! Ce n'est plus dur, mais c'est fort piquant, je vous assure. J'en étais là de mes pénibles découvertes, lorsque la toile se leva.
Je l'avoue, j'ignorais qu'il y eût des étudiants en astronomie, et il ne faut rien moins que la parole solennelle de M. Clairville et de son pseudonymique collaborateur pour que j'ajoute foi à ce fait abracadabrant. On ne peut gagner que des torticolis à étudier l'astronomie; aussi Tibulle Camusot est moins qu'à son aise. Depuis quinze jours, Camusot est malade des coups qu'il a reçus en voulant défendre une jeune ouvrière insultée par un passant mal élevé. Or, Camusot est sans ressources, et cependant Camusot a été très-bien soigné ; rien ne lui a manqué pendant sa maladie, ni tisane, ni bouillon. Qui a veillé ainsi sur Camusot? Ce ne peut être que sa portière. M™*' Mistenflùte, une vieille femme qui doit être amoureuse de lui. Mais M'"'' Mistenflùte arrive, jure ses grands dieux qu'elle n'est pas montée depuis quinze jours et s'empresse de détromper le malade en lui réclamant 4 fr. 50 c. Camusot se refuse à l'évidence; il persiste à remercier sa portière en lui demandant à déjeuner. M""= Mistenflùte refuse et s'en va en reprochant à Camusot de tirer le diable par la queue, mais de ne pas tirer assez fort, « parce que, lui dit-elle, si
VOUS tiriez assez fort, la queue vous resterait dans la main, et ne pouvant plus tirer le diable par la queue, vous nageriez dans Fopulence. » C'est clair. Caniusot s'endort l'estoniac creux et l'esprit rempli d'idées diaboliques. Une porte s'ouvre dans le mur, trois jeunes filles paraissent : l'une porte des bottes, l'autre un liabit et un paletot, la troisième des provisions, toutes choses dont Camusot a également besoin, car il n'a [dus que des chaussons de lisière et un caleçon. Ces trois Jeunes filles sont trois voisines de Camusot, trois culottièrcs auxquelles il n'a jamais parlé ; ce sont les trois anges qui ont veillé sa maladie. Elles se retirent par où elles sont venues. La fenêtre s'ouvre: un monsieur, couvert d'un maillot en molleton gris, sous le prétexte d'être déguisé en singe, se précipite dans la chambre. Ce monsieur nous explique comme quoi, enfermé au violon pour écarts indécents au bal du Prado, il s'est enfui par les toits. 11 s'approche du lit. Canmsot, qui rêve à la queue du diable, s'empare machinalement de l'extrémité de la colonne vertébrale du monsieur déguisé en singe et il tire si bien que la queue lui reste dans la main. Le monsieur prend de nouveau la fuite. Camusot s'éveille, fort étonné de se trouver nanti d'une dépouille dont la possession concorde. si Inen avec son rêve. D'aiiord il a peur ; mais en apercevant une paire de bottes, il se dit que ce chable peut, après tout, être un bon diable. La vue du pantalon, du paletot et du- déjeuner le confirme dans son opinion. On frappe à la porte : ce sont les gardes du commerce qui viennent arrêter Canmsot, auteur de plusieurs lettres de change non payées à échéance. Camusot sort par la fenêtre en emportant la queue du diable.
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Passons à côté chez nos amies les culottières. Toutes trois ont un vieil amant : Zoé, M. Roustoubique, Imissicr; — Francine, M. Grattcmljoul, astronome; — Niclictte, M. Corisandre, adjoint au maire de Saint-Mandé. C'est un pantalon et un paletot, dont M. Grattemboul leur avait confie la confection, qu'elles ont donnes à Camusot. Toutes trois sont amoureuses de Camusot : Zoé a cancané avec lui au Prado; Francine la vu par la fenêtre, et Nichettc a été défendue par lui des gaudrioles insultantes d'un passant. Zoô nous apprend qu'en furetant chez Roustoubique, elle a trouvé un paquet de lettres d'amour adressées par la femme de Roustoubique au premier clerc de l'étude. Colimaçon. On frappe- C'est M. Roustoubique qui vient faire sa cour à Zoé. Tandis qu'il essaie de cueillir un baiser sur ses chastes lèvres, un grand bruit se fait dans la cheminée. Camusot arrive par cette voie peu usitée. Zoé s'enfuit. « Vous êtes un voleur? — Mais non. — Votre passeport?
— Tenez, voilà un commandement de payer. — Vous êtes Camusot, je suis Roustoubique, l'huissier qui vous poursuit; vous êtes pris. » RoustouJjique demande une voiture par la fenêtre. Camusot, très-contrarié, en appelle à la queue du diable. Tout à coup un [»aquet de lettres tombe à ses pieds ; les lettres de M""' Roustoubique à Colimaçon. « Je publierai ces lettres, ou vous me rendrez mes lettres de change. » Roustoubique consent,
— improbable de la part d'un huissier. Roustoubique s'en va. — Camusot s'en va aussi sans avoir vu les culottières. Deux des culottières s'en vont. Froncine reste; M. Grattemboul arrive. Il propose de donner à souper au trio. Francine accepte. « Je vais chercher les provisions et voir un jeune homme; gardez-moi mon traité
d'astronomie. » Camusot est de retour chez lui. Colimaçon lui a érrit; il veut se battre en duel. Grattemboul parait : « Votre parrain, M. (^urisandre, m'a (•harj,^é de vous examiner ; si vous ne savez rien, il vous déshérite. — Ou' est-ce que le méridien? » Camusot a recours à la queue du diable. Les culottières ont entendu; elles prennent le traité d'astronomie et soutïlent à Camusot ses réponses. Grattemboul se retire satisfait. Canuisot l'acconqjagne sur l'escalier. Nichette , qui a entendu Camusot lire la lettre de Colimaçun, entre dans la chambre pour savoir ce que c'est que ce duel. Camusot rentre; elle souffle la lumière. Elle veut sortir; mais la porte s'est refermée. Camusot croit que c'est le diable; il veut l'embrasser. De l'autre côté, Grattemboul entend dire : Ouvrez-moi, poussez la porte. Il pousse si bien qu'il tombe avec ses provisions.
Voulez-vous venir faire un tour à Saint-Mandé? Aussi bien cela nous fournira l'occasion d'aller déposer une couronne sur la tombe d'Armand Carrel. 11 y a bal costumé au profit des pauvres à Saint-Mandé ; la fête est sous le patronage de M.,Corisandre, adjoint au maire de l'endroit et aspirant à la vice-présidence du conseil de salubrité. M. Corisaudre est triste : il est allé l'autre jour au Prado déguisé en singe; il a perdu sa queue, et il craint qu'un officieux ne vienne révéler aux habitants de Saint-Mandé la goguette de M. l'adjoint. — Monologue de M. Corisandre. — Arrivée de trois jeunes gens. Les trois jeunes gens sont nos trois culottières. Nichette a pris l'habit d'homme et s'est battue avec Colimaçon. Ses compagnes lui ont servi de témoins. — Arrivée de Camusot. Camusot raconte aux trois inconnues comme quoi il est possesseur de la queue du diable, comme
quoi ce matin encore le diable s'est battu pour lui. — Arrivée de MM. Roustoubique, Grattemboul et Corisandre. Roustoubique dit à Corisandre : « Ton filleul nVa fait cbauter. » (irattenil)oul dit : «Ton filleul m'a volé mes liabits. — Impossible ! mon filleul est aveugle, .le lui ai envoyé l.jo fr, pour payer le [)remier quartier de sa pension aux Quinze- Vingts. » — Apparition de Caluusot. — Colère du parrain. — Camusot a recours à la queue du diable. — Nichette écrit à Corisandre : « Assurez le tiers de votre fortune à Camusot, rendez-lui votre amitié, et je vous épouse. » Le parrain se précipite dans les bras du filleul. Étonnement et sortie de Roustoubique et de Grattemboul. — Camusot apprend le sacrifice de Nichette. — Il n'y veut pas consentir ; — et le voilà montrant à Corisandre la queue du diable. Corisandre croit que son neveu est en possession de son secret; il change la main de Nichette et sa fortune contre la queue. — Roustoubique et Grattemboul reviennent : l'un a gardé une lettre de change, l'autre réclame ses habits. « Mon parrain, agitez la queue du diable. » — Le parrain agite la queue du diable. — Francme et Zoé promettent à leurs amoureux de les épouser, s'ils veulent laisser Camusot tranquille, et tout s'arrange ainsi. Voilà ce que c'est que la Queue du Diable, la plus auuisante boulï'onnerie que la collaboration Clairville et Cordier ait enfantée, et ce n'est pas peu dire; on rit depuis le commencement jusqu'à la fin, car il y a des mots de quoi défrayer vingt vaudevilles ordinaires.
jyjme Philippe est une ravissante créature ; Laurent n'a pas besoin d'éloges; Coquet-Roustoubique a de bons moments; le reste de la troupe est du dix-septième ordre de province.