‹ Mystères des théâtres, 1852Chapitre 18 sur 93 · LES FIA>'ÇAILLES DES ROSES · texte numérisé non relu

LES FIA>'ÇAILLES DES ROSES

Opéra-Comique en deux actes, paroles de M. Deslys, musique de M. de Villeblanche.

Il n'y a qu'un instant nous lisions dans un journal que « la Poupée de Xuremberg est un tissu de niaiseries contées dans un patois misérable; » que « la musique de la Poupée ne Nuremberg est pleine de verve, spiri tuelle, charmante ; » que « le libretto des Fiançailles des /{o.<!P5estune fantaisie pleine de grâces et de choses charmantes; n que « la musique de M. de Villeblanche est pâle; » que « c'est un perpétuel pastiche de l'Éclair. »

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Pour nous, nous pensons que si, en sa qualité d'opéra-bouffe, le libretto de la Poupée de Nuremberg n'a pas le sens commun, ce n'est certes point un tissu de niaiseries contées dans un patois misérable, — que la musique de M. Adam n'est pas un chef-d'œuvre; — que le libretto des Fiançailles des Roses est parfaitement ennuyeux, — et que la musique de M. de Villeblanche est très-vivement colorée.

Le goût n'a pas de règles fixes, tels sont ses caprices; autant d'auditeurs, autant d'ofiinions. Tenez donc à l'approbation de vos semblables ! Et qu'est-ce que la réputation et la gloire? Le produit de toutes ces divergences de manières de voir et de sentir.

Ce titre seul, les Fiançailles des Roses, pronostique une étrangeté, et, en effet, c'est une étrangeté et une étrangeté malheureuse. Il ne s'agit rien moins que d'une tradition hongroise. Le jour où vous atteignez l'âge de dix-huit ans accomplis, faites à minuit, entre deux bouquets de roses, une évocation diabolique, et, suivant que vous êtes un jeune premier ou une jeune première, vous verrez apparaître celui ou celle que vous devez épouser.

Youla-Mendez use de ce moyen, et elle est pleinement satisfaite de l'apparition de Williams-Dulaurens, son cousin, qu'elle épouse effectivement.

Nous n'avons jamais rien entendu qui nous ait paru si long. Ajoutons que la pièce était jouée d'une manière peu brillante, et que Grignon continue à être de plus en plus déplorable.

Il a fallu la déhcieuse musique de M. de Villeblanche, élégamment soutenue par la jolie voix de M"^ Mendez, pour nous réconciher avec l' Opéra-National.

À côté de nous, unejeune femme, qui semblait prendre un vif intérêt à la première représentation des Fiançailles des Roses, parlait du découragement et des terreurs de M. de Villeblanche. — Le rideau venait de baisser sur le Maître de Chapelle, et c'était pendant Tentr'acte que nous écoutions ces détails sur les souffrances intime de Tartiste. — Pour nous, nous avions confiance. Nous étions venu à cette représentation avec joie, et, sans rien connaître de la partition nouvelle, nous étions persuadé que nous n'aurions qu'à applaudir.

Ah! c'est que, pour nous, M. de Villeblanche est un vieil ami : n'est-il pas l'auteur de Djalma, de Rose et Blanche, ^ Ançje aux doux yeux, ci de cent autres suavités musicales qui nous rappellent des souvenirs bien chers, des souvenirs d'amour? — C'était une femme d'esprit, — une artiste incarnée dans une lorette ; elle avait le bon goût d'aimer la diction élégante et mélancolique de M. de Villeblanche, et toujours elle redisait ses blondes et vaporeuses romances. J'ai conservé d'elle l'album de 1817 de M. de Villeblanche, et bien souvent je j)asse des heures à rechercher les harmonies que sa voix a notées dans mon cœur.

Essentiellement dramatique, la musique des Fiançailles des Roses n'en est pas moins gracieuse. Ce sont des gammes ondées qui procèdent par vagues moelleuses et transparentes. Le talent du compositeur n'est pas encore ce qu'il sera un jour; tel qu'il est, il doit donner à réfléchir à ces vieillesses qui, de droit divin, se croient en iwssession des théâtres de Paris. L'espace nous manque pour noter tous les passages qui nous ont frappé; nous citerons seulement dans l'ouverture

une sérénade de cors avec pizzicato de basses du plus heureux effet.

Toujours si nous en croyons notre voisine, M. de Villeblanche serait sur le point de continuer ses glorieux débuts par la représentation d'une œuvre capitale. Puisse notre voisine avoir raison ! Nous attendons avec l'impatience du dilettantisme.

Cornélius Holff.

VARIÉTÉS

l'ami de la maison, Vaude\ille en un acte, par MM. CoUiot et Lefebvre.

Quand l'un entre, l'autre sort; quand l'un sort, l'autre entre. C'est ainsi que cela se passe sur la scène des Variétés, pendant un temps qui nous a paru infiniment trop prolongé. Nous n'en dirons pas davantage : ce petit acte est de ceux auxquels on pardonne parce qu'ils n'ont pas de prétentions.

PARIS on DORT,

Scènes de mœurs nocturnes en cinq actes, par MM. Delacour et Tliiboust.

Est-ce qu'on dort à Paris? Ici c'est le plaisir, là c'est la douleur qui veille ; ici l'agonie d'une vie, là l'agonie d'une vertu; ici la mort, là l'orgie. Gare là! C'est le corbillard des pauvres qui fait ranger le coupé mystérieux attardé jusqu'au jour à la porte du n" 43. Est-ce qu'on dort à Paris? Eh non, pas même le provincial : le bruit lointain des voitures qui cheminent à la Halle,

l'approvisionnement de la i^randc ville et le souvenir des femmes qu'il a vues le soir au spectacle ne lui laissent pas un instant de sommeil.

Et pourtant il y avait quelque chose de charmant à faire sur les veillées de la grande Babylone. Pour esquisser un pareil tableau, il eût fallu le jjinceau de l'auteur des Saltimbanques. Ce pinceau, MM. Delacour et Thiboust ne l'avaient pas, et, s'ils l'ont cherché, ils ne l'ont pas trouvé. Ils ne sont parvenus à produire qu'un vaudeville vulgaire, tel que de Lazary à Bobino, les théâtres de Paris en voient chaque jour s'épanouir et se faner. Et certes, si l'on dort à Paris, c'est peutêtre quand l'on va voir leur pièce.

LES REINES DES BiXS PUBLICS, Vaudeville en un acte, par MM. Delaporte et G. de Montheau.

Pour ceci, ce que nous avons de mieux à faire, c'est certainement de n'en point parler du tout. C'est aussi peu spirituel que mal dit. Nous nous sommes seulement émerveillé sur le réalisme avec lequel la troupe des Variétés jouait les mœurs de la Bohême. 11 y a encore du talent à reproduire, aux feux de la rampe, les

intimités de sa vie privée.

Cornélius Hoiff.

GAITÉ

LE CAPITAINE CLAIR-DE-LLTVE, Vaudeville en un acte, par MM. A. Brot et E. Nus.

C'est une très-réjouissante fohe que l'histoire du capitaine Clair-de-Lune, jeune lieutenant de la marine

impériale qiii ?o transforme en écumeur de mer pour apporter aux dames de la cour de rimp(''ratrice Joséphine de ces dentelles étranf près auxquelles la coquetterie prétait d'autant plus de prix que le blocus continental en interdisait jusqu'à la vue.

DÉLASSEMENTS- COMIQUES

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