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LES VIOLETTES DE LUCETTE

Vandeville en trois actes, par MM. Dutertre et T. Nezel.

Un titre de pièce qui ressemble à un titre de romance ; et, en effet, c'est toute une romance, — la romance du cœur que nous chantons ou que nous avons tous chantée, — quelque chose de si frêle et de si délicat que cela ne peut supportei- l'analyse, et qu'il faut l'aller voir pour retrouver dans les brouilleries d'Albert et de Lucette les poésies d'un premier amour.

Goroélius HolÉf.

CONCERT DE M. FUMAGALU.

Quelle admirable mvention que l'imprimerie! mais quelle plus admirable invention que la musique ! Tout à coup une note a frappé mon oreille, et mon cœur a tressailU. C'était l'air de Corrado d'Altamura, musique de Ricci : pour moi tout un poëme, — un souvenir d'amour. Aussi avec quel bonheur j'ai écouté de l'oreille et du cœur. Une jeune personne de talent, M"« Ersihe Agostini, a chanté ce morceau avec beaucoup de goût. Comme sa sœur. M"* Rachel Agostini , qui a parfaitement prosodie l'air de béatru: di Tenda de

Bellini, cl avec qui elle a chanté le duo de Maria l^adiila de Donizetti, M"« Ersilie a une voix d'une admirable limpiditi'; chez elle les notes dramatiques ont une puissance et une élévation qui remuent le sentiment jusque dans les cœurs les plus dessi'chés. Elle n'a qu'un défaut, c'est de donner trop d'étendue à sa voix; il en résulte quelquefois des effets peu harmonieux, surtout dans une salle comme la salle Herz. Du reste, M"''^ Rachel et Ersilie Agostini ne sont pas faites pour chanter dans des concerts; si elles le veulent, un plus brillant avenir s'ouvrira pour elles, car elles possèdent à un degré éminent la science de l'action dramatique.

Dans la même soirée, M. Fumagalll s'est fait ententendre plusieurs fois sur le piano : il y a de la largeur dans son jeu; mais ce qu'il y a surtout et avant tout, c'est de l'harmonie. 11 a le bon goût de laisser à d'autres les faciles éclats de la nmsique bruyante; ce qu'il recherche, ce sont les mélodies, ces suaves et poétiques accords du doigté qui, en dehors des exigences des grands mouvements dramatiques, forment seuls la vraie musique. 11 y avait longtemps que je n'avais entendu sous une main intelligente parler pour moi les splendides notes du piano. C'est avec plaisir que j'ai entendu M. Fumagalli, et l'assistance tout entière partageait mon émotion lorsqu'elle s'est levée avec enthousiasme pour applaudir à cette chose déhcieuse, — cette fantaisie andalouse, — qu'il appelle la Buena Ventura. Figurez-vous les torsions du boléro se balançant avec une fureur voluptueuse sur les ondes parfumées de Guadalquivir.

J'ai bien aussi vu trente choristes exécuter avec ensemble des chœurs d'Adam, d'Auber, de Zimmermann

et d'Ambroise Thomas; mais j'avoue que^ quand j'ai entendu de la musique de Ricci, je tâclie de ne pas entendre autre chose.

Cornélius Holff.

— 13 mars. —

ODEON

LES CINQ MDJCTES DU COM.M.U'LELR, Daame en cinq actes et sept tableaux, par M. Léon Gozlaii.

Ce serait une jolie salle que celle de FOdéon, si ses velours étaient encore rouges et s'il y avait autre chose que la place des dorures. Et puis ce sont de petites bonnes gens de Tun et l'autre sexe qui, dans des coins de gratis, ont Fair de minuter la pituite ou de grelotter l'agonie. — C'est là le public ordinaire et extraordinaire de rodéon. Nous fumions notre cigare pendant le défilé d'une louable, mais malheureuse tentative de queue faite par l'administration, et nous entendions les discours suivants : « Oh 1 l'épicier en avait dix ! — Bah ! — Vous savez bien le pharmacien ? — Voui. — Eh bien ! figurez-vous, ma chère, que sa cuisinière avait dit à la fruitière qu'il avait dit qu'à la galerie il n'y avait que des marchandes de poisson, et alors on ne lui en donne plus; et quand il en demande, on lui dit qu'il n'y en a pas. » Ce dernier mot — pas de places — excita la plus vive hilarité parmi les auditeurs. Nous n'inventons pas : nous enregistrons.

Soyons justes : ce soir-là raduiinistiatioM s' (Hait mise en frais; elle avait recouvert les malpropretés du plancher de la scf'nc d'une espèce de thibaude, — en guise de tapis de Smyrne. C'est qu'il s'agissait d'une grande affaire. Un des hommes les plus spirituels de l'époque avait consenti à se laisser jouer à l'Odéon de \8''>2. Il y avait, si nous ne nous trompons, trois ans que la pièce de AI. Léon Gozlan était reçue, et le public allait enfin être admis à admirer le nouveau chef-d'œuvre de l'auteur de tant de choses charmantes.

Généralement les pièces autour desquelles l'on fait beaucoup de bruit d'avance ne valent rien. Il n'en est pas de même de celle-ci. Nous n'hésitons pas à le dire, depuis les belles années de Victor Hugo et d'Alexandre Dumas, le théâtre semblait avoir perdu l'habitude do. ces splendides inspirations.

En quelques mots voici la pièce. Nous sommes en pleine conspiration de Cellamare. Le marquis de Canilly-Bouchet conspire contre le régent. Il a un complice, le marquis de Marescreux. Marescreux et Canilly se défient l'un de l'autre; ils vont s'unir par les hens du sang : la fille de Canilly épousera le fils de Marescreux. Et alors, par ordre de son père, Marie-Boudeville envoie son portrait à Raoul avec cette légende : Offert par Marie de Canilly à Raoul de Marescreux. Le marquis est arrêté, jugé et sur le point d'être décapité, lorsque ses gardiens se laissent corrompre. Mais là n'est pas la pièce. Marie aime le commandeur de Beaumesnil, et elle épouse le marquis de Beaumesnil, parce qu'il va devenir fou de douleur. Et elle est malheureuse! Ah! demandez-le à. . . Mais voici qu'un beau jour Raoul de Marescreux revient. 11 insulte la marquise de Beaumesnil.

Duel. — Le marquis est tué. Le commandeur se Lat aussi. Il est convenu que celui qui tombera aura cinq minutes pour se relever et tirer. Le commandeur tombe. Mais la maréchauss'^e approche^ et Raoul s'enfuit avant que le^^cinq minutes se soient écoulées. Teint du sang des deux frères, — le mari et Tamant, — il se pré.sente chez M°"^ de Beaumesnil. Encore une fois il Tinsulte. Alors reparait le commandeur. 11 a le droit de tirer; il va tirer. Maie la marquise a juré de se faire religieuse : au nom du ciel elle désarme le commandeur et force Raoul au repentir. Voilà le fond de la pièce.

Voyons miiintenant les détails, car c'est là surtout ce. qu'il faut examiner dans les compositions de M. Léon Gozlan. Qui est-ce qui n'a pas lu la Jolie fille de l'erth? il y a là-dedans une lâcheté nerveuse qui est d'un puissant effet dramatique. Dans les Cinq minutes du Commandeur, il y a aussi une lâcheté nerveuse dont M, Gozlan a su tirer un habile parti. Rien de moins ridicule que la lâcheté quand elle est affaire de tempérament; c'est mie infirmité, et voilà tout. Qui est-ce qui rit d'une bosse? Les sots et souvent ceux qui savent cacher leurs bosses au moyen d'un corset mécanique. Ceux qui raillent la lâcheté sont ou des sots ou des fanfarons. Cette lâcheté ici, ce n'est pas un Higlander, c'est le marquis de Beaumesnil. Pas n'est besoin de dire que le commandeur deBeaumesnil est là toujours fort à propos pour sauver l'honneur de la famille. De quoi le commandeur est/-il commandeur? 11 ne peut être commandeur de Malte, puisqu'il se considère comme un mince personnage et qu'il parle de se marier ; il ne peut ,étre commandeur de la Légion d'honneur : M. Gozlan n'a voulu un commandeur que parce qu'il y a un commandeur

dans 1(1 drame do Doit Juan, — les cinq iiiiiiutcs du commandour et la statue du cuimuaiideur — et de l'ait les apparitions des deux commandeurs sont également fantastiques.

Au second acte, il y a un mot qui nous a fait tressaillir, — le mot le plus vrai, le mieux senti qui ait Jamais été dit au tli('àtre : iAIarioBoudeville vient d'apprendre que son père est sur le point d'être décapité, mais qu'avec 300,000 livres on peut le sauver. Il n'y a qu'un instant, elle refusait la main et les lîî millions du marquis de Beaumesnil : — Louison! Louison! va dire au marquis de Beaumesnil que je l'épouserai. — Un homme entre : c'est le commandeur, qui arrive tout poussiéreux de la gloire qu'il vient d'acquérir au siège de Belgrade. Elle l'aperçoit : — Ah! Louison, ne lui dis rien! — Et elle jette à son amour la vie de son père. C'est sublime de vérité. Voici maintenant le défaut : c'est là le cri de la nature : le moi, l'égo'isme avant tout. Mais, monsieur Gozlan, il y a la réflexion. Que penscriez-vous d'une femme qui aurait sacrifié la vie de son père aux satisfactions de son amour? C'est cependant ce que fait Marie ; si bien que six mois après les événements, elle ne sait même pas si son père a été vraiment décapité, et elle est tout étonnée d'apprendre que la générosité du marquis lui a épargné la rude montée de l'échafaud.

Le décor du troisième acte est d'un effet pittoresque : une tenture d'église un jour d'enterrement de première classe. On voit que la fantaisie de M. Gozlan a passé par là. Le marquis, désespéré de ne pouvoir épouser Marie, a emprunté ce mobilier à l'administration des pompes funèbres de l'endroit. Il nous a fait peîne de

voir se dessiner là-dessus une robe grise garnie de dentelles noires : la robe de.Marie-Boudevilb^, en deuil d'un père qu'elle croit mortdei»uis six mois. Comme Platon le fait dire à Socrate dans un de ses dialogues, une lyre et une marmite peuvent être belles, un corbillard peut aussi être beau, mais c'est à la condition d"ètre bien noir.

Dans un épisode, il y a un improvisateur fantastique dont l'apparition n'est peut-être pas aussi dramatique que le supposait l'intention de l'auteur. Disons maintenant que nous avons regretté de voir M. Gozlan tomber dans le cliauvinisme, et chanter de bonne foi la gloire, la patrie et autres fariboles d'aussi mauvais aloi. Il y a encore un autre défaut, c'est le tableau du duel : ou toutes les femmes auront des attaques de nerfs, ou elles riront, — je crois bien qu'elles riront, M. Gozlan est un homme d'esprit qui écrit en français, mais il se laisse trop aller aux caprices de sa fantaisie. Sa pièce aura-t-elle du succès? Je ne pense pas qu'elle soit à la portée des neuf cent quatre-vingt-tUx-neuf imbéciles qui forment masse dans un groupe de mille spectateurs, et puis, n'est-elle pas Jouée à ce théâtre où les succès deviennent des chutes, où l'enthousiasme se congèle?

Et comment est-elle jouée? Disons -le brièvement. Tisserand, — le commandeur, — n'a plus ni voix ni gestes. 11 est complètement usé; et on comprend difficilement qu'une jeune fille soit amoureuse d'un homme si gros. Clarence, — le marquis de Beaumesnil, — a l'air franchement poltron, trop, — THiglander ne se confessait de sa lâcheté qu'à l'oreille de son père nourricier. Bouchct-Canillyjouele conspirateur comme un Géronte. Les marquis conspirateurs du xviii" siècle n'avaient

pas cette tournure bonhomme et cette télégraphie potau-feu. Il y avait plus d'un marquis parmi les seigneurs bretons que le régent fit pendre. Harville-Raoul a plutôt Tair d'une fanfaronnade que d'une haine, d'un matamore que d'un vengeur. Ce n'est pas même un bravo, c'est un baladin qui va combattre le taureau à tant de piastres la si'ance. Gamard joue dans un épisode un rôle de podestat avec des accents parfaitement ridicules et des poses grotesques. Nous l'avions d'abord pris pour l'improvisateur, tant il a l'air d'un académicien. Martel n'a pas l'air d'un académicien; — ce n'est pas étonnant, puisqu'il improvise; — et il s'est tiré très-gaillardement de son rôle Dans des emplois de seigneurs de la cour de Louis XV, plusieurs autres acteurs ont chanté faux de manière à écorcher les oreilles de l'assistance. M™" Boudeville a de l'intention, mais elle ne réussit ])as complètement. Elle a le jeu roide comme un rasoir. Et puis elle recherche l'intonation et la gestiflcation de M""" Guyon, — sa voix de cantinière enrouée et ses poses de harengère. Nous ferons aussi ol)server à M""' Boudeville que si, en lisant la lettre par laquelle son père lui apprend son triste sort, elle s'emporte dès le commencement, elle court risque de ne plus avoir d'action pour la fin. Quant à M'"*^ Bilhaut, dans un rôle détaché de la pièce, elle a mis beaucoup de grâce et de gentillesse, et vraiment nous nous demandons ce qu'elle est venue faire dans

cette galère?

Cornélius Holff.

GYMNASE

LES VACANCES I)E PANDOLPHE, Comédie en trois actes, par George Sand.

Au mois d'avril 17 IC, Luigi Riccoboni dit Lelio, Giuscppe Balletti dit Mario, Thomaso Yisentini dit Arlequin, Pietro Alboprheti dit Pantalon, Giovani Bissoni dit Soapin, Francesco Matterazi dit le docteur, Giacomo RanziniditScaramouche; Helena Balletti dite Flarainia, Giovanna Benozzi dite Sylvia, Margareta Rusca dite Violetta, et Ur?ula Astori arrivèrent au port Saint-Paul à Paris. — Le 18 mai de la même année, ce fut ime nouvelle dans Paris, que les comédiens italiens jouaient sur le théâtre du Palais-Royal ; — et le soir, au café Gradot, les comédiens comptèrent 4,068 livres, et commencèrent ainsi leur premier registre : Au nom de Dieu, de la Vierge Marie, de saint François de Paul, et des âmes du purgatoire, nous avons commencé, ce 18 mai, par l'Inganno Fortunatn.

Vieux Gelosi! vous aviez déjà passé les monts, la gaieté en croupe! Guerres de religion, guerres de parlements, les états de Blois et la Fronde, que vous importait? Vous alliez, vous alliez, repassant vos rôles, essayant vos coups de pied, dans les discordes et les dissensions civiles ! Aussi insoucieux du lendemain que du pouvoir du jour, de la mort du duc de Guise que de l'ondée d'iiier, aujourd'hui à Blois, demain rue des Poulies, sur le théâtre du Petit- Bourbon! — On démolit votre théâtre pour bâtir le péristyle du Louvre; le parlement défend vos représentations. — Qu'importe! vous avez pour vous le roi — et Paris ! — Mais, un beau

jour, vous rioz trop haut, messieurs de Naples et de Venise; vous jouez Scaramouchp ermite, — vous allez jouer la Fausse Prude, — cette pièce que Charlotte-Elisabeth de Bavière n'alla pas voir, malgré son envie, « de peur, dit-oUc, que la vieille ne persuadât au roi que je l'avais fait jouer par malice. » — Le Théâtre- Italien ferme, le Théâtre- Italien est fermé !

Dix-neuf ans, en passant devant l'hôtel de Bourcog-ne bâillonné et triste, Paris écouta, et crut entendre comme des rires enfermés, comme des farces qui battaient de la tête contre les murs. — M. le duc d'Orléans, régent du royaume, passa aussi un jour devant l'ancienne maison de gaieté, et, le lendemain, il donna ordre à M. Rouillé, conseiller d'État, de faire choix des meilleurs comédiens d'Italie. Une fois arrivés^ comme l'hôtel de Bourgogne n'était point encore en état, le régent leur permit de jouer sur le théâtre du Palais- Royal, les jours qu'il n'y aurait pas opéra; en sorte qu'un jour on jouait les Fêtes de l'Été, un autre la Figlia creduta masrhio, et que la poésie de Menesson coudoyait les folies de Lelio !

Per cht Ventende! — Donnez-moi, comédiens, un de ces heureux billets à vos représentations gratuites, plus hautes en drôleries que les autres, un de ces billets où il n'y avait que ces mots : Per chi l'entende! et je n'irai pas voir, Lelio, votre Mérope du marquis de Maffei; non, j'irai voir le Pantalon avec sa robe Zimara, le docteur au langage bolonnais, le Scapin avec son habit de livrée, son manteau, son bonnet, sa dague et son parler bergamasque ; Spavento, ou Spezzafer, ou le Giangurgolo, les capitans au large manteau, avec un buffle et une longue épée ; le Scaramouche, le Mezzetin, le Tar-

taglia au manteau de toile rayée, et le Pierrot inventé par Jareton! Ressuscitez-moi Tiberio Fiurelli, qui, à quatre-vingt-trois ans, donnait un soufflet avec le pied; Aurélia Blanchi, l'auteur de Vlnganno Fortunato, qu elle dédia à la reine; Dominique Biancocelli, — le grand Dominique ! — dont la mort fit fermer le thôàtre un mois, et celui-là qui faisait la culbute sans renverser un verre plein ; et Angelo Constant], qui joua sans masque, et que le roi de Pologne anoblit ; et Gherardi, — le Flautin, — qui imitait si bien la flûte; et Pautre, Évariste Gherardi, qui recueillit votre théâtre. — Faites que j'entende Arlequin voleur dire aux archers : Vous êtes des coquins d'emporter ce sac : ce n'est pas vous qui l'avez volé ! — Et le fameux compte à Pantalon : Pour un quartier de veau rôti et un emplâtre d'onguent pour la gale! — Et ce fameux : // Couvitato cli pietra, où Arlequin ouvre la scène : Si tous les couteaux n'étaient qu'un couteau, — ah ! quel couteau ! Si tous les arbres n'étaient qu'un arbre, — ah! cjuel arbre! Si tous les hommes n'étaient qu'un homme, — ahl quel homme! Si ce grand homme, prenant ce grand couteau, donnait un grand coup à ce grand arbre, et qu'il lui fit une fente, — ah ! quelle fente ! — Et encore cette triomphante plaisanterie reprise dernièrement : Mademoiselle, dit Arlequin à Eularia, lorsque je suis dans mon château, je me plais fort à l'agriculture. Je m'amuse à semer. U y a environ six mois que j'ai semé moi-même de la Ijraine de citrouilles, devinez ce qu'il y est venu? — Mais, monsieur, il n'y peut être venu que des citrouilles. — Pardonnez-moi, madame; il est venu un cochon qui a mangé toutes les graines. — Et Domi- .nique, qui jouait tous les jours, et qui composa cin-

quante-sept pièces en douze ans ! — Et cet excellent Visentini, si sou[»Ie, si plein de gaieté naturelle ! Visentini, qui mêlait à toutes les grâces de la balourdise le vrai, le naïf, l'original, le pathétique, qui vous menait du rire aux larmes, en riant! Et cette toujours diarniante Zanetta Kosa Benozzi, — la Silvia, — qui jouait si bien la comédie qu'on ne savait si elle était faite pour la comédie, ou si la comédie était faite pour elle! — Pour vos vieilles folies italiennes, un : Per chi l'entende! Comédiens, donnez-moi un : Per chi l'entende! — et jouez-moi, ô chers zanni, jouez-moi : LfAlcarado, — iMdro, sbiro e giudice, — // Medico volante!

Pandolphe est docteur. Pandolphe a une servante, Marinette. Marinette a une nièce, Violette. Violette a un oncle, le marquis de SbrufadeUi, qu'elle n'a jamais vu, qui meurt, et dont elle hérite. Léandre, faux grand seigneur, et Pascariel, ex- valet de SbrufadeUi, offrent leurs mains à Violette, qui aime Pedrolino.

Violette part avec Pandolphe, Marinette et Pedrolino, pour reconnaître les biens de son oncle. Une fois dans le château de SbrufadeUi, l'amour de Violette est traversé par Isabelle, l'ancienne maîtresse du fils de la maison. Pedrolmo, désespéré, va pour se jeter à Peau. Le docteur saute sur un fusil et le menace de le tuer... s'il se noie : — un joli souvenir de Mort civilement.

Isabelle, Pascariel, Colombine et Léandre s'entendent pour faire signer à Violette l'acceptation de l'héritage : un héritage de dettes. Violette signe; mais le notaire s'est trompé, et Violette le sait bien ! 11 lui a donné à signer une chanson au heu d'un acte. Pedrolino, Pandolphe et Marinette se mettent à rire, et Violette épouse Pedrolino. Edmond et Jules de Concourt.

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FOLIES-DRAMATIQUES

LA DA3Œ Airs COBÉAS,

Vaudeville en trois actes, par MM. Cogniard frères et Bourdois.

Beaublond ! Ratamboul ! Pompette ! — Une parodie de

la Dame aux Camélias, dont M^'* Duplessy fait tous les

frais.

Cornélius Holff.

— 20 mars.

OPERA-XATIONAL.

JOAMTA

Opéra en trois actes; paroles de M. E. Diiprez, musique de M. Xï. Duprez.

De la poésie de M. E. Duprez, mise en musique par M. G. Duprez et chantôe par M"*C. Duprez : nous n'aimons pas plus les opf'ras de famille que nous n'aimons les dîners ou les réunions de famille. Nous n'en respectons pas moins la famille; mais, si nous avions comrtais une pièce de famille, nous aurions eu soin de ne la faire jouer qu en famille, pour ne pas profaner nos impressions de famille.

On nous a dit qu'il y avait un librptto : nous en avons bien aperçu quelques feuillets sous le nez du souffleur, c'est tout ce que nous en savons : nous nous dispenserons d'en parler. La poésie de famille écartée, nous

restons donc en présence du chant et de la musique de famille .

Tandis qu'à Touvcrturc nous nous endormions à l'audition d'un solo de trombone, nous fûmes fâcheusement réveilli' par des fanfares dont nous ne comprenons pas le motif; puis Torchestration retomba dans un silence criard, — un andantino plaintif de violons. Ces instruments, point du tout mélodieux , g'eig:naient encore, lorsque la salle lut ébranlée jusque dans le deuxième dessous : — allegro final. — Il semblait que tous les cors, toutes les basses, tous les violons, toutes les cordes et tous les vents de la création donnaient leur ut de poitrine.

De tous les instruments inventés pour le malheur du genre humain, le plus déplorable est, sans contredit, la clarinette. Tel est du moins notre avis. — Au premier acte, Léonce-Poulticr chante une romance que l'on dit fort agréable; nous ne nous en sommes point aperçu, car nous n'étions point encore remis du solo de clarinette qui lui servait de prélude. Passons au second acte. Nous y avons entendu des chœurs funèbres qui nous ont paru indécents, en ce sens qu'ils avaient l'air d'une mauvaise plaisanterie. Enfin, nous signalerons comme un scandale l'emploi fait au troisième acte de r instrument charivarique que l'on appelle un mataphone. Ce soir-là la claque a consciencieusement gagné son argent. Quel accueil le vrai public , — le public payant, fera-t-il aux débuts de la famille Duprez? Nous n'en savons rien; mais, quand nous songeons que Joanita sert de prétexte au maillot de la jeune et jolie Maria Jeunot, nous avons bon espoir^

Cornélius Holff.

AMBIGU-COMIQUE

SARA.H LA CRÉOLE , Drame en cinq actes, par MM. de Courcelles et Jaime fils.

Ètes-vous assez malheureux pour ne rien avoir qui excite Tenvie? Êtes-vous assez bête ou assez laid pour ne pas avoir un ennemi? Descendez dans la rue, prenez la première misère venue, soulat,a^z-la, et le soir vous aurez une inimitié qui, jamais, ne vous pardonnera. Croyez-nous, la recette est infaillible. — Toutes les religions disent : Donnez , donnez ; Dieu vous rendra au centuple. — Faire le liien, c'est faire métier de dupe. C'est triste, c'est désolant; — toutes les vérités ne sontelles pas tristes et désolantes? Il faut lire, dans toutes les traditions de famille, l'histoire anecdotique de la Révolution de 1792, pour apprendre à juger les hommes. Nous avons la mémoire pleine de noms propres et de souvenirs authentiques : nous pourrions citer des noms; — nous ne faisons pas œuvre de gazetier cuirassé. Rappelons-nous seulement la triste fin de la comtesse du Barry, et sachons nous tenir à l'écart de la bienfaisance.

Le lendemain de la première représentation de Sarah la Créole, nous dînions chez un riche philanthrope, et, comme la conversation avait pris une tournure philosophique, nous soutenions chaleureusement notre thèse anticharitable. Et le maître de la maison, — membre du conseil général de son département et du bureau de bienfaisance de son endroit, — philanthrope généreux à qui il ne manque que d'aller quelquefois à pied pour tout à fait ressembler au petit manteau bleu , — nous

n^prcnait violemment, au nom de Dieu et des hommes, (le ce qu'il appelait la morbide pestilence de nos paradoxes. Ah! remerciez-nous, monsieur le baron : nous avons été bien généreux avec vous : d'un mot, nous pouvions vous réduire au silence. Ce mot, nous ne l'avons pas dit; car, du regard de ses doux yeux, votre fille semblait nous prier de ne pas l'humilier avec vous. Louisa, ètes-vous contente?

Mais croyez-vous, monsieur le baron, que nous ne sachions point que, par une glaciale matinée de l'hiver de 1780, un montreur de marmottes, un décrotteur de souUers, un pauvre Savoyard gisait étendu sur le terreplein du Pont-Neuf, au jjied de la statue d'Henri IV, — d'Henri IV assassiné par ceux qu'il avait comblés de bienfaits. — Après avoir longtemps agoni, l'enfant avait perdu tout sentiment de froid et de faim. Sur ce corps inerte, un passant faillit trébucher. Ce passant, c'était un amoureux ; il revenait du Louvre, où la faveur royale logeait le mari de sa maîtresse, et, le cœur joyeux, il se retirait discrètement, avant l'aube, de la nuit du premier rendez-vous. Sa voiture avait ordre de l'attendre au coin du quai Conti. Ce passant, cet amoureux, c'était un des plus grands seigneurs de la cour de Louis XVI , — un duc et pair. Si , en sortant du tripot où il allait souvent, — après avoir perdu cent mille écus, — le duc eût rencontré sur son chemin cette misère d'achoppement, il l'eût repoussée d'un coup de pied , ou , en supposant qu'il eût été humain , il se fût contenté de passer en blasphémant le ciel et le lieutenant de pohce. Voulez-vous être heureux, soyez inconstant. Rien n'égale le bonheur que procure un premier rendez-vous. Le bonheur prédispose à la bienfaisance :

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c'est l'histoire de l'anneau de Polycarpe. Le dnc était heureux, et, après le premier juron lâché, il eut pitié de cette souffrance qui expii-ait dans l'abandon. Il appela ses gens : l'enfant fut porté à l'hôtel, soigné, chauffé, nettoyé. Doux ans après, le duc demanda un jour à son intendant des nouvelles de l'enfant, et, comme il eut sur lui debons renseignements, il l'attacha directement à sa personne et le combla de bienfaits.

Savez-vous, monsieur le baron, quelle bouche dénonça le duc et pair au tribunal de Fouquier-TaiuA'ille? quel témoignage le fit envoyer à la guillotine malgré la bonne volonté d'un jury à qui l'on avait payé l'acquittement? La bouche et le témoignage de l'enfant devenu homme !

Ce n'est pas tout, cet or, que vous prodiguez à l'indigence, d'où vient-il? D'un vol! Avez-vous oublié qu'mie heure avant son arrestation le duc avait confié à son secrétaire un dépôt de 200,000 livres, et qu'avec cette somme le serviteur infidèle acheta les biens de son maître, — tandis que la fille de son amour, — une belle innocente de seize ans, — allait mourir de faim, de lassitude et de froid, sur une route du ^^'urtemberg. Cet enfant abandonné, ce protégé ingrat, monsieur le baron,— c'était votre père! —Voilà les exemples que vous donne votre famille, et vous persistez à faire le bien? Ah! vous êtes un grand fou!

Nous croyions tout d'abord que dans Sarah la Créole MM. de Courcelles et Jaime avaient voulu développer cette idée que l'on perd son temps à faire le bien, et nous nous réjouissions de cette bonne fortune qui jetait à notre critique une œuvre philosophique, au grand

mécontentement de la dame sentimentale aveC' laquelle nous avions Tavantaye d'ctrc ce soir-là grillé dans une liremièrc de face. Mais nous nous étions trompé. Les deux auteurs ont craint de faire une tentative hardie;, ils ont craint de froisser les préjugé^iet peut-être les intérêts de leur public; après avoir légèrement frôlé cette phase de la question, ils se sont résolument précipités dans une vieille gaine dramatique. La vengeance, cette basse et ignoble passion, a eu encore une fois les- honneurs d'un développement en cinq actes et en prose;

Le colonel Dumont-Lyonnet a une fille, Alice-Naptal-Arnault; il a aussi une protégée, Sarah la- Créole, — Lucie Mabire, — une orpheline-qu'il a élevée. Sarah est la fille d'un certahi capitaine Blangy, fusillé jadis aux colonies par ordre du colonel. Sarah connaît ces i tristes détails, et elle a juré de venger son père. Une autre haine vient accroître son désir de vengeance. Elle aime Julien-Gaston, mais Juhen-Gaston ne Taime pas, il aime Alice. — Tout est. en joie dans la maison : Fabrice Dumont, le frère. du. colonel, arrive aujourd'hui de Rio- Janeiro avec des richesses américaines ; événement fort heureux, car la fortune du colonel est compromise. Tout s'apprête pour le mariage d'Alice et de Juhen. — Sir John Dudley ! annonce le domestique. — U vient raconter la triste fin de Fabrice Dumont, dont le portefeuille a disparu. — Un tour de Sarah, qui a fait empoisonner l'oncle par un médecin nommé Robert, r^ L^. famille est ruinée, la , mariage est rompiiv La délicatesse du colonel ne veut pas d'un gendre qui paraîtrait faire l'aumône à sa fille. — Un monsieur en habit noir! — le premier clerc du notaire Firmin; Fabrice, avant de mourir, a fait passer en France 300,000

francs, qui devront être renus à sa nipce le jour de ses noces. — Sac à papier! s'écrie Sarah, ma vengeance m'échappe! Une idée! — C'est George-Arnault, comte de Cerny. — Le comte est un mauvais sujet, parfaitement ruiné, et de plus cousin d'Alice. — Épousez votre cousine! — Mais elle n'a rien. — Elle aura oOO,ûOO francs, donnez-vous les gants de la générosité. — Il en est ainsi fait, le mauvais sujet devient un excellent mari. — Alice est heureuse avec George. — Sarah brouille ces deux époux ; — ils se réconcilient; — alors Sarah empoisonne Alice. — Mais sir Dudley déjoue ses plans. — La coupable est confondue. Et sir Dudley, — ce deus ex machina, — ^^ c'est Fabrice Durnont en personne ! Sarah sera-t-elle livrée aux réquisitions de M. le procureur de la répubUque? — Non, car c'est la fille du colonel Dumont, — et le tribunal de famille la condamne au cloître à peri>étuité. Encore une paraphrase du fameux proverbe : L'homme propose et Dieu dispose. Voilà le drame en gros; passons aux observations : nous reprochons au premier acte certaines ressemblances avec la comtesse de Sennecey. — Tu es riche, et moi je suis pauvre ! — Tu as des amoureux, et je n'en ai pas. — Et, franchement, la furie ne mérite guère d'en avoir. Nous condamnons l'emploi de l'oncle d'Amérique, une institution qui, malheureusement, ne fonctionne plus dans les réalités de la vie. A côté de cette vieillerie ressort une nouveauté. MM. de Courcelles et Jaime n'ont pas tenu compte des liens du sang, nous leur en faisons nos sincères compliments. Mais n'est-il pas absurde d'user cette pauvre Sarah à venger un pt^re putatif? Et puis, la vengeance n'est-elle pas hors de propos? Un militaire fusillé, cela se voit tous

lt!S jours, et les jug(3S aux conseils de guerre n'en vivent pas moins lonirtenips. Nous dt''i)iorons toutefois la conduite du colonel Duniont; ii a beau dire que c'était la consigne, je crains bien qu'il n'ait lait fusiller le mari parce qu'il était l'amant de la femme. Le rôle du comte de C.erny est une platitude et une invraisemblance : un homme que l'on nous dit rangé et qui n'a que 25,000 francs de rente, s'amusant à donner à sa fennne, à propos de rien, un cachemire et une broche en diamants. Un cachemire ne peut pas coûter moins de 2,000 francs, une broche en diamants n'est que fort ordinaire au prix de 7,000 francs, c'est déjà 9,000 francs de cadeaux, soit les 9/23 de la totalité du revenu. A ce compte-là, la fortune d'Alice me parait courir de grands risques. — L'amour de Sarah pour Julien est trop fortement accusé pour n'occuper que l'espace restreint qui lui est départi par les auteurs. La réapparition de Fabrice Dumont ne va guère avec les discours du docteur Robert, qui se vante d'avoir volé son portefeuille. Et bien d'autres choses que nous ne dirons pas pour ne pas chagriner notre metteur en pages. Nous ajouterons seulement que nous avons remarqué dans le courant du dialogue quelques tirades qui nous ont paru un peu trop prétentieuses. Elles n'étaient pas mal écrites, mais déplacées. Ce drame aura-t-il du succès? Nous l'espérons, car il le mérite après tout. Mais nous croyons que l'Ambigu-Comique a tort de représenter le drame en habit noir.

Maintenant, messieurs les sociétaires, permettez-nous de vous dire ce que nous pensons de votre jeu. Alice- Naptal-Arnault s'est tirée avec beaucoup de talent d'un rôle qui n'était peut-èire pas nettement dessiné. 11 est

fâcheux qu'on lui ail taillé dans des proportions exagérées la scène de l'empoisonnement; ces longueurs sont aussi fatigantes pour l'actrice que pour les auditeurs. Sarah-Lucie-Mabire ne ressemble pas du tout à une créole : il n'y a pas dans son action la froideur glaciale que nous aurions désirée. Et puis pensez-vous qu'elle serait aussi grasse et aussi fraîche, la femme qui souffrirait ainsi les passions de la vengeance? Marie- Caroline, — la femme de chambre, — ne fait qu'entrebâiller la porte, mais nous devons dire qu'elle le fait d'une manière fabuleuse, le chef orné d'une coiffure rosée semblable à celles dont se décorent les ouvreuses du théâtre de M. Séveste. Dudiey-Chilly fait tous ses efforts pour ressembler à un Anglais. A notre sens, il ne réussit pas : l'originalité anglaise est facile à caricaturer, impossible à imiter. George-Arnault a des allures de commis-voyageur, mais il n'a rien de ce que doit avoir le comte de Cerny. Nous regrettons de lui avoir vu toujours le même habit, et nous lui conseillons de ne pas tourmenter sa canne d'une manière aussi fastidieuse. Telles sont les façons de l'élégance maillechort, mais, dans le vrai monde, Cerny serait mis à la porte. Julien-Gaston jouit du plus fantastique pantalon qui ait jamais frappé nos regards. Ce jeune homme a un peu trop l'air d'un officier en bourgeois. Bard, — le docteur Robert, — a rempli son rôle avec un talent qui mériterait plus d'espace; nous en dirons autant de Thiéry, qui, vieux serviteur, a su trouver par instants des inspirations assez remarquables.

Cornélius Holfl'.

in

TllKAïRE DU PALAIS KOVAL.

UNE PASSION A LA VANILLE, Vaudeville en un acte, par MM. Mélesville et Xavier.

Le théâtre du Palais-Royal recherche, comme on sait, les effets de titre. Pauvre public ! on le prend à rafflche comme les oiseaux à la irlu. Une passion à la vanille! cela ne vous rappelle-t-il pas l'entremets nécessaire des tables d'hôte aux eaux de Cauterets, de Saint-Sauveur ou de Vichy?

Stéphane-Ravel, jeune commis- voyageur en produits désinfectants, aime M"*^ Henriette-Chauvipre, une jeune personne que l'on peut aimer sans avoir tort. Mais Stéphane-Ravel a un oncle, Vaudoré-Sainville, fabricant de ces puanteurs que l'on appelle des parfums. Tandis que Stéphane parcourt la France pour le compte de la maison Vaudoré, Henriette, pressée par sa mère. M"* Bidault-Thierret, se décide à épouser Vaudoré. Retour de Stéphane. Désespoir du même. Il faut rompre le mariage. Stéphane fait la cour à M"" Bidault; mais il fait trop bien , si bien que la vieille femme veut tout de suite épouser son jeune amant. Comment les choses vont-elles se débrouiller? On apprend tort à propos que Vaudoré est le père d'Henriette, ce qui épargne un inceste à ce respectable parfumeur.

Depuis quelque temps le Palais-Royal joue aux mariages interrompus.

MAMAN S.VBOLLEUX, Vaudeville en un acte, par MM. Labiche et Marc Michel.

Nous sommes de ceux qui n'aiment les melons que

quand ils sont mûris au vrai soleil C'est pourquoi, tout en reconnaissant Tintelligence précoce de Céline Montaland, nous regrettons de voir s'étioler sa jeunesse dans la serre-chaude des coulisses.

Nous ne rendrons pas autrement comjite de cette farce, où l'esprit consiste à costumer Grassot en nourrice. A Pau, pendant le carnaval, les hommes s'habillent en femmes et les femmes en hommes : il y a des gens qui trouvent cela fort amusant.

Cornélius Holff.

27 mars. —

OPÉRA-COMIQUE

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