‹ Mystères des théâtres, 1852Chapitre 35 sur 93 · SIS · texte numérisé non relu

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A'EXUTROTO C£FFIXI , Parodie en un acte, par M. E Wistyii.

E?t-ce que la piôce de Paul Meurice était de celles qui valent la peine d'être parodii'es? Plus qu un autre peut- être j'ai rendu justice à son œuvre, mais est-ce que Renvcnuto Cdlini peut passer pour une de ces conceptions hors ligne qui^ comme Ikrnani, par exemple, ont droit à l'insulte et à la risée? Non, mais il est deux sortes de parodies : les parodies réelles et les parodies fictives; les parodies du dénigrement et celles de la réclame. Le genre parodie contient donc deux variétés. A quelle variété se rattache Venutroto Ce f fini? Je ne vous le dirai pas, car je n'en sais rien. — Les parodies ne sont supportables qu'à la condition d'être démesurément grotesques, et nous devons dire que l'œuvre de M. Wistyn a toutes les qualités du genre. Il y a dans l'indication et dans la coupure des scènes un talent de caricaturiste fort remarquable. Les côtés faibles du style et de la conception sont accusés avec un rare bonheur. On sent que l'auteur a fait cette parodie pour de bon, qu'il y est allé franchement, qu'il s'est plu à son travail. Malheureusement on s'en aperçoit trop, car il y a des longueurs qui proviennent l>ien certainement de cette disposition de son esprit. M. ^^'istyn fait bien le vers, il a de la verve et de l'entrain; souvent il fait trop bien le vers, et il y a dans cette pièce légère quelques jolies choses que l'on regrette de voir dépaysées en étrange compagnie. Un a dit (jue rien n'était plus voisin du ridicule que le sublime. C'est sans doute pour cela qu'Alplionsine a si bien rendu le faire et le dire de M""' Person : la caricature est si heu-

reuse que plus d'une fois l'on pourrait se croire en présence de l'original. Ce talent d'assimilation a quelque chose d'étonnant chez une femme qui, comme Alphonsine, a en elle-même assez d'originalité pour défrayer bien des créations. L'entrée, la démarche, le g«ste, tout est fidèlement copié, mais avec ce talent qui s'identifie l'imitation. Adèle, dans le rôle de Scotichonne, s'est donné une certaine ressemblance avec M"* Grave : la souplesse dans les gestes et l'adorable humilité dans les poses. M"^ Lequien, qui a, dans le haut du front, une vague parenté avec Isabelle Constant, a très-bien su vulgariser Tourterelle. L'ampleur de ses formes ajoute encore quelque chose à la caricature de la jeune première. Enfin, M"^ Clémentine a daguerrcot\-pé avec précision les airs étonnés de M"* Bertlie. Venutroto-Mikel n'est pas toujours Melingue; mais, dans la scène de la statue, il a exactement rendu l'activité désordonnée de la gestification de Benvenuto. Tous les autres rôles sont assez bien remplis, si ce n'est peut-être celui de Franchoie. Blondelet est par trop conducteur de diligence en goguette; il eût peut-être mieux valu tailler en pleine rodomontade. Telle qu'elle est, néanmoins, cette pièce est assez amusante pour longtemps attirer la foule : tous ceux qui ont vu Renvenuto, — et ils sont nombreux, — voudront voir Vemiiroto.

Cornélius Holtl.

15 mai. —

ODÉON

LES ABSENTS ONT RAISON, Comédie en deux actes, par M™« Anaïs Ségalas.

Le savant Cambden dé Unissait ainsi le proverbe (1) : « Un discours concis, sage et spirituel, fondé sur les résultats d'une lon'j'uo exprTien<-e et contenant quelque avis important et utile. » Scaliger, assimilant le proverbe à Tadage, prétendait que le mot adagium, — adage, venait du latin ogor, quod agaiur ad aliud significandum, c'est-à-dire parce que l'on s'en sert pour signifier autre chose que ce que ce qu'il veut dire. Ce prétendu paradoxe de M"'* Anaïs Ségalas n'était donc peut-être qu'une application rigoureuse du principe l»osé par Scaliger. Les absents ont tort, voilà ce que dit la sagesse des nations; mais les nations sont si bêtes qu'il n'y a pas nécessité de les croire sur parole. Et vous ne sauriez vous figurer après tout, estimables lecteurs, combien je suis intéressé à ce que les absents aient raison; c'est pour moi une question fjersonnelle et immense : les absents ont-ils tort ou raison ? Je l'ai déjà dit mille fois, je l'ai dit à tout le monde et à tout propos, et je suis lieureux de trouver encore une fois l'occasion de le répéter : il n'y a point de vérité absolue. Il arrive que les absents ont tort, mais il peut ar-

1,1) Cambden's Reminnes concerning Brifain : their Inngiinges, names, surnames, allusions etc.; the tifth impression , with many rare aiuiquilies never bel'ore imprinted, bv John Philipot. l.ondon, Th. Hasper, 1636, in-4'>.

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river qu'ils aiont raison. Quand, au lieu d'amour, le cœur n'a qu'une hal»itude, l'absence a tort. Voilà la rèjrle selon moi; mais à droite, à jrauche, en haut, en bas, je laisse place pour les exceptions. Un amour vrai , scindé à ses débuts par l'absence , ne puise-t-il l)as de nouvelles forces dans l'isolement, dans la privation de l'objet aimé? Il en est de l'amour comme des idées fixes, et beaucoup comme des bâtons flottants : or donc, l'absence a raison : l'absence a tort, l'absence a raison; mrli-mélo psychologique, confusion morale; l'aljsence a tort, labsence a raison; où est le paradoxe, où est la vérité.' Et il y a des gens qui s'amusent à mettre les passions en axiomes et les sentiments en théorèmes !

Max-i*icrron aljandonne sa femme Irma-Laurentine au beau uùlieu de la Suisse, — une abnégation que je n'aurais pas; — pour en finir avec les ennuis du mariage, il suppose un suicide qu'il n'accomplit pas. Que va devenir Irma, seule, abandonnée dans un pays qu'elle ne connaît point? Timoléon-Tétard se trouve là fort à propos pour reconduire Irma-Laurentine à Paris, — un téte-à-tète que je lui envie. — Une année s'est accomp]i^\ Or, il est fortement question du mariage d'Irma et de TimoKon. Henri IV disait à ses amis : « Vous ne me rendrez justice que quand je ne serai plus. » L'illustre Gascon avait raison. Mais le plus souvent, ceux qui ne sont plus sont comme les domestiques renvoyés : dès qu'on ne les a plus, on se découvre raille torts de ne pas les avoir chassés plus tôt. 11 aurait ■pu en être pour Max, — ne pas confondre avec r ex-sec ré taire de la rédaction de l'Éclair, — comme il en est ordinairement pour les domestiques : il en fut

r»our lui comme pour Henri IV. Tandis qu'Irma se remettait en mémoire toutes les bonnes qualités de Max, Max additionnait de son côté toutes les excellentes qualités d'Irma, si bien qu'il revient tout à point reprendre possession de sa femme, qui lui pardonne volontiers l'année de veuvage qu'elle semble n'avoir pas trop mal utilisée avec M. Timoléon.

Cornélius Holff.

OPÉRÀ-COMIOUE.

LE.S VOITURES VERSEES,

Opéra-rrmique en deux actes, paroles de Dupaty, niiisiquij di:- Boïoldieu. (Repris*.-.)

En 167i, un nommé la Grille s'avisa de monter un théâtre de musique; mais, comme il n'y avait pas à entrepreodre sur les privilèges de Lulli, voici comment il s'en tira : des marionnettes de grande taille trémoussaient l'action; l'exécution des morceaux de chant était faite par des chanteurs qui se plaçaient dans une position incommode à l'embouchure d'ouvertures pratiquées dans le plancher de la scène. Cela s'appelait l'opéra des Bamboches. Pendant deux hivers, la Grille eut un grand succès. Et puis la curiosité se lassa de cette grotesque [larodie. En 1G78, deux bateleurs, — Alard et Maurice, — imaginèrent un spectacle comf»os<^ de lazzis, de musique, de danses, de chants et d'évolutions fantastiques comme à l'Opéra. La première pièce qu'ils représentèrent avait nom :Hes Forces de l'amour et de la magie : c'était une farce grossière, — elle parut amusante. Alard et .Maurice se transpor-

laiciit do la loin; Saint-Luureut à colle de SaiiiKJeriiiaiii, ot partout la foul(> los suivait. Alard et Maurice moururent : leur tioui>o leur survécut, mais sous le nom de troupe des comédiens forains. En 1715, TAcadémie royale de musique consentit à laisser aux comédiens forains le droit de devenir sédentaires, et leur concéda généreusement la faculté de jouer le genre appelé depuis opéra-comique, non pas Topéra-comique dramatique, tel qu'on le fait aujourd'hui, mais l'opéracomique gai, tel que l'entendait Lesage, — la parodie ou le vaudeville ultra-burlesque.— En paix avec l'Académie royale de musique, TOpéra-Comique eut à se débattre contre la Comédie-Française. Le public, désertant on masse le geni'o ennuyeux pour le genre amusant, les comédiens français essayèrent de le retenir par voie d'huissier. Ils n'aissirent : le dialogue fut interdit à rOpéra-Comique. Celui-ci s'avisa d'un expédient emprunté à la peinture primitive. Le texte des paroles était écrit sur des placards plantés sur la scène, et il ne restait aux acteurs que la mimique. Mais ce genre de spectacle n'attirait pas la foule. Alors l'Opéra-Comique imagina une ébouriffante bouffonnerie. On faisait faire aux auteurs des couplets sur des airs connus. Des spectateurs payés, placés dans toutes les parties de la salle, les entonnaient, et le public les répétait avec eux. Cette innovation eut un plein succès, succès si complet que l'heureux théâtre ne put tenir contre les rivalités. Ouvert et fermé à différentes reprises, à partir de 1724, rOpéra-Comique ne fut vraiment rétabli qu'en 17:i2, et ne tarda pas à être réuni à l'Opéra-Italien.

Tels furent les commencements de ce théâtre aujour-

d'Ilui si brillant : ceci prouve qu'il ne faut jamais désespérer de rien. — Doctrine pleine de consolations, mais, je dois le dire, pleine de bien plus de déceptions encore.

C'est assez parler du passé , venons au présent : le présent vaut toujours mieux que le passé, surtout pour les théâtres; car, si Textravag-ante aftluence des étrangers en exclut les bonnètes gens, elle n'en remplit pas moins la caisse. Le provincial n'a qu'un agrément : c'est d'être carrément bête. — Je me plais cependant à reconnaître de nomlireuses exceptions, et bien entendu que ce discours s'adresse à tout le monde, sauf à celui qui m'écoute, — le provincial ne se fîiche point de se voir ridiculisé : dans ce portrait qui se promène sous ses yeux, il reconnaît toujours malicieusement un voisin et jamais lui-même. A l'Opéra-Comique, on jouait les Voitures versées, la salle regorgeait de provinciaux, et c'étaient eux qui riaient le plus fort aux ridicules dont Dupaty a chamarré la province : ces rires-là sont peut-être aussi des rires de vanité, car les provinciaux ont peur de se prendre mutuellement pour ce qu'ils sont, — pour des provinciaux.

Si la présence des provinciaux ne nous a pas permis d'écouter comme nous l'aurions voulu les Voitures versées, qu'elle ne nous fasse pas au moins tout à fait oublier pourquoi nous avons présentement une feuille de papier sous le nez et une plume dans les doigts. Souvenirs de jeunesse, de voyage ou de concerts, nous connaissons tous les Voilures versées : la pièce a vieilli, mais la musique est toujours si éclatante de fraîcheur, d'esprit et de gaieté, qu'elle seule suffit à somptueusement défrayer une soirée : Boïeldieu est de ceux aux-

quols SOS contemporains ont rendu justice, il est de ceux dont lu postérité conservera la mémoire, félicitons rOpéra-C^omiiiue d'avoir repris le chef-d'œuvre de ce compositeur si éminemment français par la pensée et par la forme, et disons tout de suite que T exécution a été digne de Tœuvre du maître.

iM''^" Miolan a manié fort prestement le petit filet de voix qu'elle a reçu de la nature; il est fâcheux qu'elle se tienne si mal, qu'elle ait les yeux si petits et les attaches du cou si apparentes; il est surtout fâcheux qu'elle ait dans la démarche une raideur de mannequin g-alvanis"', dans la gestification un tatillonnage de télégraphe en goguette, et dans toute son allure, enfin, quelque chose de contraint et de stup'fait. Tout cela ne Tempéche pas de chanter avec heaucoup de goût; mais, pour être actrice, il ne suffit [>as d'être musicienne.

Al""-' Andréa Favel est excellente musicienne et n'a aucun de ces défauts. Andréa ! le joh nom; c'est ainsi que s'appelait Théroïne de la légende de Zulzkoï. Andréa ! et il y a dans ce nom mille souvenu's d'amour et de coquetteries, de serments et de trahisons. Elle était lilonde de ce beau hlond de l'Ukraine, l'amante de Zulzkoï le soudard. Elle n'est pas blonde, M"*" Andréa Favel, mais elle a des cheveux qui feraient trois fois le tour de la table de marbre comme la barbe des burgraves, découverts par Michelet et mis en vers par Victor Hugo ! Les beaux cheveux ! comme ils sont épais, souples et soyeux 1 Ils ne sont pas noirs, — cette nuance si banale, — ils sont châtains comme ceux de la belle baronne de B.... , mais d'un châtain clair qui miroite des lustres étincelants. Ses yeux sont d'une admirable limpidité; ils semblent le diaphane cristal d'un diamant

rcll.'té par uno inoirc Ijlout,'. — Le. IVont est saillant comme celui d'une umse. La bouche s ouvre en un divin sourire, mais on voit se cacher sous les replis des lèvres mille railleries qui bouillonnent. Cette femme doit être spirituelle autant que belle. Les liprnes du cou se dessinent avec cette pureté que Ton ne trouve £;uère plus qu'aux médailles antiques. Elle a dans la taille la souplesse d'une écuyère et la dignité d'une femme du monde. Les notes brillantes éclatent dans sa voix comme les fusées au bouquet d'un feu d'artitice. L'air charmant : Je connais en amour, etc., elle Ta chanté avec ime verve entraînante, avec une sûreté d'intona tion qui captivaient jusqu'aux provinciaux qui avaient le bonheur de l'écouter. Ce ne sont pas les trucs usés de telle ou telle femme que la galanterie m'empêche de nommer, c'est la science unie au talent. Comme cantatrice. M"* Andréa Favel semble vouloir prendre la première place à l'Opéra-Comique; comme actrice, elle l'a déjà conquise. Il est vrai que le rôle de M""* de Melval semble dessiné tout exprès pour elle : c'est un cadre étroit dans lequel elle est parvenue à se mouvoir à son aise. M"'' Andréa Favel est émmemmont coquette. Tous ses gestes sont de la plus fine coquetterie ; il y a de quoi tomber amoureux à ses pieds, quand on voit le mouvement plein de grâce qu'elle soulève avec nonchalance poiu' ramener la passe de cet antique chapeau de paille de riz, que l'abondance de ses cheveux rejette toujours en arrière. Elle a aussi une adorable façon de se mordre les lèvres, un pincement malicieux que je n'ai trouvé que chez elle, et qu'elle seule peut-être a le droit d'oser avec succès. Il faut être bien jolie pour se permettre une grimace. M"'' Andréa Favel est bien jolie, et elle se

peut tout poriuettio. Je n'ai qirun soûl roûret, c'ost tle voir fette di'licieuse actrice à rOpéra-Coniique. Ce que je désirerais, c'est d'entendre dans sa bouche, distillée par la diction élégante de ses lèvres aristocratiques, la prose chatoyante de Musset ou de Gozlan • il fait peine de penser que tant d'esprit se aaspillera à faire valoir des platitudes. Prenez piliê, maclanw, du trouble de mon (tme! Et comme elle parodie les feints égarements d'un amour de convention! N'est-ce pas, mademoiselle, que l»lus d'une l'ois vous avez entendu bourdonner à vos oreilles de semblables prières? Ht peut-être ce soir même plus d'un sera sorti de rOpéi-a-("oiiiique, la tète férue d'un éclair de vos regards!

Cni-nrliiis Hnlir.

(iV.MNASE.

r\E PETITE FII.LE HE LA (iRAXDE ARMÉE,

Viiiiilcvillf' en deux actes, |i;ir M.M. fio Coiircflles

r\ Yirtor IViTût. ^

Vous êtes prié d'a.'-sister cnix concoi , sercice funèbre et enterrement de M!\l. de Co'JBCELLES et VicrOK Pekrot. La cérémonie a lieu tous /ci soirx au théâtre du thimnase- Dramatique . M.Muntigntj conduit le deuil.

De la part dp Ccjrnei.us IIulff.

P. S. Voir l'unidie du jour pour les dél.tils.

VAUDEVILLE

QUI PERD GAG.XE, Proverbe en un acte.

Les derniers avec moi sont toujours les premiers. !''!'!?!?!?!?!?!?!?!?!?!?!?!?!?!?!?

Oui, j'en suis encore tout abasourdi. Ce que je ne ftui? romprendre, c'est cpie toute la salle n'ait point été alirutie au point d'en porrlro If Sfulinient, et, disons le mot, le sifflet. Nous ne nommeions pas l'auteur : une réputation d'esprit parfaitement méritée par son mari- Ce proverbi^ n'était, à ci;' qu'il parait, (pie le résultat d'une gageure ; l'afticlie prenait soin d'annoncer qu'il ne serait joué qu'une fois; on Ta joué la moitié d'une fois.

LES SUITES It'UX PREJUER LIT, Vaudeville en un acte, par ^IM. Labiche et Marc Michel.

Si quelque chose est cher à l'Éclair en général, et à moi en itarticuher, c'est sans contredit la morale. Hors de la morale, point de salut, point de littérature. Hors de la morale, i>oint de succès. Le bourgeois veut être sur la scène ce qu'il est dans la vie privée : homme de morale avant tout. La morale, c'est quelquefois le chemin du cœur; c'est toujours le chemin de la dot; et la dot, c'est le chemin du bonheur, c'est le grand chemin de la vie. Si Hopwid, — mon vieux itrofesseur d'Heidelberg, — n'était pas mort, il me ferait compliment sur le logicisme de cette démonstration. Voilà mes itrincipes, — principes sur lesquels je suis inflexible comme

une barre ù planter la vigne. Aussi suis-je tout lier de vous annoncer que la morale la plus scrupuleuse ne trouverait rien à redire aux Suites trun Premier Lit. De cet estimable vaudeville, le conuiiencement et la lin, c'est le mariage, la plus pommée de toutes les moralités.

Je me suis toujours promis, dans le cas oij j'épouserais une veuve, de n'épouser qu'une veuve sans enfants. Telles étaient aussi peut être les résolutions de Trébucliard. Mais un jour, contre les poursuites de ses créanciers, Trébuchard ne trouva d'autre refug'c que l'alcôve de .M""' Artlmr, une veuve de beaucijup d'années, avec liile de li-ente-six ans. La mort, l'impitoyable mort. Jalouse du bonbeur que g-oùtait Trébucbard, lui a ravi son épouse. N'allez jtas croire Tiélaicliard inconsolable : non, Trébucbard ciiercbe femme. iMais, avec une tille de trente-six ans, un Tn'bucbard est toujours de défaite difficile. Trébucbard n'a qu'un parti, c'est de cacher cette fàcbeuse circonstance. C'est ainsi qu'il négocie son mariag^e à M"'' Claire Frudenval, fille de M. Trudenval, notaltle de Reims. Et Trébucbard se prépare à partir pour la ville du pain d'épice, lorsque survient la famille l'rudenval, — M. Prudenval et M"'' Claire. Ils ont appris que Trébucbard avait une iîUe, et ils viennent lui faire leurs cadeaux de noce : un petit lionnet et un bonhomme de pain d'épice. — Déception ! l'est une fille de trente-six ans! — Claire est fort contrariée de se voir une tille de cette nature. Que va faire Trébuchard ? Marier Blanche, — c'est le nom de la jeunepremière, — au capitaine Piquoiseau? Mais elle est capable d'avoir des enfants, et Claire ne veut pas être graud'mère. Mettre Blanche au •'ouvent? Mais Blanche

;i iM'ii de lîoùt pour la retraite. — Une idoe ! — Trébuthard a une idée : c'est Blanihr qui deviendra la bellemère de Claire : elle épousera IM udenval, que des raisons hygiéniques décident à rentrer dans les liens du mariag-e. Claire sera la belle-more de Blanche; Blanche sera la lielle-mère de Claire : de telle sorte qu'il y aura confusion et, par suite, annulation. La question se résout comme une simple créance. Depuis le commencement jusqu'à la fin, la pièce n'a pas le sens commun ; depuis le commencement jusqu'à la fin, elle est parfaitement désopilante. 11 y a des gens qui se sont plaints d'y rencontrer des mots graveleux. Est-ce que, s'il y iivnit dps gravplures, M"« Clary voudrait les prononcrr?

("".oniéliiis HolfT.

-i-i IMMI. —

VAKIF.TES,

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