POSTE RESTANTE
^'au(]eville en un acte, par MM. de Léris et Couailhac.
Qui est-ce qui n'a pas adressé des lettres d'amour aux premières initiales venues? Qui est-ce qui n'a pas reçu des réponses quelconques? Et qui sait, pour plus d'un, le bonheur a pu se trouver dans ces amours de facteur! Héloïse, éprouvant le besoin de faire venir une I>assion qui ne veut pas venir de bonne volonté, a écrit des lettres brûlantes à l'adresse du prénom de Frédéric. Un employé de la poste, favorisé de cette dénomination sonore, s'attribue la correspondance; il répond. Les affaires vont même très-vite, si vite qu'Héloïse se présente en sa personne naturelle. Des Cosaques reçu-
Icraient peut-ôtre, à plus l'orti^ raison un employé de la I>()stc, qui, par la nature de ses l'onctions, n'est pas ttîiiu à toute la bravoure que peut comporter le tempérament de riiomine. Frédéric scst nié lui-même. In monsieur du nom do l'rédériA; vient demander s'il n'y a pas de lettre pour lui. On lui remet la lettre d'Héloïse. Frédéri/c est un provincial qui est venu l>asser joyeusement à Paris le temps que sa femme met à lui donner un héritier. Digà il a jeté son dévolu sur iM""" llobillard, mais M""-' Robillard n'a pas fait attention à lui; telle n'est pas l'opinion de M. Robillard, qui a le tempérament très-jaloux. Frédéricse figure que la lettre paraphée Héloïse émane de M""= Robillard, dont les froideurs apparentes servent à cacher un amour tropical. Robillard, craignant une escapade de son éitouse, vient à la poste demander s'il n'y a pas de lettre pour M. Frédéri/i. Il y en a une. Robillard a l'indiscrétion de l'ouvrir. La femme de Frédéric écrit à son mari qu'elle vient d'accoucher et qu'elle l'aime toujours. Je n'essaierai pas de vous raconter ce désopilant quii)roquo. Si bien que tout le monde finit par s'embrasser. On a ri, et il y a des scènes
qui en valent la peine.
Cornélius HoUf.
- 3t jiiill.'t.
OPKRA-COMIQLE.