‹ Mystères des théâtres, 1852Chapitre 70 sur 93 · LES MYSTÈRES L'UDOLPHE · texte numérisé non relu

LES MYSTÈRES L'UDOLPHE

Opéra-comique en trois actes, paroles de MM. Scrihe et Germain Delà vigne, musique de Clapisson.

Ce n'est pas précisément le roman en quatre volumes in- 12 d'Anne Kadcliffe, qui nous a fait si grand'peur quand nous étions petits; mais cela n'en vaut guère mieux pour l'étendue, les sombres détails et le brouillamini.

J'entre dans les mystères, tête basse et visière de ma bougie levée. Je ne sais pas du tout quand j'en sortirai. La musique, les souterrains, les vieux portraits de re venants, le fracas des tutti, les changements à vue, encore les souterrains, et tout cela plus entortillé que les fils d'un chàle de l'Inde vu à l'envers, voilà la forêt vierge dont je dois sonder les broussailles. Plaignez-moi. Je ne me sens pas moins empêché qu'un cloporte perdu dans la perruque neuve d'un magistrat de Londres.

La scène se passe en Danemark. Deux puissantes familles, les Udolphe et les Xorby se sont voué une haine en trois actes, mêlée de couplets.

Suzanne, fille du comte Udolphe, avait épous '^, par ordre du roi de Danemark, un des fils de l'amiral Norby qu'elle aimait. La haine des deux familles devait s'éteindre dans les feux de ce mariage. Mais le mari a succondîé dans un combat, on le croit du moins. 11 est bien clair que cette digue conjugale ayant disparu, le torrent de l'inimitié reprend son cours.

Au premier acte, on est dans une salle du château d' Udolphe. Perspective de galeries magnifiques, comme

Page 1