LES PRINCIPAUX AMONCELLEMENTS DE SOLEILS
Les Constellations. — Dans cet amoncellement de Soleils qui s'étend au-dessus de nos têtes et que nous appelons la Voie lactée, il en est qui sont groupés de manière à former des figures variées. A ces groupes d'étoiles, on donne le nom de Constellations.
Dans un petit coin du ciel. — La nuit est venue et les étoiles brillent ; tournez-vous vers le nord : tout de suite vous remarquerez une constellation formée de sept étoiles dont quatre se superposent en forme de chariot, les trois autres représentant l'attelage : c'est la constellation de la Grande-Ourse ou du Chariot de David. L'avant-dernier cheval se nomme Mizar ; si on le regarde au télescope, on voit que Mizar est formé en réalité de deux soleils : c'est une étoile double. Avec de bons yeux, on peut distinguer au-dessus de Mizar une autre étoile moins grosse : on la nomme le Cocher du chariot.
Réunissez par une ligne les deux roues de derrière de ce chariot, et prolongez cette ligne à travers les plaines du Ciel : elle ira heurter le cheval d'avant d'un nouveau Chariot tourné en sens contraire du premier : c'est la Petite-Ourse. Et U che-
mi davunt est l'Etoile Polaire, importante à cnni aître, car elle indique le nord.
Prolongez encore la même ligne et vous arriverez à un autre chariot beaucoup plus grand qu'on
Grande Ourse
Polaire*"^
Carré de Pégase;
nomme le Carré de Pégase. Pour chevaux, celui-ci a toute une file d'étoiles appartenant, les premières à la constellation d'Andromède, et les autres à la constellation de Versée. Dans le voisinage de Versée, la Chèvre scintille.
Avant de nous éloigner, remarquons à mi-chemh £2 la Polaire et du Carré de Pégase : d'un côté,
un groupe detoiles qui a vaguement la forme d'une chaise — la constellation de Cassiopée — : et de l'autre côté, la constellation du Cygne.
Revenons à la Polaire. A mi-chemin de la Polaire et de la Grande- Ourse se détache la ligne sinueuse du Dragon, continuée par la Lyre et l'Aigle.
Dans la Lyre brille Wega. Et Wega marque la direction où nous entraîne notre Soleil à la vitesse de vingt kilomètres par seconde.
Revenons à. la Grande-Ourse et prolongeons la ligne imaginaire qui réunirait les deux derniers chevaux : elle nous mène à la constellation du'7>owvier nu brille Arcturus, étoile qui esl animée du mouvement le plus rapide qu'on ait constaté dans le ciel : elle vole à raison de 413 kilomètres à la seconde, trente-cinq millions par jour ! Et c'est cependant un soleil énorme, 5.800 fois plus gros que le nôtre ! Dans son voisinage étincelle la splendîde
Couronne boréale où les étoiles rangées en demicercle forment un diadème.
Revenons encore à la Grande-Ourse et prolon-
Couronne
boréale
Grande Ourse
Arcturus
is cette fois la diagonale du chariot : elle nous tnènera, dans le voisinage d' Arcturus, à la constellation de la Vierge où l'Epi lance ses feux.
Ne quittons pas la Grande-Ourse : la ligne qui, partie de la Polaire, passerait par ses deux premières roues, nous conduirait à la constellation du Lion, où brille Régulus.
Mais arrêtons-nous : mieux vaudrait compter les grains de sable au bord de la mer...
...Astre souverain, centre de tous ces mondes, Par delà ton empire aux limites profondes, Des milliers de soleils, si nombreux, si touffus Qu'on ne peut les compter dans leurs groupes confus, Prolongent, comme toi, leurs immenses cratères, font mouvoir, comme toi, des mondes planétaires,
Qui tournent autour d'eux, qui composent leur cour, Et tiennent de leur roi la chaleur et le jour. Oh ! oui, vous êtes mieux que des lampes nocturnes, Qu'allumeraient pour nous des veilleurs taciturnes. Innombrables lueurs, étoiles qui poudrez De votre sable d'or les chemins azurés ; Chez vous palpite aussi la vie universelle, Grands foyers où notre œil ne voit qu'une étincelle ! Montons, montons encor ! D'autres cieux fécondés Sont, par delà nos cieux, d'étoiles inondés. Oui, dans ces gouffres bleus, dans ces profondeurs
[sombres Dont la distance échappe au langage des nombres, Il est, — je les ai vus, — des nuages laiteux, Des gouttes de lumière aux rayons si douteux, Qu'un ver luisant, caché dans 1 herbe de nos routes, Jette assez de lueurs pour les éclipser toutes.
Ponsard. .