TRANSMISSION DE LA VIE A LA GRAINE
La f'eur. — Cet épi de blé, ce chêne, cette tige de haricot doivent mourir. N'y aura-t-il plus jamais d'autres épis, d'autres chênes, d'autres haricots? Ceux que nous avons sous les yeux sont-ils les derniers ?
Pas du tout ?
Avant de mourir, chaque plante cache une partie de la vie qu'elle contient dans une graine semblable à celle dont elle est sortie.
Œuvre étonnante dont on peut suivre le détail sur une tige de haricot. Elle pousse des feuilles : certaines de ces feuilles se transforment en étami-
nés, en pistil, en corolle, pour donner une fleur complète.
L'étamine. — Les cellules de la feuille qui doit devenir élu mi ne se divisent et se redivisent ; elles se resserrent en bas et s'élargissent en haut ; et voilà un sac ! On le nomme anthère Dans ce sac chaque cellule continue à se diviser en deux : et voilà quatre grains de poussière jaune, quatre grains de pollen.
Le pistil de la fleur. — Au centre des étamines, les cellules dune autre feuille se divisent et se redivisent en deux ; les bords de la feuille se soudent l'un à l'autre : voilà un autre petit sac, l'ovaire. A l'intérieur de ce sac, les cellules continuent à se diviser et voilà des petites boules vertes qui sont comme des œufs.
Chacun de ces œufs doit devenir une graine quand il aura été touché par un grain de pollen.
Le sac-ovaire sait cela et s'y prépare ; il s'allonge comme un fil et se renfle à l'extrémité pour formelle stigmate. Le stigmate s'imbibe d'un liquide visqueux prêt à coller les grains de pollen quand ils tomberont.
La fécondation. — Tout est prêt : les étamines avec leurs sacs de pollen se dressent autour de l'ovaire dont le stigmate humide pointe. Les sacs de pollen s'ouvrent, les grains tombent ; le liquide visqueux les colle ; et chaque grain commence le travail de la fécondation ; ses cellules se divisent, se- redivisent et voilà un long fil qui descend dans le sac aux œufs. Quand il en a rencontré un, il entre dedans, i] se confond avec lui en une mvsté-
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rieuse union dont nul microscope ne pourra jamais nous faire connaître la nature.
Dans cette fusion, l'œuf reçoit le pouvoir de ""reproduire toute la plante, la consigne d'accomplir dans leur succession réglée, les millions de divisions qui referont de semblables racines, de semblables tiges, de semblables feuilles, et de semblables fleurs.
L'œuf est devenu une graine qui s'endort en respirant doucement, très doucement.