‹ Mysteres et lumiereChapitre 21 sur 96 · MERVEILLES DE LA VIE VÉGÉTATIVE LA VARIÉTÉ DANS LA FÉCONDATION · texte numérisé non relu

MERVEILLES DE LA VIE VÉGÉTATIVE LA VARIÉTÉ DANS LA FÉCONDATION

Disposition des étamines et du pisT. — Une graine psi donc une force invisible qui a assemblé un peu «le charbon, un peu d'oxygène, un peu d'hydrogène, un peu de soufre, un peu de phosphore, un peu de fer...

Une graine c'est donc une force invisible qui a dompté un peu de matière et qui l'obligera, le moment venu, à prendre des formes ravissantes : à devenir un rosier aux fleurs veloutées ou un épi cl-- blé, ou un chêne.

Cette force se cache dans la graine quand le pollen de l'étamine entre dans l'œuf du pistil.

Pour que cette union se fasse, Celui qui a donné à chaque plante sa consigne, a imaginé en se jouant les moyens les plus variés.

Tu'ipe, fuchsr'a, rue. — Voyez cette fleur de tulipe : elle se dresse ; alors les étamines sont plus longues que le pistil, elles le dominent et n'ont qu'à laisser tomber leur pollen sur lui. Voyez cette fleur de fuchsia : elle est tombante : alors les étamines s. .ut plus courtes que le pistil ; elles le dominent encore et n'ont encore qu'à laisser tomber leur pollen.

Voici une plante assez commune : la rue. Si vous avez la patience de passer de longues heures à remanier sa fleur au moment de la fécondation, vous pourrez être témoin d'une scène admirablement réglée.

Le stigmate du pistil pointe ; il est devenu hn-

mide. Tout autour, les étamines forment le cercle ; elles se tiennent droites, immobiles. Mais l'heure est venue où la grande construction élevée par lea cellules doit s'achever dans la formation de la graine : et, soudain, une étamine s'incline, se penche tout à fait, et ouvrant son sac de pollen, en laisse tomber le contenu sur le stigmate où il se colle ; puis elle se redresse. L'étamine voisine In remplace, s'inclinant et ouvrant son trésor. Et toutes font de même. On dirait des serviteurs qtti se sont rangés en cercle pour offrir ;'i tour de rôle leurs présents uu jeune maître.

Puis, devenues inutiles, les étamines sèchent, meurent. Il ne reste plus de toute la fleur que l'ovaire du pistil où les graines fécondées vont mûrir pour le printemps suivant.

Fleurs à nectaires. — Voulez-vous assister à une scène réglée avec un art plus grand encore ? Voyez cette fleur d'iris : les étamines placées en haut d'un entonnoir incliné ne peuvent envoyer leur pollen sur le pistil caché au fond : la fécondation est donc impossible. Elle ne pourrait se faire que si quelque insecte bienveillant consentait à s'enfariner de pollen à l'entrée de la fleur et à le porter au fond de l'entonnoir, sur le pistil. Mais pourquoi le bourdon, les abeilles et les papillons rendraient-ils ce service à la fleur? Ils ont bien autre chose à faire : ils ont à chercher les liqueurs sucrées dont ils se nourrissent.

Les fleurs d'iris, de narcisse, de chèvrefeuille savent cela : elles savent qu'elles n'auront pas do postérité, qu'aucune graine ne les fera revivre si les' abeilles ne leur viennent en aide. Et pour que

l'abeille ou le bourdon vienne au fond de la corolle et > apporte le pollen des étamines, les cellules de la fleur ont fabriqué, avec l'art du confiseur le plus habile, une goutte de nectar. Déchirez cette corolle de chèvrefeuille, passez le bout de la langue

1. Fleur de sauge. — II. Le bourdon fait basculer les étamines (s) beaucoup plus courtes (lue le pistil (g).

au fond et vous recueillerez quelque chose de sucré qui est délicieusement parfumé. Ce nectar, les insectes savent qu'il existe ; ils accourent à la fleur et ils aident à sa fécondation.

Avec les fleurs complètement closes, la scène devient extraordinaire. ' Voyez cette gueule-de-loup : ses deux lèvres se rejoignent ; la fermeture est hermétique. Derrière, sont les étamines et au fond, en haut, le pistil : il est en dehors par conséquent de la pluie de pollen.

Les cellules ont bien fabriqué une goutte de nectar pour attirer les insectes, mais où passeraient-ils puisque la fleur est close ?

Elle est close sans doute, mais il y a un écriteau qui <lit : Par ici, on peut tout de même entrer. Cette gueule-de-loup est, en effet, tout entière d'un

MYSTÈRES nT LUMIÈRE

7-ouge vineux, sauf en un point qui est d'un jaune vif. Où se trouve ce point jaune dont la couleur éclatante attire le regard ? Au beau milieu de la lèvre inférieure. Appuyez dessus. Clac ! les deux lèvres se séparent comme une double porte qui s'ouvre. Ce point jaune, c'était la marque de la serrure à secret.

Le bourdon le sait fort bien : c'est toujours sur le point jaune qu'il s'abattra pour faire jouer la serrure sous son poids et aller boire la goutte de nectar, barbouillant en même temps de pollen le pistil.

Dans le tissu de toute fleur close, les cellules colorient ainsi un point voyant qui est l'appel lancé aux bourdons. Est-ce que cette entente de la fleur et de l'insecte se serait établie toute seide et par hasard ?

Le pcème de la nature. — Voilà l'œuvre de quelques cellules formées d'un peu de charbon, d'un peu d'oxygène, d'un peu d'hydrogène, d'un peu d'azote, avec des traces de soufre, de phosphore, de fer... .et qui opèrent par de simples mouvements de division dans la cellule première.

C'est avec cela seulement que le Créateur a composé le poème de la nature, qu'il a tiré du sol inerte plus de cent mille espèces de plantes vivantes, liées comme les consignes qu'il leur a dom

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Les idées directrices. — Oui. l'œuvre de Dieu, dans

simple création des plantes, est admirable! Quand le globe terrestre était une masse en feu, où donc était la vie ?

Il n'y avait pas de vie : il n'y avait ni plantes, ni animaux, ni hommes.

La vie ne s'est montrée que lorsque la Terre se fut refroidie et solidifiée. On n'en trouve des traces jjue dans les derniers terrains qui se sont formes. Et il y a des gens qui croient bonnement qu'à ce moment-là, la Matière s'est mise à vivre, comme ça, tout d'un coup, à propos de rien.

Un beau jour, le charbon, l'oxygène, l'hydrogène, ['azote, le phosphore, le soufre, le fer se seraient mélangés pa r hasard.

Sans y rien comprendre, ils se seraient trouvés arrangés e" cellules. Et ces cellules muettes, aveubles, sourdes, insensibles, se seraient cependant entendues pour construire le merveilleux édifice d'une plante ! Elles se seraient forcées à fabriquer dans la perfection ces huiles, ces graisses, cette fécule nutritives que nos grands chimistes ne peuvent pas reproduire, — et sans lesquelles, cependant, les hommes, ni les animaux ne peuvent vivre.

Niaiseries !

Nous redirons, nous, avec Claude Bernard : « La \ le e<t le développement d'une idée créatrice qui, eacbée dans un germe, se manifeste par l'organisation. Tout dérive de l'idée qui, seule, crée et dirige. >> — (Leçons sur 1rs phénomènes de la vie, tome I...)

El Celui qui a caché une idée dans chaque germe, Celui qui lui a donné la force de dompter la matière, Celui qui lui a appris à en faire une rose ou un chêne, une violette ou un épi de blé, c'est Celui qui, aux jours de la Création, a dit, dans son Intelligence infinie :

« Que la Terre produise de l'herbe verte qui porte de la graine, et des arbres fruitiers qui portent du fruit, chacun selon son espèce. ».

Depuis ce jour, chaque germe récite la leçon que le Créateur lui a apprise, comme le petit enfant récite le chef-d'œuvre d'un poète, sans en comprendre la signification profonde.

a 0 mon Dieu, si tant d'hommes ne vous découvrent point dans ce beau spectacle que vous leu# donnez de la Nature entière, ce n'est pas que vous soyez loin de chacun de nous.

« Chacun de nous vous touche comme avec la main ; mais les passions emportent toute l'application de notre esprit. Toute la nature parle de vous et retentit de votre saint nom ; mais elle parle à des sourds dont la surdité vient de ce qu'ils s'étourdissent toujours eux-mêmes. Vous êtes auprès d'eux et au dedans d'eux, mais ils sont fugitifs et errants hors d'eux-mêmes. » — (Fénelon. De l'existence de Dieu.)

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