‹ Mysteres et lumiereChapitre 24 sur 96 · LA VIE S'ÉLÈVE V LA SENSIBILITE LE SYSTÈME NERVEUX · texte numérisé non relu

LA VIE S'ÉLÈVE V LA SENSIBILITE LE SYSTÈME NERVEUX

Le grand ajusteur de tous les organes. — La vie

animale est visiblement appelée à monter plus haut tfiie la vie végélatixe

Qu'est-ce qu'un végétal ? Une armée de cellules qui ont été groupées pour le nourrir et le reproduire Elles manœuvrent avec une précision merveilleuse; mais elles ne le savent pas ; elles réussissent une série d'actions compliquées, mais elles ignorent même qu'elles travaillent et elles n'y ont ni joie. in douleur. Elles sont comme plongées dans la nui., et comme somnambules. Rien ne peut dissiper leur insensibilité.

Mais dans la vie animale, au-dessus des cellules chargées de la nourrir et de la reproduire, s'élèvent d'autres cellules qui lui permettent de sentir joie et douleur et qui lui permettent aussi de connaître.

En effet, dès que l'idée enfermée dans la cellule rougeâtre est entrée en travail, elle ordonne la ci instruction du système nerveux qui est l'instrument de la sensibilité.

Tout se passe comme dans une fabrique de fusils, par exemple : les divers ouvriers ont fait charnu leur pièce sans s'occuper du voisin ; celui-ci a fait le canon ; cet autre a fait le mécanisme intérieur ; un troisième a sculpté la crosse. Alors vient l'ajusteur qui met toutes les pièces d'accord.

Dans la vie animale, l'ajusteur c'est le système nerveux : il se répand dans toutes les parties du corps pour en faire un tout qui sente la joie et la

douleur, qui connaisse les objets et en garde le sou\ enir.

On peul voir les cellules construire le système nerveux, si on fui! couver des œufs et qu'on en casse un chaque joui-. La cellule se divise et se fedivise de manière à former une ligne. Cette ligne se creuse en son milieu cl devient une gouttière dont les bords se soudent en canal. Ce canal s'étend tOtll le long du dos : ce sera la moelle épinière ; il se renlle a son extrémité : ce sera le cerveau.

La sensibilité. — De la masse nerveuse qu'on nomme moelle épinière partiront ensuite 1 rente et ma panes de petits cordons blancs qui sont des in i [s. Us se divisent et se subdivisent, taid et tant, qu'on ne peut pas piquer un animal, même avec la pointe d'une aiguille, sans qu'un nerf ne le sente et n'en prévienne immédiatement le cerveau.

Ces millions de petits nerfs forment en effet Une année de serviteurs aux ordres du cerveau.

Comment servent-ils le cerveau ?

De deux façons.

Chacun des soixante-deux cordons blancs plonge flans la moelle épinière par deux racines. L'une de ces deux racines emporte les ordres donnés par le cerveau aux millions de petits nerfs ; l'autre racine rapporte au cerveau les renseignements recueillis par les millions de petits nerfs.

Le cerveau a-t-il donné l'ordre de courir ou de voler : la première racine transmet l'ordre aux pattes ou aux ailes et celles-ci se mettent en mouvement. Le cerveau a-t-il donné l'ordre île manger : cet ordre est transmis aux mâchoires, qui entrent en jeu.

Puis, une patte ;i -telle été blessée par une épine, les petits nerfs en transmettent l'avis au cerveatj par la seconde racine et le cerveau envoie par la première l'ordre convenable : de replier la patte pour qu'elle ne pose plus sur le sol. — ou de la lécher, — ou de fuir.

Et c'est pourquoi, si on coupe la première racine de l'un des 62 cordons nerveux, le membre qu'il commandait est paralysé ; les ordres ne lui arrivent plus, il ne sait plus que faire, il reste immobile. Un lapin opéré ainsi à la hauteur de la dixième vertèbre ne marche plus que sur trois pattes : la quatrième n'obéit plus.

Maïs piquez-la avec une aiguille, le cerveau en est aussitôt averti, car la douleur passe par la seconde racine.

Coupez cette seconde racine : la patte, déjà paralysée, devient, de plus, insensible : on peut la pincer, la brûler sans que ranimai le sente.

Page 1