‹ Mysteres et lumiereChapitre 28 sur 96 · LE GUIDE DE LA ME ANIMALE L'INSTINCT · texte numérisé non relu

LE GUIDE DE LA ME ANIMALE L'INSTINCT

Les merveilles de l'instinct. — Le grand naturaliste J.-H. Fabre, qui a passé sa vie penché sur les insectes, nous a révélé des merveilles stupéfiantes.

Voici, entre mille exemples, une guêpe maçonne : L'Eumène. Dans chaque cellule en mortier qu'elle a construite, elle pond un oeuf et y enferme une dizaine de chenilles. Il faut que ces chenilles continuent à vivre pour que le nouveau-né trouve de la chair fraîche quand il sortira de l*o uf : la gi les paralyse à moitié d'un coup d'aiguillon. Mais la cellule est petite et elle est bourrée d'un gibier continue de s'agiter : où déposer l'œuf pour qu'il ne soit pas broyé par les trente mandibules et lecent quatre-vingts paires de pattes en mouvement ? (( Avec des pinces, dit Fabre, je pratique une fe- « nêtre sur le côté de la cellule de pierre et je vois (( que l'œuf n'est pas disposé sur les vivres : il est « suspendu au sommet du dôme par un filament h qui rivalise de finesse avec celui d'une toile d'arai- (( gnée. Au moindre souffle, le délicat cylindre trans- (( parent tremblotte, oscille.

« Second acte de ce spectacle merveilleux. « J'ouvre une fenêtre à une cellule où la larve est « éclose, et déjà grandelette. Comme l'œuf, elle est « suspendue au plafond du logis ; mais le fil de « suspension a notablement gagné en longueur et « se compose du filament primitif auquel fait suite « une sorte de ruban. La larve est attablée... La « tète en bas, elle fouille le ventre flasque de l'une

« des chenilles. Avec un l'élu de paille je louche « un peu le gibier encore intact. Les chenilles s'agi- « tent. Aussitôt la larve se retire de la mêlée. Et (( comment ! Merveille s'ajoutant à d'autres merci veilles : ce cpue je prenais pour un ruban ajouté « au filament, est un fourreau, une sorte de couloir (( d'ascension sur lequel la larve rampe à reculons <( et remonte. La dépouille de l'oeuf a formé ce cak nal de refuge ! Au moindre signe de péril dans le « tas de chenilles, la larve fait retraite dans sa » gaine et remonte au plafond où la cohue grouil- « lante ne peut l'atteindre. Le calme revenu, elle « se laisse couler dans son étui et se remet à ta! 'le, « la tète en bas, l'arrière en haut, et prête pour le « recul. »

On ne peut même pas dire que l'insecte a acquis tout ce savoir en voyant faire ses parents puisque ses parents sont morts, qu'il ne les a pas connus — et qu'à peine sorti de sa cellule il va faire preuve d'autant de science qu'eux.

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