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RENOUER LA TRADITION

Secouons donc les poussières.

Le présent essai n'a pas d'autre but. Sa première partie tente de mettre en évidence la Puissance infinie du Créateur : cœli enarrant gloriam Dei.

Notre Univers planétaire tournant autour du Soleil, notre Soleil tournant autour d'un centre inconnu, les millions d'Etoiles-soleils groupées en constellations dans l'Espace sans borne, obéissant toutes à la loi de la gravitation universelle : quel spectacle grandiose ! Et cette loi de la gravitation universelle qui règle le mouvement des sphères célestes, — des bien jeunes mêmes peuvent en acquérir une idée suffisante. Il faut leur dire :

« Voyez : je laisse échapper une pierre de m; main, elle tombe. Elle tombe parce que la Tem est une masse énorme et qu'une masse énorme attire les corps moins lourds, en vertu de la Loi de la Pesanteur qui a été imposée aux choses matérielles. Or la Terre, n'est qu'une petite pierre par comparaison avec le Soleil, elle est attirée par lui avec force, elle devrait tomber sur lui. Pourquoi ne tombe-t-elle pas ?

Voyez : si au lieu de laisser échapper la pierre de ma main, je la lance de toutes mes forces, je lui donne ainsi la force de résister un moment à l'appel de la Terre. De même notre globe et toutes les planètes solaires ont été lancées dans le ciel en ligne droite. Elles ont été lancées avec une force si bien calculée qu'elles peuvent résister au puis-

sant appel du Soleil. Attirées par lui, mais obstinées à fuir, elles sont obligées de tourner inlassablement, de recommencer sans fin leur trajet annuel.

Même lutte entre la petite Lune et la grosse Terre. .M (Mue lutte dans tout l'Univers. Mécanisme sublime d'une harmonie suprême !

De cet Univers éblouissant, si nous reportons nos regards sur la petite Terre perdue au milieu de la Voie lactée, d'autres merveilles plus à notre portée nous révèlent l'Intelligence infinie de la Puissance créatrice.

Cette Puissance Créatrice enracine la Vie dans la Maiière et l'élève, par une ascension grandiose, du Végétal engourdi dans l'insensibilité, à l'Animal ive de l'instinct, et au Corps humain, siège d'une âme libre et raisonnable. Un mécanisme d'une merveilleuse simplicité — la loi de la division cellulaire — coule la Matière en des formes plus ravissantes les unes que les autres. Voyez ce haricot : quand il s'est formé au milieu de la fleur, il ne se composait que d'une cellule unique, cellule microscopique de quelques millièmes de millimètre. Elle était pareille à une alvéole d'un rayon de miel • t pleine d'une gelée à demi liquide. C'est dans cette cellule que donnait l'ordre de pousser une racine, une tige, des feuilles, des fleurs. Et tout de suite la cellule s'était mise à l'œuvre ; elle avait construit une plante en miniature, la plantule, et l'avait entourée de sa nourriture, la farine blanche.

Comment cela ? Simplement en se divisant et en se redivisant. La petite cellule s'était d'abord fendue en deux, les deux nouvelles cellules avaient fait de même : total, quatre. Ces quatre avaient imite

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leurs parents : total huit. Ces huit en avaient donné seize autres, et toujours ainsi jusqu'à ce que la plante en miniature eût été construite, entourée de sa farine et mise à l'abri sous une solide écorce. Après quoi, la Vie s'était endormie dans le haricot devenu rondelet, luisant. Mettons-le sur de la mousse humide, au chaud, elle va se réveiller, les cellules de la plantule vont reprendre leur travail de division jusqu'à ce qu'elles soient des milliers, jusqu'à ce que la plante soit achevée. Car. chacune des nouvelles cellules sait la place qu'elle doit occuper, le rôle qu'elle doit jouer.

On l'a dit : « Ces cellules microscopiques agissent comme si elles possédaient une clairvoyance bien supérieure à notre raison. L'œuvre qu'elles accomplissent à chaque instant de leur existence plane très au-dessus de ce que peut faire la science la plus avancée. Le savant capable de résoudre avec son intelligence les problèmes résolus à toute heure par les humbles cellules d'une plante Infime, serait tellement supérieur aux autres hommes qu'on pourrait le considérer comme un dieu. »

Puis, quand s'est déroulé le perfectionnement de la Vie dans le corps animal, son ascension à la sensibilité, à l'Instinct, et à la Raison, on peut en conclusion, demander hardiment : Que faut-il croire ? que cette ascension, ces prodiges de beauté ordonnée sous la direction des « idées directrices », des <( consignes immatérielles » finissent brusquement dans le néant et que la dissolution du corps humain dans le cercueil soit la fin de tout ? Ou bien que la Vie doit s'épanouir dans une dernière ascension, qui est la béatitude éternelle?

Et je voudrais que plus tard quelqu'un de nos Jeunes fût rappelé à l'admiration des consignes invisibles, mais partout présentes, — en hiver dans sa mansarde par la floraison d'un oignon de jacinthe posé dans le col d'un vase ou par celle de quelques oignons de crocus dans une assiette contenant un peu d'eau ; — au printemps par l'éblouissement d'une promenade aux champs ; — en été par la splendeur d'une nuit de juin. Peut-être qu'alors, il murmurerait à mi-voix le Cantique des Créatures qu'il chantait jadis au patronage :

« Loué soit Dieu, mon Seigneur, à cause de toutes les créatures, singulièrement pour notre Frère, Messire le Soleil, qui nous donne le jour, la lumière (1)...

Et enfin, ce Dieu qui est toute Puissance et toute Intelligence est aussi tout Amour. Il nous a envoyé le Rédempteur qui nous a donné l'Eglise. Et l'Eglise tout de suite s'est attachée à réparer le mal qui était à son comble dans le monde de la force brutale et de l'esclavage.

Comment elle a procédé, comment elle procédera toujours, pour faire triompher la loi d'Amour et de Justice : ce sera le sujet de notre troisième et dernière Partie.

fl) Taie ri musique aux Publications franciscaines, Cassette.

Mystères et LUMièBB

UNE PUISSANCE JNFINIE

L'Harmonie des Cieux

Que les hommes accoutumes à méditer les vérités abstraites connaissent la Divinité par son idée : c'est un chemin sûr pour arriver à la source de toute vérité. Mais plus ce chemin est droit et court, plus il est rude et inaccessible au commun des hommes qui dépendent de leur imagination.

Mais il y a une autre voie moins parfaite et qui est proportionnée aux hommes les plus médiocres. Les moins exercés au raisonnement et les plus attachés aux ■préjugés sensibles peuvent, d'un seul regard, découvrir Celui qui se peint dans tous ses ouvrages. La sagesse et la puissance qu'il a marquées dans tout ce qu'il a fait, le font voir, comme dans un miroir, à ceux qui ne peuvent le contempler dans sa propre idée.

Fénelon. — Traité de l'existence de Dieu.

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