LA ME VÉGÉTATIVE DE L'AME
La construction du corps. — Comme la Plante et pomme l'Animal, l'homme a une vie végétative, une vie qui échappe à sa direction.
Une première cellule se divise, se redivise. Elle produit soixante millions d'autres cellules, qui construisent le corps sur le modèle imposé par le Créateur.
« Tout y est ménagé avec un art merveilleux. La délicatesse des parties, quoiqu'elle aille a une finesse
inconcevable, s'accorde avec la force et avec la solidité. Le jeu des ressorts n'est pas moins aisé que ferme. Le sang circule, toutes les parties s'incorporent leur nourriture, sans troubler notre sommeil, sans distraire nos pensées.
« A rechercher de près les parties, on y voit toutes sortes de tissus : rien n'est mieux filé, rien n'est serré plus exactement. Nul ciseau, nul tour, nul pinceau ne peut rendre tant de délicatesse.
ii Tout ce que peut faire la séparation et le mélange des liquides, leur précipitation, leur digestion, leur fermentation est pratiqué si habilement dans le corps humain qu'auprès de ces opérations, la chimie la plus fine n'est qu'une ignorance très grossière. » (Bossuet. — Traite de la connaissance de Dieu.)
La défense de 'a vie. — En nous, comme dans l'animal, de merveilleux mécanismes protègent la Vie, à notre Insu. Ils témoignent d'une prévoyance étonnante.
La coagulation. — Le sang qui coule dans nos veines est liquide, mais dès qu'il s'est épanché au dehors il cesse d'être liquide ; il se coagule, ce qui permet aux hémorragies de s'arrêter.
Chez certains malades qu'on nomme des hémophiles le sang ne peut se coaguler : l'ouverture d'une veine détermine la sortie de tout le sang contenu dans le corps et amène la mort. Donc, sans la coagulation, nous serions tous comme des hommes de verre qu'un choc tuerait.
Le mécanisme de la coagulation est très simple : dès que les globules blancs du sang rencontrent un corps étranger, ils s'irritent et tirent du sang de nombreux filaments qui s'entassent en formant une
sorte de bouchon.: ainsi se trouve arrêté l'écoulement du sang.
Qui donc a prévu !a nécessité de la coagulation ?
LA VIE VÉGÉTATIVE DE I /AME (Suite)
La défense de la vie. — La phagocytose. — Le mécanisme qui permet au sang de résister aux infeciions n'est pas moins parfait que le mécanisme de la coagulation.
Sans cesse et de toutes parts, nous sommes assiégés par des milliards de parasites : les microbes. Qu'ils pénètrent dans ie sang et ils auront tôt fait de le décomposer, de le gâter ; mais alors les mêmes globules Mancs accourent ; ils franchissent les obss, traversent les tissus et se précipitent sur les Envahisseurs comme un animal affamé se précipite sur Une proie. Ils s'en emparent, les noient dans leur masse et les digèrent. Si quelque microbe est de taille, ils se mettent à deux pour le dévorer.
On l'a dit : <( C'est une victoire, à la façon des anthropophages. »
Qui donc a imaginé ce système de défense pour protéger la vie ?
Chose plus étonnante encore : dès qu'ils ont senti la présence des microbes, les globules blancs s'assui'-nt la victoire en fabriquant celui des contrepoisons qui convient dans le moment. Ce contrepoison, répandu dans le sérum, partie liquidé du sang, va empoisonner les microbes qui allaient empoisonner le sang.
Que fait-on, par exemple, quand on vaccine un enfant ?
Par le vaccin, on introduit dans son corps une très petite quantité de microbes de la variole. Va-t-on communiquer cette terrible maladie » | ,.„
faut ?
Non, car aussitôt les globules blancs du sang fabriquent le contrepoison convenable avec une pré cision déconcertante et une habileté chimique incompréhensible : les microbes sont empoisonnés, ..uis dévorés.
Et le contrepoison monte la garde dans le sang, i bien que plusieurs années durant, l'enfant vac- ■ iné ne peut plus avoir la variole ! les microbes de ' ette maladie ne peuvent plus vivre chez lui !
Elle est bien juste, la remarque de Claude Leri.ard : « L'idée d'une cause qui préside à l'enchaînement des phénomènes vitaux paraît indéniable lorsque l'on considère révolution rigoureusement fixée des phénomènes, si nombreux et sï bien concertés, par lesquels un être soutient son existence et parcourt sa carrière.
« En le voyant sortir de l'œuf et acquérir successivement la forme et la constitution de celui qui l'a précédé et de celui qui le suivra ; en le voyant exécuter au même instant un nombre infini d'actes apparents ou cachés qui concourent, comme par un dessein calculé, à sa conservation et à son entretien, on a le sentiment qu'une cause dirige Je concert de ses parties et ç,uide dans leur voie les phénomènes isolés dont il est le théâtre (1). „
Cette cause a un nom : c'est un ordre du Dieu créateur, une consigne fidèlement exécutée.
(1) Leçons sur les Phénomènes de la Vie. tome I.