‹ Mysteres et lumiereChapitre 39 sur 96 · NOTRE LIBERTÉ MORALE · texte numérisé non relu

NOTRE LIBERTÉ MORALE

Notre liberté morale. — A l'âme, intelligente et consciente, de vouloir le bien ou de vouloir le mal ; à elle de s'embellir ou de s'enlaidir.

Une faute a été commise en classe : tu en es l'auleur ignoré. Le maître t'interroge : tu es libre d'avouer ou de mentir.

Si tu avoues, si tu acceptes de bon cœur la punition méritée, tu auras fait ton devoir, tu auras acquis un mérite qui effacera ta faute.

si tu mens, tu échapperas sans doute à la punition, mais tu auras mal agi, tu auras manqué à devoir et tu te seras dégradé.

Tu te seras si bien dégradé que si on découvre ton mensonge, on te méprisera, on te blâmera : « Oh ! celui-là, c'est un menteur, il ne faut jamais le ■ rolre. »

Dis-moi : est-ce qu'on méprise, est-ce qu'on blâme an animal qui nous cause un dommage ? Non : si on

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donne un coup de bâton à un chat voleur, eu u est pas pour le rendre meilleur, c'est pour associer, dans son cerveau, l'idée du vol et l'idée des coups afin qu'il ne récommence pas : en effet, à la vue d'un morceau de viande restée à sa portée, se dres- , sera dans son cerveau l'image du bâton et s'éveillera l'image d'une douleur.

S'indigner contre le chat qui vole ou contre la guêpe qui pique, ce serait connue de briser avec colère une branche d'épine ou de piétiner avec fureur les mauvaises herbes d'un champ. Le corps des animaux est l'outil de l'instinct, il n'est pas louai '"'une intelligence libre.

Mais on s'indigne contre le mensonge parce que tu as en toi la connaissance du bien et du mal, que tu es libre de faire l'un ou de faire l'autre, et que tu as préféré le mal.

Notre liberté morale est si grande que l'Ecriture Sainte nous dit : Dieu veut des choses qui n'arrivem point, parce que l'homme ne veut pas. »

Qu'est-ce donc que l'homme ? — L'homme est un pauvre petit être sans force, perdu sur un grain de poussière qui tournoie dans les rayons d'une petite Etoile. Une vapeur suffit pour le tuer. Mais Dieu a mis en lui un souffle de son Etre, une intelligence qui l'élève au-dessus de l'univers, une intelligence qui lui permet de connaître Dieu, de l'aimer et de le servir afin de mériter le bonheur dans la Vie à venir.

Quel est son devoir ? — Distinguant le bien du mal, étant libre de faire l'un ou de faire l'autre, son devoir est de fortifier en lui la volonté droite.

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Rappelle-toi le mut de Tvxrenne : au bruit du cation, son corps s'effrayait, mais la volonté se dressait énergique, et il disait : « Tu trembles, carcasse ; lu tremblerais bien davantage, si tu savais où je rais le mener. »

Rappelle-toi ce mécanicien qui, dernièrement, voyant un express accourir au-devant de lui, resta bravement sur sa machine, alors qu'il avait le temps de sauter à terre. Il resta pour renverser la vapeur, amortir le choc, diminuer le nombre des victimes. Lui, il fut broyé. Honneur à cet homme de volonté droite ! Rappelle-toi encore tes frères, les héros de la grande guerre : eux aussi sont morts, tu sais comment et tu sais pourquoi.

Car le devoir est souvent bien dur à remplir. Tu le verras.

Tantôt un jour, tantôt un autre, tu te trouveras aussi faible que quand, petit enfant, tu tendais les bras vers un appui.

Alors rappelle-toi Celui qui a dit : « Venez à moi, vous qui êtes accablés et je vous soulagerai... »

Viens à moi, mon enfant, lorsque tu n'es pas bien. Fais-moi de ton angoisse un secret entretien.

Je suis, dans le combat, sans cesse à tes côtés, Et je reconnaîtrai ce que ton cœur endure

Par de pleines félicités.

S'il farrive de choir par ta fragilité, Relève-toi plus fort que tu n'avais été ;

Et lorsque ta vigueur se lasse, Appelle une plus haute grâce Au secours de ta lâcheté.

P. Corneille. — Traduction de l'Imitation.

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