‹ Mysteres et lumiereChapitre 5 sur 96 · SLR LE CHEMIN DU RETOLR LES PLANÈTES · texte numérisé non relu

SLR LE CHEMIN DU RETOLR LES PLANÈTES

Mercure. — Eloignons-nous ; fuyons le Soleil et sa fournaise. En arrière ! en arrière !

Notre aéro repart dans la direction de la Terre lointaine, de la Terre invisible. Il franchit quatorze millions de lieues et, soudain, nous voyons accourir un globe étincelant de lumière ; il bondit autour du Soleil en roulant sur lui-même.

Ce n'est pas encore la Terre.

C'est la planète Mercure ; regardez-la passer. Il y fait six fois plus clair que chez nous, mais îl y fait aussi six fois plus chaud. Dans notre Sénégal, la chaleur monte jusqu'à soixante-dix degrés ; sur Mercure, elle peut monter à deux cents et trois cents degrés. Si nous y mettions le pied, nous serions immédiatement rôtis, desséchés ! Pas une goutte d'eau ne s'y trouve ; de ses hautes montagnes ne peuvent descendre que des fleuves de plomb fondu, des rivières de métaux en fusion. Fuyons !

Vénus. — En arrière ! en arrière ! Encore douze millions de lieues et un autre globe accourt, bondissant, lui aussi, autour du Soleil, en roulant sur lui-même.

Ce n'est pas encore la Terre.

C'est Vénus que nous appelons aussi l'Etoile du soir, quoique ce ne soit pas une étoile.

Chaque étoile est un Soleil qui brille par luimême ; Vénus, comme Mercure et comme la Terre, est une planète, c'est-à-dire un globe obscur par

lui-même qui ne fait que renvoyer la lumière du Soleil.

Vénus étincelle. Voyez-la passer. Elle est à peu près aussi grosse que la Terre ; et, comme la Terre, elle est enveloppée d'une atmosphère bleue où se joue la lumière du Soleil et où passent des nuages.

Est-ce qu'il y a des hommes pour respirer cet air ?

C'est peu probable. Vénus est encore trop près du Soleil ; la température y est de 80°. Ses habitants seraient obligés de vivre dans des villes souterraines avec des rues semblables aux galeries des mines.

La Terre. — Maïs Vénus fuit ; continuons à reculer ; faisons onze millions de lieues ; et nous voyons accourir un nouveau globe qui bondit autour du Soleil, et roule sur lui-même à la vitesse de cent mille kilomètres par heure. Le reconnaîssezvous ? C'est notre Terre, c'est de là que nous sommes partis ; laissons-la passer ; continuons notre beau voyage. Saluons seulement nos amis qui sont l;'i. comme d'invisibles grains de poussière. Ils ne se doutent pas, les camarades qui sont en train de lire dans les écoles, qu'ils bondissent autour du Soleil en roulant sur eux-mêmes et qu'en cinq minutes ils auront fait neuf mille kilomètres sur les routes du Ciel ! au revoir !

La Lune. — Pendant que la Terre s'enfuit, voyez la Lune qui la suit en tournant auteur d'elle. Elle est toute petite par comparaison. Elle est bien différente aussi, c'est le royaume de la mort. On n'y yoit que des ravins, des rochers entassés pêle-mêle dans des cirques gigantesques, au pied de montagnes aux sommets pointus.

A l'époque de la nouvelle Lune, quand la partie visible est réduite à un mince croissant, les astronomes de la Terre peuvent voir tous les détails de ce sol bouleversé. La pente intérieure de chaque gouffre en face du Soleil est éclatante de lumière, la pente opposée est dans une obscurité profonde ; les pics du rempart circulaire semblent flamboyer et la montagne en bloc projette dans les plaines une ombre d'un noir intense. Cela se répète partout.

Pas d'air, pas d'atmosphère bleue sous les I rayons d'or. Si la Lune a été habitée jadis, il y a longtemps que la vie en a disparu.

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