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DE LA TERRE A JUPITER

Mars. — Allons plus loin, toujours plus loin.

Nous franchissons dix-neuf millions de lieues et voici qu'accourt, toujours bondissant autour du Soleil, la planète Mars.

Comme elle est curieuse dans l'étincellement de sa lumière rouge ! Elle est semblable à un énorme rubis. Pourquoi cela ? Parce que la terre y est rouge. Quant aux grandes taches vertes qui entourent les continents, ce sont des océans. Les longues lignes sombres qui les réunissent paraissent être des canaux larges de cent kilomètres. Cette Terre du ciel a, comme la nôtre, ses deux pôles recouverts d'une coupole de glace d'un blanc éblouissant. Ces glaces fondent en partie au printemps et se reforment en : automne. Dans l'atmosphère, d'une pureté admirable, les nuages sont rares.

Mars ressemble étrangement à notre Terre, mais

c'est une terre plus vieille qui s'en va lentement vers la mort.

A-t-elle été habitée ? L'est-elle encore ?

C'est le secret du Créateur.

Jupiter. — Et maitenant devant nous îl n'y a pins qu'un vide immense. Loin, très loin, là-bas, cependant bondit une petite planète. Allons-y ; volons pendant des lieues : cent cinquante millions .'

A mesure que nous approchons nous voyons La petite planète devenir gigantesque. C'est Jupiter, l'n train lancé à toute vapeur mettrait dix-sept jouis pour faire le tour de la Terre ; il lui faudrait cent quatre-vingt-six jours pour faire le tour de Jupiter. Et tout en bondissant autour du Soleil, Jupiter tourne sur lui-même avec une telle vitesse que ses jours ne sont que de dix heures.

Une pareille masse ne pouvait se refroidir aussi vite que la Terre ; Jupiter est donc très en retard sur notre planète : c'est encore un océan de feu entouré de vapeurs de fer, de plomb, de métaux divers.

Maïs quand il sera suffisamment refroidi, la vie pourra-t-elle y paraître ?

C'est toujours le secret du Créateur.

Saturne. — Volons toujours, franchissons encore un désert immense, des centaines de millions de lieues, et voici qu'accourt la planète Saturne. Enorme, elle est sept cent trente-trois fois plus grosse que la Terre et, comme Jupiter, elle est en fusion. Qu'elle est étrange ! Un immense arc-enciel formé de poussières lumineuses l'entoure comme •une écharpe multicolore, et huit Lunes tournent autour d'elle pendant qu'elle bondit autour du Soleil. Imaginez-vous le féerique éclairage des nuits

— io

quand ces huit Lunes mêlent leurs clartés aux rayons de l'anneau qui est comme une arche immense jetée d'un bord à l'autre du Ciel !

Inutile d'aller plus loin !

Rentrons chez nous. — Là-bas, là-bas, à des millions de lieues se trouvent encore deux planètes : Uranus, puis Neptune.

Et devant nous, nous n'aurions plus que l'immensité déserte.

Avec notre aéroplane en rayons de lumière qui fait soixante-quinze mille lieues à la seconde, il nous a fallu quatre heures pour venir du Soleil jusqu'à Jupiter. Pour atteindre la première Etoile, le premier Soleil semblable au nôtre, il nous faudrait voler pendant quatre ans.

Rentrons chez nous. Un virage, et en avant !

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