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LA FEMME EN ESCLAVAGE

L'irrémédiable déchéance. — L'homme, du moins, courait encore la chance d'être tué pendant la

guerre ou mis à mort après la défaite ; mais la femme, elle, n'échappait guère à l'esclavage. Dans une tragédie du poète grec Euripide retentit un cri plaintif qui est le cri même de la femme antique : le vaillant Hector, défenseur de Troie assiégée par les Grecs, vient de succomber ; à cette nouvelle, sa veuve Andromaque gémit : « Tu es mort, gardien vigilant qui protégeais tant d'épouses vénérées et de jeunes enfants ! Ah ! bientôt les flancs du navire vont les emporter loin de ces bords et moi-même avec elles... 0 vent, vent de la mer qui pousses la 1 carène du vaisseau voyageur, où vas-tu me porter, malheureuse ? Quel maître, esclave infortunée, doisje accompagner dans sa demeure ? » Bientôt, en effet, la ville succombe et nul ne trouve grâce. La vieille reine Hécube attend son maître comme les jeunes filles. « Et moi, demande-t-elle, de qui suis-je esclave, moi dont la main a besoin d'un bâton comme d'un troisième appui, pour cette tête vieillie.» Et sa fille Polyxène s'écrie : « J'étais belle entre toutes les jeunes filles, et maintenant je suis esclave... Ah ! ce nom commence à me faire aimer la mort ! »

La mort eût été moins cruelle. Comme le damné à la porte de l'Enfer, l'esclave pouvait s'écrier : « Vous qui entrez ici, laissez toute espérance. » Servir sans espoir, servir sans fin, servir dans sa personne, dans ses enfants, à toutes les générations, telle était désormais sa destinée. (Wallon. — Histoire de l'esclavage.)

Un marché d'esclaves à Rome. — De nombreux marchands d'hommes suivaient les armées romaines. Et comme leur hideux commerce rapportait de gros-

ses sommes d'argent, des Romains illustres ne craignaient pas de s'y associer.

A Rome, les principaux marchés d'esclaves se trouvaient dans le quartier de Suburre. Avant la vente, avait lieu l'exposition : les pieds enduits de blanc, signe de mise on vente, les esclaves se rangeaient sur un échafaud où les acheteurs pouvaient les toucher, les examiner en détail. S'ils étaient d'un grand prix, on les enfermait dans une cage. Tous portaient au cou un écriteau qui indiquait leur origine et leurs qualités. Une même loi' punissait la tromperie dans les ventes d'animaux domestiques et dans les ventes d'esclaves. Après l'exposition, venait la vente aux enchères.

Quel spectacle que ces hommes, ces femmes, ces enfants arrachés à la patrie lointaine et qui attendaient dans un muet désespoir l'irrémédiable déchéance !

Euripide. — Illustre poète grec qui vivait 400 ans avant J.-C. Il nous reste de lui dix-huit tragédies. Une tragédie est une pièce de théâtre qui excite la terreur ou là pitié, et qui se termine d'ordinaire par un événement funeste.

Ln guerre de Troie. — Troie était une ville riche et puissante sur la côte d'Asie. Les Grecs l'attaquèrent. Le siège dura dix ans, après quoi la ville fut détruite. Beaucoup de malheurs fondirent sur les Grecs à leur retour. Ce fut le sujet de nombreuses lgendes que raconta le grand poète Homère (900 av. J.-C.) et qui fournirent le sujet de beaucoup de tragédies.

MVSTFRES ET LUMIÈRE 12

Jules César. — L'un des plus grands capitaines qui aient jamais été. Il a raconté -la conquête de la Gaule dans son livre : les Commentaires.

Lucullus. — . Général romain qui conquit le royaume du Pont (sur la mer Noire). Il est resté célèbre par le luxe de sa table. On lui doit l'introduction de la cerise, originaire de la ville de Cérar sonte, dans le Pont.

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