‹ Mysteres et lumiereChapitre 59 sur 96 · L'ESCLAVAGE DEVIENT LA CLÉ DE VOUTE DE LA SOCIÉTÉ ANTIQUE · texte numérisé non relu

L'ESCLAVAGE DEVIENT LA CLÉ DE VOUTE DE LA SOCIÉTÉ ANTIQUE

La vie de l'esclave. Ainsi la famille antique et la cité antique, soumises l'une, au pouvoir absolu du père, l'autre, au pouvoir absolu des chefs, axaient au-dessous d'elles, la foule des esclaves.

Grecs et Romains ont dit qu'un peuple ne pouvait 6tre grand et prospère si les habitants de la Cité n'avaient pas une vie de loisirs, s'il n'y avait pas beaucoup de serviteurs enchaînés aux travaux matériels. Voilà pourquoi toute société antique se composait d'un petit nombre d'hommes libres et d'une foule d'esclaves.

L'esclave est une chose. — L'homme qui devenait esclave cessait d'être une personne, il devenait une chose que la loi grecque définissait un corps avec ses mouvements naturels, un instrument animé. Son maître pouvait en disposer comme d'un animal domestique, le faire travailler autant qu'il le voulait, le nourrir comme bon lui semblait. Jamais l'esclave ne pouvait invoquer la protection des lois. Les lois ne le connaissaient pas, parce qu'il n'était rien pour les dieux de la cité, parce qu'il ne devait pas prendre part aux cérémonies du culte.

Si un esclave paraissait dans un procès, ce n'était qu'en qualité de témoin; alors le juge ne l'interrogeait pas, car on n'interroge que des personnes ; il lui faisait appliquer la torture. « Rien n'est plus sûr pour les forcer à dire la vérité ». affirmait un grand orateur grec. C'était ce qu'on appelait le témoignage du corps. Plus la douleur mordait profondément, plus le témoignage semblait véridique.

On voit, dans une comédie d'Aristophane, un juge demander : « Quelle question ferai-je subir à ton esclave ? » Et le maître répond : « Toutes : les lanières, l'échelle et les poulies pour lui disloquer les membres ; frappe, déchire, tords, verse-lui du vinaigre dans les narines, applique des tuiles brûlantes à ses flancs, et tout le reste. »

Ceci se passait à Athènes, la ville de tous les arts, : la ville des poètes et des philosophes, renommée pour son humanité.

A Sparte. — C'est qu'ailleurs la vie de l'esclave était encore plus dure. En Laconie, à quelques lieues d'Athènes, trente mille Spartiates tenaient en servitude deux cent mille Hilotes. Ces premiers habitants du pays avaient été partagés entre les vainqueurs. « On les force, écrivait un témoin, à porter un bonnet de peau de chien et à se vêtir de la dépouille des bêtes; on leur inflige tous les ans un certain nombre de coups, sans qu'ils aient commis aucune faute, pour leur rappeler qu'ils sont esclaves. Bien plus, s'il en est qui dépassent la mesure de vigueur qui convient aux esclaves, on les punit de mort et l'on frappe leurs maîtres d'une amende pour n'avoir pas su comprimer leur développement. » Tant de cruauté s'explique pourtant : à Sparte, on vivait sous la menace constante d'une révolte.

En l'an 390 avant J.-C, un recensement officiel fit connaître que la Grèce comptait 550.000 habitants dont 400.000 étaient esclaves.

Aristophane. — Poète grec qui vivait quatre cents ans avant J.-C. Il nous reste de lui onze comédies

on il raille les mxurs de la démocratie athénienne.

L'Acropole, c'est-à-dire la ville haute, était un rocher à pie, long de 300 mètres et large de 130. Très facile à défendre, ce fut l'origine de la ville d'Athènes ; il s'y trouvait une citadelle et le vieux sanctuaire de Minerve ou Athéné, déesse protectrice de la ville.

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