RETOUR A LA TERRE
La va'se sans fin. — En avant ! Nous la rattraperons notre Terre, car nous allons plus vite qu'elle. Déjà nous l'apercevons dans le lointain.
Depuis le jour de sa création, elle tourne sans arrêt autour du Soleil. Jamais elle ne s'écarte du chemin qui lui a été tracé : au bout d'un an, elle repasse là où elle est déjà passée.
Et, en même temps, elle tourne sur elle-même, afin de présenter tous les points de son immense surface aux rayons du Soleil qui y entretiennent la Vie.
Et ainsi, en son double mouvement circulaire, elle exécute une valse sans fin : valse d'une harmonie parfaite dont l'élan est tel, — vingt-sept mille lieues
à l'heure, — que nous avons le vertige à la pensée il<' cette vitesse folle ; et, cependant, valse d'une douceur telle que pas un de nos mouvements n'est contrarié.
Qui donc a tracé sa route immuable à la prodigieuse masse, et l'a lancée en plein Ciel ?
Découvrons-nous : c'est la toute-puissance du Créateur.
Au centre de l'atmosphère. — La Terre est entourée d'une mer aérienne. Au fond de cette mer bleue se pressent des montagnes, s'étendent des océans et des plaines, avec des villes et des villages où s'agitent deux milliards de grains d e poussière qui sont des hommes, des femmes et des enfants.
Et c'est tout cela :
montagnes, océans, plaines, villes, villages et gens, qui court et tourne avec un prodigieux élan.
Rapprochons-nous, planons au-dessus de notre Terre. Sous nos pieds, passe une vaste mer aux flots verts que fendent de grands navires : c'est l'Atlantique. Voici l'île de Terre-Neuve avec les bateaux des pêcheurs de morue ; voici les vastes champs de blé, les prairies sans fin et les grands lacs du Canada. A leur suite accourt un autre Océan : l'immense Pacifique qui met six heures à s'enfuir. Et voilà l'éblouissement des champs de neige sibé-
Différentes positions de la terre suivant les saisons.
riens, les hautes cimes de l'Oural, les plaines interminables de la Russie ; voilà les Alpes d'Autriche et de Suisse ; voilà la France, enfin !
Avant que la Terre aît recommencé un autre tour sur elle-même, plongeons vite dans la mer bleue du Ciel : hardi ! rentrons chez nous !