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LES RÉVOLTES D'ESCLAVES

La Guerre servile (133 av. J.-C). — De telles mœurs expliquent la fréquence des soulèvements d'esclaves en Italie : le plus terrible est connu sous le nom de Guerre servile.

La Sicile était la nourrice de Rome à qui elle fournissait le blé. Les Romains se l'étaient partagée après la conquête et ils la faisaient cultiver par des troupeaux d'esclaves qu'on lâchait dans la campagne, après les avoir marqués au fer rouge du signe du maître. A eux de se nourrir comme ils pouvaient.

Un jour, des esclaves à demi nus se présentèrent devant leur maître Damophile pour implorer sa pitié.

« Porquoi ne prenez-vous pas à ceux qui possèdent ? » répondit celui-ci.

El les ayant fait attacher à des pieux, il ordonna qu'on les battît.

Aussi n'entendait-on parler que de vols, d'assassinats sur les giands chemins, d'attaques de fermes isolées. Pour ne pas mécontenter les grands proprié-

ta'ires de Rome, les gouverneurs de Sicile laissaient faire. Seulement, il arriva que les esclaves, armés par leurs maîtres, tournèrent leurs armes contre ceux-ci Les esclaves de Damophile s'étânt emparés de leur bourreau et de sa femme Mégallis, non moins cruelle que lui, les firent monter sur un théâtre et les torturèrent affreusement.

Ce fut l'étincelle qui amena le soulèvement de la Sicile. Tous les hommes libres furent massacrés. Au nombre de deux cent mille, les esclaves battirent l'armée romaine. A cette nouvelle, un long frémissement agita la population servile d'un bout à l'autre de l'Italie. Rome sentit son existence menacée et elle commença une guerre d'extermination. Ses troupes disciplinées et bien commandées finirent par triompher de la révolte ; elles la noyèrent dans le sang.

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