L'ENSEIGNEMENT DE JÉSUS
La Cité de Dieu. — L'antiquité disait : L'individu appartient tout entier à la Cité dont il fait partie.
Et, dans cette Cité, les forts écrasaient les faibles; eux-mêmes ne trouvaient qu'amertume dans leurs joies. On mettait le bonheur dans le plaisir, la richesse, le pouvoir ; on ne reculait devant rien pour y atteindre, puis on mourait sans espoir.
De Judée, Jésus dit à tous : « L'homme a été créé mar Dieu, le péché originel Va éloigné de Dieu ; raclicté par mon sang, il redeviendra enfant de Dieu. L'h<niiuic doit vivre pour Lieu et mériter ai7isi la vie éternelle. »
Ce fut comme une seconde Création, un recommencement de l'histoire. Jamais on n'a vu pareil fehangement dans l'humanité.
Tout homme de bonne volonté sentit la force invincible de Jésus descendre en lui et libérer son Il mit son bonheur à se perfectionner pour Bieu, à se dévouer à son prochain
Par ce perfectionnement de Vindividu) la dure civilisation antique disparut peu à peu sous la civili- ■ation chrétienne.
Jésus indique la voie à l'individu: — L'homme n'a été créé ni pour être esclave de la Cité, ni peur être esclave de ses passions. L'homme est en ce monde comme le grain qui a été semé en terre. Le grain qui a été semé en bonne terre porte des épis pleins de fruit ; de même, l'homme qui écoute la parole de Dieu fait de bonnes œuvres. Mais le grain semé en mauvaise terre ne donne pas de fruit ; de même, l'homme qui n'observe pas la parole de Dieu ne produit rien de bon. Comme on arrache l'ivraie et qu'on la jette dans le feu, il en arrivera de même à la fin du monde : le Christ enverra ses anges qui ramasseront et enlèveront de son royaume tous ceux qui sont des occasions de scandale et ceux qui commettent l'iniquité ; et ils les précipiteront dans la fournaise du feu. C'est là qu'il y aura des pleurs et des grincements de dents. Alors les justes brilleront comme le soleil, dans le royaume de leur Père.
Quelle est cette parole de Dieu qu'il faut observer pour mériter ainsi la vie éternelle ? Jésus nous la fait connaître dans l'Evangile.
L'Evangile. — L'Evangile, c'est la bonne nouvelle annoncée à tous les hommes qui ont vécu depuis dix-neuf cents ans, à tous ceux qui vivent aujourd'hui, à tous ceux qui vivront dans l'avenir.
L'Evangile a ce caractère extraordinaire d'être toujours jeune ; c'est le seul livre qui n'ait jamais vieilli, le seul qui, depuis bientôt deux mille ans, et malgré tous les bouleversements, indique aux hom* mes le sûr chemin. Les Romains l'ont entendu, et il les a conquis. Les Barbares l'ont écouté, et ils ont admiré. Le moyen âge l'a lu à genoux, et il a été émerveillé. Les plus belles intelligences des temps
jaiodernes onl reconnu son caractère divin. C'esi bien la voix du Maître instruisant l'humanité : voix Infiniment douce, voix dun frèie infinimenl tendre. Jésus veut que chacun de nous change ses sentiments intérieurs ; il veut que Dieu règne sur nos pensées* nus désirs, nos volontés ; il veut que Dieu ait, dès maintenant, son « royaume » en notre âme, alin qu'il puisse, après la mort, introduire cette âme rachetée et purifiée dans son royaume éternel.