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LA GUERRE D'EXTERMINATION

L'attitude des chrétiens. — Cette fois, on n'envoyait pas les chrétiens immédiatement à la mort : on essayait de les faire abjurer. On les torturait, on soignait ensuite leurs plaies, on les guérissait pour les torturer encore ; on ne les faisait mourir qu'après avoir perdu l'espoir de les amener à adorer les idoles.

L'attitude des chrétiens fut héroïque : saint Pierre

ferait fixée. « Jésus-Christ, dit-il, a souffert pour

mis, lui qui n'avait commis aucun péché, vous

issant ainsi un exemple, afin que vous marchiez

it ses traces. En butte aux mauvais traitements, il

îclata point en menaces ; chargé d'injures, il de-

leura dans le silence ; niais il s'abandonna au

ivoir de celui qui le jugeait injustement. »

,es chrétiens suivirent l'exemple du divin Maître.

ontentèrent de répondre au persécuteurs

« Nous ne pouvons pas vous obéir, non possumus. » Leur désobéissance ne fut pas une révolte : elle fit couler du sang, mais uniquement du sang de chrétien.

« Leur attitude devant le juge avait quelque chose de surhumain. Des accents semblables aux leurs n'avaient jamais été entendus dans aucun prétoire. Loin de chercher à nier leur crime, ils s'en glorifiaient. Ils proclamaient avec délices ce nom de chrétien pour lequel ils étaient poursuivis ; ils le répétaient comme un cri de joie et d'amour au fort des plus atroces tourments, et souvent un interrogatoire entier s'écoulait sans que le juge leur eût

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arraché autre chose que cette fière et unique parole : « Je suis chrétien. »

— Tu dois aimer nos princes, disait le juge.

— Eh ! de qui donc l'Empereur est-il mieux aimé I que de ses sujets chrétiens ? Nous ne cessons de I prier pour lui.

— A la bonne heure ! Mais pour que lEmpereur !! ait des preuves plus claires de ta fidélité, tu vas 'lui H offrir un sacrifice avec nous.

— «Thonore l'Empereur et je fais des vœux pour 1] lui, mais je ne puis pas lui offrir un sacrifice. Je I n'adore que le Dieu tout-puissant, créateur de l'univers.

— Les lois te prescrivent d'adorer le divin Era- i pereur.

— Mon Dieu me défend de rendre un culte à d'autres qu'à lui seul.

— Tu dois obéir aux lois.

— Il vaut mieux obéir à Dieu qu'aux hommes. Cette réponse de la conscience chrétienne aux

sommation de la force mettait fin à la discussion théorique.

Alors s'en ouvrait une autie pour laquelle le juge était mieux armé et où il s'efforçait de faire violence à la volonté après avoir essavé de convaincre l'intelligence. Tantôt il atténuait le plus possible l'acte d'idolâtrie qu'on attendait du chrétien : quelques grains jetés sur un autel, une simple invocation, le silence même suffisait : quel mal y avait-il à cela ? Et ne fallait-il pas une étrange obstination pour refuser une clémence qui se contentait de si peu? D'antres fois, c'était le cœur qu'on essayait de surprendre par l'ostentation d'une sollicitude et

d'une pitié presque paternelles pour les accusés. On les conjurait au nom de leur propre salut, on évoquait le souvenir de ceux qui leur étaient chers, on taisait même comparaître ceux-ci à l'audience et c'était une terrible épreuve pour le martyr quand la voix d'un père à cheveux blancs ou d'une épouse tendrement aimée se joignait à celle du magistrat pour lui présenter l'apostasie comme un devoir.

« Enfin, lorsque tout avait échoué, le juge recourait au dernier argument qui était la torture. Ce que la volonté libre avait dédaigneusement refusé, il se serait contenté de le devoir à la faiblesse de la chair. Mais ce triomphe lui était rarement accordé. Les athlètes du Christ étaient invincibles. Ils souriaient au milieu des plus effroyables tortures. « Il v avait, disaient-ils, quelqu'un en eux qui souffrait à leur place. » Le dénouement uniforme de ces scènes terribles, c'était une sentence de mort... » (G. Kurth : Les origines de la Civilisation moderne.)

Des millions de chrétiens périrent ainsi pendant les six assauts donnés à l'Eglise : en 202 par Septime Sévère ; — en 235 par Maximin ; — en 250 par Dèce ; en 257 par Valérien ; — en 276 par Aurélien ; — et enfin en 302 par Dioclétien.

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