LE TRIOMPHE
La conversion de Constantin. — La persécution de Dioclétien fut la plus terrible de toutes ; cependant s le triomphe la suivit de près.
<( Quand Dieu, qui sait que les plus fortes vertus naissent parmi les souffrances, eut fait voir qu'il n'avait pas besoin du secours humain pour établir son Eglise, dit Bossuet, il y appela les Empereurs et fît du grand Constantin le protecteur déclaré du christianisme. »
Constantin, César des Gaules, était païen zélé, mais il n'avait pas de haine pour les chrétiens ; il les estimait. Proclamé Empereur par ses troupes, il marche sur Rome tyrannisée par Maxerice. La rencontre eut lieu aux portes de la Ville. Avant la bataille, Constantin se proclame chrétien. Au point de vue humain, cette conversion était une folie. La crise terrible qu'ils venaient de traverser avait affaibli les chrétiens. Jamais d'ailleurs ils ne s'étaient occupés des affaires publiques. Constantin, homme de grand sens, ne pouvait compter qu'ils seraient une force pour lui et il savait qu'en se convertissant, il soulèverait les haines de la majorité païenne, la fureur de Rome, forteresse du paganisme. Et cependant, avant d'engager le combat, au risque d'irriter ses propres soldats, il met la croix du Christ sur son étendard.
Le labarum. — Il a raconté lui-même qu'il était fort inquiet. Il se disait que le secours des hommes ne suffit pas en des circonstances aussi graves, li lui revint alors à l'esprit que de tous les princes
qu'il avait connus, le seul qui eût joui dune prospérité ininterrompue était son père Constance qui avait protégé les chrétiens, tandis que ceux qui les avaient persécutés avaient presque tous fini misérablement. Ces pensées inclinaient déjà sou âme. vers le christianisme, et îl demandait à Dieu de lui 'ion ner quelque signe visible qui pût tout à fait le décider. Sa prière fut exaucée : il s'était mis en marche avec son armée lorsque, vers le milieu du jour, à l'heure où le soleil commence à s'incliner vers l'horizon, il vit dans le ciel une croix lumineuse avec ces mots : « Hoc signo vi7icesf Triomphe par ce signe. » Ses soldats la virent aussi avec un grand étonnement. Cependant l'Empereur n'était pas entièrement convaincu ; mais pendant la nuit, le Christ lui apparut : il tenait à la main la même croix lumineuse et il lui dit de la placer sur un étendard, le labnrum, qui devait être porté en tête de l'armée. Constantin obéit et remporta une victoire décisive. Vaincu, Maxence se noya dans le Tibre
Le premier soin de l'Empereur victorieux fut de publier ledit de Milan (313) qui accordait aux chrétiens la pleine liberté d'exercer leur culte.
C'est 'a fin du monde antique.
HAy^Rtr. I