L'ARCHE DE SALUT. — L'ÉGLISE ET SOX CHEF
Une grande aumône faite à une grande faiblesse. —
Après l'édit de Milan, les chrétiens n'avaient plus à craindre les bourreaux. Ils trouvèrent d'autres ennemis dans les hérétiques. De temps en temps, un homme se levait pour dire : « On se trompe ; Jésus n'a pas voulu dire ceci. » Et il entraîna beaucoup de chrétiens ignorants dans des erreurs mortelles pour leurs âmes. Si personne n'avait eu le droit de dire : « Ceci est vrai, cela est faux », les chrétiens auraient fini par s'émietter en petits groupes ennemis les uns des autres.
Seulement, Jésus qui avait tout notre avenir sous les yeux, savait que nous sommes faciles à tromper. Pour assurer notre union à tous dans la vérité, il fit une grande aumône à notre faiblesse : il nous donna l'Eglise. L'Eglise fait régner l'union et l'amour entre tous les chrétiens parce qu'elle est
ao9
dirigée par le Pnpo représentant rie Jésus, inspira par lui.
Le Pape, lumière du monde. — A saint Pierre, Jésus avait ordonné de gouverner tout, « les agneaux tri les brebis, les petits et les mères, et les pasteurs Blêmes, qui sont pasteurs à l'égard des peuples et brebis à l'égard de Pierre. » C'est pourquoi saint Jérôme écrivait au Pape Damase : « Vous <'tes la lumière du monde. »
Jésus avait ajouté : « Je suis avec vous jusqu'à la fin des siècles. » Et c'est pourquoi toutes les décisions des Papes, — depuis dix-neuf cents ans, — se sont montrées d'une justesse miraculeuse.
Les Papes martyrs. — Les premiers Papes se dévouaient à la famille des chrétiens jusqu'aux jours de persécution, où ils s'en allaient paisiblement à la mort.
Comme saint Pierre, ses deux successeurs, saint Lin et saint Anaclet, versent leur sang pour la foi. Saint Clément, d'abord exilé en Chersonèse, y est jeté dans la mer avec une ancre au cou. Martyrs aussi les Papes saint Alexandre (115) saint Sîxte (125), saint Télesphore (136) et bien d'autres. En j§22, saint Calixte est précipité d'une fenêtre dans un puits où la foule le lapida. Condamné à l'exil, le pape saint Pontien se démet pour que l'Eglise ne reste pas sans chef pendant sa captivité ; il meurt peu après, tourmenté et battu de verges ; mais déjà son successeur saint Antère l'avait précédé dans le martyre : il n'avait été pape qu'un mois.
Les ennemis de l'Eglise se sont toujours acharnés contre son chef, sachant bien que sî la tête pouvait être blessée à mort, le corps périrait. L'Empereur