‹ Mysteres et lumiereChapitre 82 sur 96 · SÉPARATION ET D'INIQUITÉ · texte numérisé non relu

SÉPARATION ET D'INIQUITÉ

POUR L'ESCLAVE {Mite)

L'affranchissement des esclaves. — Cette prédication détruisit l'esclavage dans son principe. Du jour, en effet, où l'esclave a un Dieu qu'il doit prier, lé maître chrétien est ohligé de se dire : « Il faut que mon esclave vienne avec moi à l'église, qu'il s'y assoie auprès de moi, qu'il se repose le dimanche comme moi. Puisqu'il est enfant de Dieu, il a une conscience : par conséquent, il est homme, il a droit au mariage, à la famille, à tous les droits qui s'ensuivent. Il a un corps qui est comme le mien le temple de l'Esprit-Saint : il faut donc que ce corps soit pur, intact, respecté ; je n'ai pas le droit de le faire mourir, de le maltraiter, de détruire sa santé ou ses forces ; les corrections que je lui infligerai seront donc restreintes et le travail que je lui demanderai sera modéré. Et si, en se privant du repos auquel îl a droit, mon esclave gagne quelque argent, je n'ai aucun droit sur cet argent. »

Par conséquent l'esclave n'était plus esclave que de nom. Devenu époux, père de famille, propriétaire, il ne lui manquait plus, .pour devenir homme libre, que la formalité de l'affranchissement. Et les Pères de l'Eglise faisaient tout ce qu'ils pouvaient pour décider le maître à affranchir son frère en Jésus- Christ.

« Pourquoi tant d'esclaves ? s'écriait saint Jean Chrysostome. Un maître devrait se contenter d'un serviteur ; bien plus, un serviteur devrait suffire à

deux (m trois maîtres. Si cela vous paraît dur, Bongez à ceux qui n'en mil pas et qui ne s'en servent que mieux et plus vite, car Dieu nous a créés capables de nous servir nous-mêmes el de servir encore les autres. Si vous en doutez, écoutez saint Paid : « Mes mains su/lisent à me servir et ceux qui sont avec moi. » Vous, au contraire, vous vous croiriez flétris, si vous ne traîniez à votre suite des troupeaux d'esclaves, ignoranl que c'est là ce qui vous déshonore. Je sais bien que je suis à charge à ceux qui m'écoutent : mais que faire ? c'est mon devoir et je ne cesserai point de parler, que je réussisse ou non à persuader. »

Libérer tous ses esclaves était le premier acte du chrétien qui aspirait à la perfection. Hermès, Préfet de Rome, qui mourut martyr, affranchit un jour de Pâques ses douze cents esclaves. Ovidius, autre martyr, en affranchit cinq mille : Mélanie la jeune, huit nulle. Pas une fête de Pâques, où, en souvenir de la Résurrection de Celui qui s'était fait chair pour affranchir l'humanité du péché originel, quelque maître ne s'avançât vers l'autel tenant par la mains l'esclave qu'il affranchissait de la servitude.

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