‹ Mystères inédits du quinzième siècleChapitre 11 sur 140 · PRÉFACE. XIX · texte numérisé non relu

PRÉFACE. XIX

que, la disputoison du croisé et du descroisé par Rutebeuf, qu'y range Legrand d'Aussy, parce qu'il n'y a dans cette pièce aucun jeu de scène, qu'elle n'est qu'un dialogue entre deux personnages, une églogue sur un sujet contemporain, et que, si l'on admettait l'opinion du savant traducteur de nos fabliaux , il faudrait ranger aussi dans la catégorie des œuvres dramatiques la Disputoison de Chariot et du barbier de Melun , celle de Synagogue et de Sainte Église; les fabliaux intitulés la Chasse du Cerf ', Marguet convertie^ etc. Je préférerais de beaucoup y comprendre VHerberie Rutebeuf^ spirituelle parade de foires et de tréteaux que je ne puis mieux comparer qu'aux chansons bouffonnes de Plantade , et qui serait alors une composition beaucoup plus incontestablement dramatique, bien qu'elle n'ait ni dialogue, ni action, et qu'elle soit récitée par un seul homme. Tel est, d'après toutes les découvertes faites jusqu'à nos jours, l'inventaire rigoureusement exact des productions dramatiques chez nous, au xiu e siècle. On a douté long-temps qu'aucune d'elles eût été jamais représentée , et peut-être a-t-on eu raison, si l'on a voulu entendre ce mot dans le sens despectacle public, se donnant dans les villes à certains jours et à certaines heures, ainsi que cela se pratique aujourd'hui; mais, comme, d'après leur con texture, leur jeu de scène, leur prologue même(Voy. surtout celui du jeu de S. Nicolas), ces pièces étaient évidemment destinées à une représentation quelconque, il faudra bien en conclure que , si les villes n'étaient point assez riches pour entretenir des troupes de ménétriers,

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