‹ Mystères inédits du quinzième siècleChapitre 123 sur 140 · LA MÈRE DIEU · texte numérisé non relu

LA MÈRE DIEU

Mon chier Filz, se sera domage Sy se part de vostre service ; Quar bien vous sert sanz faire vice , Pour l'amour de vous het le monde , Car bien voit qui n'i a riens monde.

Ottroiez-ly conseil sy ferme Que il puist s'y user l'erme De sa vie qui est mortele.

Qu'il ait des ciex la joie belle Qui tout temps dure.

DIEU

Bien m'y octroie, c'est droiture.

Gabriel , fay sy; li va dire

Qu'il passe mer sanz contredire

Et délaisse sa cognoissance,

Et face tant qu'il viegne en France ;

x DE SAINT FIACRE. * 3l3

Et tel conseil y trouvera Par lequel il se sauvera Légièrement.

GABRIEL

Je l'y vois dire vraiement Ens en l'eure. Quant vous agrée , De vous desdire n'ay pensséc :

Foleur feroie.

s. FIACRE.

Gloriex Dieu, bien dormiroie :

Ycy en droit me coucheray.

.1. petit me reposeray S'a Dieu agrée.

GABRIEL

Dire me convient ma pensée A Fiacre qui se répose.

Cy parle Fange à S. Fiacre quant il sera couchié.

Mon amy, Dieu qui tout dispose Veult que lesses ceste contrée Et que passes la mer salée ;.

Car se cy endroit demouroies Pas sy bien ne te sauverçies, N'en doubt pas, c'est chose voire.

De paradis en la grant gloire Des cieulx revois.

S. FIACRE

J'av oie moult doulce voix :

Bien croy que du ciel est venue :

Il dit que deçy me remue.

3i4 V ' -LA VIE

Quant à Dieu plais* ne fineray Devant que à b mer seray.

Vers le batelier me feult traire.

Gy voist ati batelier et die :

Amis, Dieu vous gart de contraire.

Sy vous plaist vous me passerez De ci , et bien paie serez Sanz estrif faire.

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