PREFACE. XXI
tions qu'on nous pourrait foire sur le théâtre et sa parure, sur les costumes, les décorations, les acteurs, les machines ,- les apparitions diaboliques, etc., etc.? Nous avouons qu'ici tout nous manque à la fois, et que nousi ne pouvons même raisonner de l'accessoire théâtral du xili e siècle que nous ne connaissons pas , par analogie avec celui du xv e que nous connaissons ; car la différence entre ces deux époques fut si grande que ce serait nous exposer à tirer de fausses inductions.
Une chose quil faut bien remarquer au xm e siècle, c'est que le théâtre, qui, chez nous aux époques précédentes, avait été presqu'exclusivement religieux , dévient tout-à-coup profane avec le jeu de Robin et Marioriy celui de Pierre de la Broce, etc. Cette circônstance qui tient à une transformation sociale importante, mérite qu'on s'y arrête. La féodalité, cet âge de fer qui s'était allié si intimement au sacerdoce , avait cédé une partie de sa puissance au clergé. Les barons, à l'aide de leurs cuirasses , de leurs gantelets d'acier et de leurs hommes d'armes , étaient en possession de la force; l'Église, avec son glaive spirituel, avec ses intimidations religieuses , son long usage et sa culture de tout ce qui avait trait à l'intelligence, était la reine des idées. La noblesse et le clergé marchaient donc en , s'appuyant l'un sur l'autre : c'étaient deux frères jumeaux dont la vie, commencée au même instant, devait se terminer à la même heure»
Cette dernière conformité de destinée ne leur faillit pas.
Le système féodal, si puissant durant plus de deux