PREFACE. XXXI
Ce genre de drame, si l'on peut parler ainsi, ne s'arrêta point à cet essai, et fut accueilli avec la plus grande faveur. En 1 378, Charles V, ayant donné au Palais de justice un grand festin à l'empereur Charles IV, son oncle, y fit représenter un entremets endeux parties. Le sujet était la conquête de Jérusalem par Godefroy de Bouillon. Au premier acte on vit un vaisseau peint de, mille couleurs , ayant Chqtel devant et derrière ,•" représentant la flotte dés croisés , à la tête desquais on remarquait Pierre l'hermite en habit de moine. A l'aide de machines cachées dans l'intérieur, ce vaisseau parvint à se mouvoir et à passer du côté droit de la salle au côté gauche, où était figurée Jérusalem , ayant ses tours , son temple et ses murailles garnis de Sarrasins que les chrétiens assaillirent. On pense bien que la victoire ne demeura pas aux premiers.
Quant aux drames qui se jouèrent aux entrées des rois, voici ce que nous savons. En i38o, Charles VI, à son entrée dans Paris, trouva (Voy. VHist. delà ville de Paris , liv. XIV, p. 687 et 688) les rues ornées de riches tapisseries, de chœurs de musique, de fontaines qui jetaient du lait, du vin, etc.; il y eut aussi sur son passage des représentations pieuses à personnages.
En i385, lors de l'entrée d'Isabeau de Bavière, femme de Charles VI, dans la capitale, il y eut de grandes réjouissances. '« Dessoubs le monstier de la Trinité,
illi qui dicuntur ministelli in spectaculis vanitatis limita ibi fecerunt, sjcut iile qui in equo saper chordam in aère equitaviï, et sieut illi qui duos boves de scarlata vestitos equitabant, cornicaiHes ad singula fercula quœ apponebanlur.