‹ Mystères inédits du quinzième siècleChapitre 77 sur 140 · LE PREMIER PARISIEN · texte numérisé non relu

LE PREMIER PARISIEN

Biaus seigneurs, se viellart gréjois Nos sacrefices et nos lovs Destruit, confont etanichile.

Il honnira toute ta ville Se nous n'y melons tostremède.

LE SECOND

Sire, avant que oultre procède ^ L'alons prendre à force et tuer; Car nullement par arguer Ne Tarions, je vous dy bien.

LE TIERS

Vostre opinion est le mien.

Parisiens, alarme! alarme !

Or tost à ly, tost; car, par m'arme, S'il n'est hapé droit en sourssault, Il nous bastira .1. tel sault Que nous ne le verrons meshuit.

LES AUTRES .11

Or y alonsr ains qu'il soit nuit.

Lors voisent à ly lez dagues traites.

LE premier , en monstrant S. Denis de loing.

Vez-le cy; sus! frapez, tuez.

Qu'est-ce? vous ne vous remuez ?

N'en ferez-vous huy autre chose?

le second.

Par ma cure, sire , je n'ose Ne je n'ay main qui bien me vueille.

LE TIERS

Je n'ay membre qui ne me dueille.

Je n'y suis pas, ce croy demy.

LES AUTRES .II

Alons-en, c'est .1. anemy.

Lors se retournent en fuiant.

l'eMPERIÈRE DOMICIEN.

Seigneurs Rommains, j'ay entendu Que d'un crucefix, d'un pendu, On fait .i. Dieu par nostre erppire Sans ce qu'on le nous daigne dire.

Sy commandons à justiciers, A tous baillis et officiers, Et à tous seigneurs terriens, Qu'en tous les lieus où crestiens Hz trouveront, prenent et lient, Bâtent, tourmentent et occient: Par espécial .1. viellart Qui est plain de mais et viel art

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Je v ^l qu'ont C0 °P^ie.

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1 SaPar 'smaine.

Je croy qu'il l'envoira en Seine Mez qu'il sache ses kirieles.

LE TIERS

A Ions -, ce sont bonnes nouveles.

Cy voisent à rencontre.

LES ROURGOIS.

Chier sire , bien soiez venus.

FESCENNIN.

Dites-moy , qu'est or devenus .1. tauls viellart estrait de Grèce, Qui est cy venus à Lutèce Pour envenimer le pais ?

LE PREMIER

Sire, il presche .i. Dieu à Paris Qui fait tous les monte et les vauls.

Il va à cheval sans chevauls, II fait, il défait tout ensemble , II vit, il muert, il sue, il tremble, Il pleure, il rit, il vueille et dort, II est jeune et viex, foible et fort , II fait d'un coq une poulete, 11 jeue des ars de Toulete Ou je ne sçay que ce puet estre.

LE SECOND

Sire, oiez que fait ce fol prestre!

II prent de l'yaue en une escuele Et gete aus gens sus la cervele, Et dit que par tant sont sauvez.

Il 7

LE TIERS

Trop pis fait ce lierre mauyez :

Nos Diex, ce dit, ne valent riens, Mez de son Dieu viennent tous biens; Son Dieu tout gouverne et tout fist.

FESCENNIN.

Alons à Paris ; il souffist.

Lors voisent à Paris, et Fescennin soit ou plus hault ciége.

FESCENNIN , en séant.

Humebrouet, Menjumatin, Masquebignet , Hapelopin , Querez-nous ce popélican !

HUMEBROUET. .

S'il voloit comme .1. pélican Sy heurtera-il à nos talons.

FESCENNIN.

Alez tost.

LES SERGENS

Sire , nous alons.

Lors voisent querre S. Denis.

HUMEBROUET.

Or ça, viellart de pute afaire , Vien jargoullier aîi commissaire.

Tu yras jà à pierre late.

s. DENIS.

Jhésucrist qui fut à Pilate

Mené pour nous, seigneurs , vous sauve !

MENJUMATIN.

Tez dis ne prison une mauve; Va sermonner où tu vourras.

masqdebignet , en tenant S. Denis.

Viellart sanglant, tu y mourras, Par Mahon , puisque je te tien.

HAPELOPIN.

Avant, prenon chascun le sien.

Lors les mainent au prévost.

HUMEBROUET.

Sire prévost, vez-en cy trois.

fesgennin , à, S. Denis.

Es-tu le fol viellart gréjois Qu'on appelé Denis Machaire , Qui à nostre loy es contraire , Qui nos Diex ne prises .11. ables (1)?

s. DENIS.

Vos Diex ne sont pas Diex, mez diables Qui. en vos ydoles se boutent , Que lez folz concivent et doubtent ; Mais lez bons , lez sages n'ont cure D'onneur porter à tel ordure.

Denis ay non , de Grèce né, Fol quant au monde, en Dieu senéi, Viex d'aage et jeune par vertu.

FESCENN1N.

Denis , quel Dieu àourcs-tu?

s. DENIS.

Père et Fjlz et Saint-Espérit , Qui homme ama tant et chérit Qu'il le créa à son ymage Bel et bon, sain et fort et sage;

(i) Aujourd'hui ablette , sorte de petit poisson.

Qui jamez n'eust eu pestilence S'il eust tenu obédience; Mais il enfraint, sy fist péchié Par quoy il fust lors obligé A mort et à dampnacion Jusques à l'incarnacion De nostre Sauveur Jhésucrist, Qui hors de ce péril le mist Parce que mort souffrit en crois.

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