‹ Mystères inédits du quinzième siècleChapitre 9 sur 140 · XVI PREFACE · texte numérisé non relu

XVI PREFACE

Pèze, dans son Thésaurus anecdotorurn novissimus, tome ii-, troisième partie, p. i&&, & publié un Luduspaschalis , intitulé : De adventu et interitu Anlechristi y composé pour l'empereur Frédéric Barberousse, et joué probablement devant lui, où le pape se trouve' désigné sous le nom de l'Antéchrist, et où paraissaient l'empereur, les rois de France, d'Allemagne, etc. Mathieu Paris, dans sa Vie des vingt-trois abbés de Saint- Alban, fait mention aussi d'un jeu de sainte Catherine, composé à Dunstaple, par Geffroy, qui devint plus tard abbé de Saint- Alban, et mouruten 1 147. Ce jeu offrit ceci de remarquable qu'il fut joué par des séculiers, et qu'on emprunta pour sa représentation , au sacristain de Saint- Alban , les chapes et les autres ornemens de l'abbaye. De là à la dépossession des clercs parles laies il n'y avait qu'un pas : il s'opéra au siècle suivant (1). Le treizième siècle, en eftet, nous montre le génie dramatique complètement émancipé de l'influence ec-

Grépin , avance , contrairement à notre opinion , que ce fragment est du treizième siècle. Nous nous rendrions avec plaisir aux fort bonnes raisons qu'il allègue*, si l'écriture du manuscrit qui contient le mystère de la Résurrection ne dénotait évidemment le douzième siècle. (1) M. Roquefort fait remonter l'art dramatique parmi nous jusqu'au douzième siècle. Il considère le fabliau d'Aucassin et de Nicolette comme le premier essai de ce genre. Nous croyons cependant impossible de placer ce joli fabliau au nombre des pièces de théâtre. Il consiste dans une narration touchante faite par un ménestrel qui la suspend par intervalles , tandis que son compagnon chante sur un luth des morceaux de poésie. On n'y trouve ni dialogue, ni action , ni mise en scène , rien de ce qui constitue l'ébauche la plus imparfaite d'une pièce dramatique. On peut en dire autant des jeux partis et par conséquent du fabliau des deux Bordeors ribauds que M.Ro-

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