‹ Mystiques et réalistes anglo-saxons d'Emerson à Bernard ShawChapitre 32 sur 44 · The Prince and the Pauper · texte numérisé non relu

The Prince and the Pauper

de sa plume. En présence des événements que nous venons de vivre, quel salut désenchanté et ironique le xx" siècle n'eût-il pas envoyé de sa part au siècle qui le suivra, lui qui écrivait à la fin du siècle dernier, en voyant les nations fortes se jeter sur les plus faibles, cette carte d'introduction ironique :

Je vous présente la fière nation soi-disant ctirétienne qui revient crottée, mâcliurée et sans honneur, de ses raids de pirate à Kiao-Tchéou, en Mandchourie, dans l'Afrique du Sud et aux Philippines, l'àme gonflée de bassesses, la poche pleine d'argent mal acquis, la bouche débordante de pieuses hypocrisies. Donnez-lui du savon et du linge, mais cachezlui bien le miroir {Biographie, IIÏ, p. 1127).

Quelle allégorie à la fois touchante et farouche, Raemaekers et Hansi mêlés, nous eût-il donnée sur le martyre de la Belgique ? Le vieux dieu germanique, « unser Gott », avec sa rapière, ses lunettes et ses longues dents, n'attendait TimmortaUté que de sa main. La guerre, à n'en pas douter, eût trempé sa plume dans une nouvelle décoction de fiel. Son humour à la fois gai et triste, sa bonne humeur toujours vivace sous un pessimisme profond, est au diapason de nos épreuves et de nos espoirs. Un trésor inépuisable d'humaine pitié se dissimulait sous ses sarcasmes, et, s'il n'en vit pas toujours le triomphe dans le monde, jamais du moins Mark Twain ne cessa d'affirmer la transcendance du Vrai, du Juste et du Droit dont il fut à sa façon le soldat. C'est la leçon la plus claire de ses livres, et on l'en croyait d'autant mieux qu'il affectait de l'enseigner en riant.

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