Summer
ruraux. North Dormer est un bourg en ruine, un (( bourg pourri », Tavocai Royall est un raté, Charity Royall, rhéroïne, a du sang de u bohémienne » et d' « outlaw » dans les veines. Charity Royall est une faunesse, digne sœur du Donatello de Hawthorne (Le Faune de marbre). C'est Lily Bart, non plus flirleuse, mais abandonnée à ce qu'il y a de plus impétueux dans Tamour. A North Dormer aussi on séduit des filles, et l'aventure de Charity Royall prise en soi n'est que triste et banale. Mais il y a les paysages, telle scène de tentation, une description de fête populaire, d'un quatorze juillet américain qui ne déparerait pas M""^ Bovary. Le réalisme de l'enterrement sur la montagne, à la fin du livre, évoque, s'il ne le dépasse pas, celui de l'Enterrement d'Ornant de Courbqt.
Dans VÈle, plus de cas de conscience, de tragiques oppositions, de subtiles analyses. La passion emporte tout, l'hérédité triomphe comme dans un roman de Zola, enlevant aux personnages leur libre arbitre et épargnant au romancier le soin de rechercher ce qu'il peut y avoir de logique sous leurs actions et tout souci de psychologie. L'intérêt du livre est dans ce déchaînement de paganisme sous les ormes de la Nouvelle-Angleterre Cette maison du péché en terre puritai^le nous en rappelle une autre dans un vallon janséniste ^ La passion existe donc là-bas aussi; làbas aussi l'on s'aime et l'on se prend, tout comme dans un de ces French novels tant calomniés.
11 s'y trouve des héroïnes au sang riche pour tendre au désir leurs bras grands ouverts, se griser