G. H. V\'ells, Thefood of the gods
Quin'a souhaité, à lire les romans de Henry James, touffus à force de richesse, The Golden Bowl, The Wings of ihe Doue, The Embassadors, de se rapprocher parfois de Fauteur pour solliciter ses confidences? Les fictions d'un Dickens, d'une George Eliot, d'un Thomas Hardy, éveillent directement en nous le sens du pathétique. H en va différemment de James. Son œuvre romanesque, infiniment moins populaire, est beaucoup plus curieuse que sentimentale. Elle ne livre pas d'abord son secret. Riche en « appréciations », en points de vue personnels, elle laisse désirer au plus intelligent des lecteurs une interview avec l'auteur. James nous est heureusement venu en aide. Nous possédons aujourd'hui une somptueuse édition complète de ses romans, enrichie de préfaces qui constituent un vrai traité d'esthétique. Elles nous livrent la clef de plus d'une œuvre difficile, ainsi que le point de repère, pour nous y retrouver. Ces notes représentent l'évolution
1. The Novds and Taies of Henry James. New-York édition. Charles Scribnei's Sons. New-York, 1807-1910, 24 vol. — A small boy and others, 1913. — Notes of a son and brother, 1914. — The Middlc years, 1917. — The Ivory towei\ The Scnsc of thc past, 1917.
cFune conscience d'artiste, l'histoire de ses procédés de travail ^ L'auteur des Ambassadeurs s'explique à cœur ouvert, évoque les origines les plus lointaines de ses livres, élucide ses intentions. L'occasion s'offre de préciser autant que possible, en suivant un aussi bon guide, les procédés d'art d'un des plus subtils ouvriers des lettres anglaises, qui, s'il a parfois cultivé l'obscur, n'a du moins de sa vie commis de phrase banale et qui définit le roman « la forme la plus magnifique de Tart ».
Henry James débuta, il y a une quarantaine d'années environ, par des romans qu'il appelle aujourd'hui « poétiques ». Leur esthétique était simple. The Madonna of tJie Future (1873), Roderick Iludson (1876), Daisij Miller (1878), sans dépense excessive de subtilité, de façon fort directe, nous présentaient des personnages, surtout féminins, très concrets, dans un milieu dessiné visiblement à la Balzac. L'analyse s'y mêlait à l'action, sans trop empiéter sur elle. Ces romans, vraiment poétiques, nous promenaient parmi les paysages de New- England, en France, en Suisse, en Italie, avec arrêt obligatoire à Londres, qui était déjà pour James u la ville des merveilles », la ville a où se trouve le plus de tout 2 ». Ils avaient pour héroïnes de belles ingénues américaines, pour qui le flirt semblait être TEldorado de la passion. L'originahté de ces pre-