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CHAPITRE I

JESUS DE NJZJRETH ET LA CRITIQUE SCIENTIFIQUE HISTORIQUE ET RATIONALISTE MODERNE

Hermès a décowvert, je ne sais comment, presque toute la Vérité.

Lactance.

N a beaucoup discuté sur les origines du Christianisme depuis Voltaire. On a parlé d'un mythe, d'un démiurge, d'un philosophe et d'un fou. Strauss nous a révélé le mythe du Christ, ^ Haeckel semble plutôt croire Uaeckel ce que rapportent certains apocryphes et non pas ce que disent les Evangiles canoniques ; ^ Renan fait de Jésus un grand Renan

' — Strauss. " Vie de Jésus ".

" Ecrits polémiques ".

" Caractéristiques et critiques ".

" Sur ce que le Christianisme renferme de transitoire et de permanent ^\

" Dogmatique chrétienne dans son développement historique et dans sa lutte avec la société moderne ".

" V Ancienne et la nouvelle Foi ".

" Discours au peuple sur la théologie et la politique ".

^ Ernest Haeckel, " Les Enigmes de l^ Univers ",• " Religion et Evolution ", " Le Monisme ", " Les Merveilles de la Vie ".

philosophe ; ^ quelques écoles protestantes avancées, parmi Ecole de lesquelles il faut compter celle de Tubingue en font un être,

Tubingue . ^ , ° .

qui pourrait s'appeler ''''démiurge''' ; quant au D"" Binet-Sanglé ^ il

Sanglé i^o^s dissèque l'âme d'un fou théomane, d'après les paroles de

ceux qui ont composé sa vie et écrit ses discours, en ayant

soin de prendre tout ce qui convient à sa thèse et de laisser de

Heulhard côté, tout ce qui ne lui convient pas. Et voici que M. Heulhard vient de publier toute une série d'ouvrages sur le " Mensonge Qhrétien " ^ Il semble cependant y croire et nous apprend que Jésus n'était autre que Jean-Baptiste. Ses études sont très intéressantes, mais très ''''peu claires ". Figurez-vous un évangéliste qui reconstituerait la vie de Jean-Baptiste à notre époque. Je voudrais bien voirie D*" Binet-Sanglé l'analyser. Et puis après cela voir analyser ce qu'aurait écrit le D" Binet-Sanglé. Tout cela est fortement touffu et embrouillé ; il y a peut-être beaucoup de vrai dans ce que dit M. Heulhard, mais il ne m'offre rien qui puisse servir de contrôle à ses affirmations. M. Heulhard s'est, sans doute, donné beaucoup de mal. Mais c'est un grand danger que d'avoir une idée fixe quand on veut soutenir une thèse.

La méthode Etudiez d'abord le sujet. N'affirmez rien et faites vos

a suivre conclusions après. Ce qui n'empêche pas qu'on puisse faire

une démonstration par l'absurde. C'est selon moi, la meilleure

^ Ernest Renan, '■'■La Vie de Jèsm'\ ''Les Apttres'\ " Saint Paur\ 'U'Jntechrist'\ etc.

^ Dr Binet-Sanglé. LA FOLIE DE JESUS. L " Son Hérédité, sa Constitution, sa Physiologie ". //. " Ses Connaissances, ses Idées, son Délire, ses Hallucinations ". ///. " Ses Facultés intellectuelles, ses Sentiments, son Procès ".

^ Arthur Heulhard. /. Le Charpentier. II. Le Roi des Juifs. III. Les Marchands de Christ. IV. Le ^aint Esprit. V. Le Golgotha. VI. V Evangile de Nessus. VII. VIII. IX. Les Evangiles de Satan. X. Bar-Ahbas.XI. Le Juif de Rapport. Résumés sous le titre de : " Le Mensonge Chrétien ",

façon de procéder. Malheureusement la manière ancienne est toujours la plus usitée.

Déjà les " Modernistes " semblent avoir réduit la personnalité^^^^^^/^^^ de Jésus à un homme supérieur inspiré ou envoyé de Dieu. ^ Loisy ^ nous a donné ses " Evangiles synoptiques " et le C**" Félix Loisy. Cte. Goblet d'Alviella, le premier volume d'une histoire de " P Evo-^;^!'^ ^°^/f^ lution du Dogme Catholique'" en se basant sur ce qu'ont dit Renan Reus, Réville ^ et Loisy. On a beaucoup discuté, on discute encore, on fait des phrases et des phrases et l'on entreprend régulièrement des polémiques avec des théologiens de tous degrés et de toutes sortes. — Pérégrinus vivrait-il toujours ? — A Berlin, nous aurions pu entendre le 31 janvier et le i^' février 19 10, une controverse sur le mythe du Christ entre M. le Professeur Arthur Drew^s, ^ Drews de l'Université de Karlsruhe, le pasteur H. Von Soden, profes-

^ Concernant le mouvement moderniste consulter :

Salomon Reinach, " Orpheus." ]. Bourdeau, ^^Pragmatisme et Modernisme." Etienne Giran, *'■ Jésus de Nazareth." Marcel Hébert, "Z<z Forme idéaliste du Sentiment Religieux." Georges Tyrrell, ^^Suis-je Catholique?" Albert Jounet, "Z^ Modernisme et P Infaillibilité." Etienne Giran, "Z^ Christianisme Progressif." P. Le Breton, "Z^ Résurrection du Christ." Marcel Hébert, " Le Pragmatisme. " H. Bois, " La Valeur de P Expérience Religieuse. " J. Français, " L'Eglise et la Science. " Abbé Jean de Bonnefoy, " Le Catholicisme de Demain. " Quelques Modernistes Italiens : " Le Programme des Modernistes. " Un groupe de Prêtres Catholiques : " QUE PENSER DE LJ BIBLE. I. De la Morale et de la Civilisation des peuples bibliques. II. De P Authenticité des Livres Saints et spécialement des Evangiles. III. De P Inspiration^ sa Nature, son Etendue, son But. "

^ A. Loisy, " V Evangile et P Eglise. " " Simples Réflexions. " " Quelques Lettres. " " A propos d'Histoire des Religions. "

' Albert Reville, " Histoire du Dogme de la Divinité de Jésus. "

* L — Arthur Drev^^s, " Le Mythe du Christ. " Armand Lipman, " Jésus a-t-il vécu ? " A. Drews, " Die Christusmythe" (19 lo) (léna). Loisy. " A Propos dHistoire des Religions. "

" Revue d'Histoire et de Littérature religieuse, " septembre-octobre 19 10.

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seur, docteur en théologie, le pasteur Friedr. Steudel, le pasteur G. Hollmann, le pasteur Max. Fischer, Friedrich Lipsius, le pasteur H. Francke ; Théod. Kappstein et Max Maurenbrecher, docteurs pour la plupart en sciences théologiques. Cela se passait au... Jardin Zoologique. Je me demande si l'endroit était bien choisi. On y fit beaucoup de discours et M. Drews, professeur à l'Université, croit certainement qu'il a convaincu par ses arguments un grand nombre de ses auditeurs. Si j'avais été parmi eux, je n'aurais malheureusement pas été dans ce cas et je dois même déclarer que les idées de "l'union moniste allemande" ont, selon mon humble avis, été très mal défendues. Sous beaucoup de rapports le D" Drews avait raison, mais il est infiniment regrettable que pour sa défense, il n'ait pas employé des arguments plus positifs. Ceux-ci ne manquaient pas pourtant. Il savait peut-être la vérité, mais il ne l'a laissé percer d'aucune manière. Il est vrai que soutenir cette thèse sans avoir les documents à sa portée est chose très périlleuse. Nous devons cependant admirer sa bravoure ; la thèse, quoique n'étant pas née d'aujourd'hui, est toujours nouvelle ; seulement M. Drev^s a fait bien peu de progrès depuis Strauss,... et cela est-il excusable ?

A côté de M. Drews, des rationalistes ont soutenu à peu

près la même thèse. Citons parmi ceux-ci : Aug. Dide, auteur

de " L^ Légende chrétienne'" Qt Robert Matteson Johnston, ^

A. Dide. professeur d'histoire à l'Université de Cambridge, Massa-

J^obert cj^useti-g (Etats-Unis). Il v en a d'autres encore.

Matteson ^ ' ^

^ohïiîton

^ ^ " The Holy Christian Church " (La Sainte Eglise Chrétienne) 19 13.

^ Et vous ? me demandera-t-on. Comment se fait-il qu'il y a deux ans, vous croyiez

à l'existence corporelle du Christ et que dans " L^ Livre du Bien ei du Mal'' cX la.

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Mon exposition serait incomplète si je ne vous parlais de quelques autres volumes par exemple de " La '^ible dans PInde ", ou de " La Vie de Jezeus Qhristna " du maître explorateur JacoUiot, qui eurent un retentissement tel, que Mgr. de Harlez J^'^^l^^o^' le savant indianiste de l'Université de Louvain, jugea bon Harlez. d'écrire une réfutation^ * des principales erreurs . du fameux traducteur fantaisiste des " Védas ". Jacolliot en réalité n'avait fait que découvrir ce que tous les indianistes en Europe savaient; mais il avait aussi ajouté du sien et inventé des noms comme celui de "Jézeus", transformant en même temps un grand nombre d'autres noms pour le besoin de sa cause, falsifiant des textes etc. M. Jacolliot fut pris en flagrant délit de tromperie et justement puni, car ses inventions le ridiculisèrent. Par le même fait M. Jacolliot avait mis la puce à l'oreille de beaucoup de savants, et l'on se mit, grâce à lui, à examiner quel

" Réplique aux Jésuites ", l'idée ne vous soit pas venue de nier son existence et même d'en douter ?...

C'est qu'à ce moment, j'ignorais encore ce que je sais aujourd'hui. Il' est certes plus facile de savoir et d'apprendre ce qui se trouve dans un catéchisnie, que de savoir et de connaître ce qui se trouve si brièvement exposé dans ce gros volume. Quand j 'étais enfant, j'aurais voulu me faire moine et j'étais si pieux que les PP. Jésuites m'appelaient " Saint César". Saint César a tout simplement évolué. Il a trop voulu approfondir et voilà la conséquence.

Très sensible, c'est la vue des malheureux qui en premier lieu l'a fait douter de la bonté de Dieu, puis de sa justice et enfin de sa toute-puissance. Saint César en voyant la misère, la souffrance et le mal régner sur la terre devint athée.

Il croyait alors au Christ comme homme, tel que nous le dépeignent Renan et Loisy, puis il subit l'influence du D*" Binet-Sanglé ; à l'heure qu'il est, après avoir mûrement réfléchi, il trouve les théories de Binet-Sanglé partiellement inexactes, cet auteur s' appuyant à son avis sur des faits incontrôlables pour soutenir sa thèse.

Aujourd'hui, il ne poursuit plus qu'un but, connaître la Vérité.

^ Elle portait le même titre : " La Bible dans PInde ". 11

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était le fond de vérité et d'exactitude de ce qu'il rapportait. Les erreurs de M. Jacolliot servirent ainsi à tourner l'étude des origines du Christianisme dans un autre sens et le livre de Mgr. De Harlez à rendre les orientalistes laïques plus prudents dans leurs affirmations.

En 1 899, parut un autre ouvrage : '' Science et Religion " par.

Malvert Malvert. C'était un petit livre fort intéressant exposant d'une:

façon assez concise les origines mythiques de la religion catho-.

lique. Mais l'auteur s'était surtout documenté dans les

P. Hochart " Etudes d'Histoire Religieuse " de P. Hochart \ A côté de

choses exactes, il contenait un assez grand nombre de citations

fautives et de renvois à des sources qu'on ne retrouve pas

. toujours ; de plus, un grand nombre de noms propres étaient

mal orthographiés.

Un livre, moins connu sur le continent, parce que jusqu'à

ce jour, il n'a pas encore été traduit, est " The Churches and

Modem Thought ^^ (Les Eglises et la Pensée moderne) par M.

P. Vivian P. Vivian. ^ C'est un des meilleurs livres que j'ai lus, comme

ouvrage de vulgarisation en matière d'histoire comparée des

religions.

Salomon En 1 909 parut un autre volume. Petite était sa forme, mais

^^^^^Y'^ „ grande, sa contenance. Il s'agit d' " Orfi/ieus'' de Salomon

Reinach. Ce petit livre visait tout spécialement le Christianisme.

Il était hardiment écrit et fit grand tapage dans le monde des

exégètes. Un de ceux-ci, Alfred Loisy prit aussitôt la plume,

et répétant ce qu'on lui avait enseigné jadis, reprocha à

M. Reinach quelques erreurs au sujet du " taSou " dans la

' Auquel il s'est empressé de prendre presque toutes les illustrations. ' Watts & C". Londres.

Bible et quelques autres encore. Souvent M. Loisy était dans

le vrai, mais quand on lit " A Propos d'Histoire des Reliçrions " ",^i'^^/"'

• ' ' ^ ' ' u J -11 d'Histoire

on est vraiment peine de voir qu un homme de sa vaillance et ^^^ j?^// de son érudition soit resté, jusqu'à cette heure, si théologien, gionsypar Dans le même livre, M. Loisy essayait de réfuter la thèse de M. Drevyrs.

Mais c'eut été un miracle, si vraiment l'auteur à^ Orpheus n'avait eu à faire qu'à M. Loisy. Il fallut un ouvrage pour contre-balancer " Orpheus ". Ce livre était mince et léger. On en fit un qui devait le détrôner... par la forme extérieure tout au moins. Ce fut " Christus'\ M. Joseph Huby réunit tout«c/;m^«5' un état-major d'exégètes et d'historiens catholiques. Ils se mirent à seize contre un. N'y avait-il donc personne parmi toute la Catholicité, capable de s'opposer, seul, à M. Reinach .?

En tête venait Léonce de Grandmaison...puis Mgr Alexandre Le Roy... puis Léon Wieger... puis Joseph Dahlman,... puis Albert A. Carnoy,... puis Louis de la Vallée-Poussin,... puis Cyril Martindale,... puis John Mac Neill,... puis E. Bôminghaus,.., puis A. Mallon,... puis A. Condamin,... puis E. Power,... puis J. Nikel,... puis A. Brou et P. Rousselot. C'est M. Salomon Reinach qui doit avoir été fier !... Aussi je n'ai jamais pu comprendre pourquoi ils s'étaient mis en si grand nombre. Certes, " Qhristus " était défendu par des héros !

Pourtant quand on se met à examiner le volume, on ne lé trouve pas mal fait du tout ; surtout pour ce qui concerne les religions non chrétiennes. Il est d'ailleurs sous ce rapport plus complet que celui de M. Reinach. Mais la partie ayant trait au Christianisme a été écrite par des théologiens et je leur

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ferai le même reproche que Renan leur fit jadis, dans la préface de sa " Vie de Jésus.

Il est une chose qu'un théologien ne saurait jamais être, je veux dire historien. L'histoire est essentiellement désintéressée. L'historien n'a qu'un souci, l'art et la vérité (deux choses inséparables, l'art gardant le secret des lois les plus intimes du vrai). Le théologien a un intérêt, cest son dogme.

Aussi nos théologiens n'ont-ils pas manqué de jeter un longvoile sur beaucoup de points intéressants ayant trait aux origines du Christianisme.

" Orpheus " et " Christus " furent composés tous les deux

Chantepie d'après le '• Manuel d'Histoire des Religions " de P. D. Chantepie

Saussave ^^ ^^ Saussaye ; comme cet auteur n'a pas parlé du Christianisme^

qui fait surtout l'objet de la deuxième partie de ce livre, je

crois inutile de m'y arrêter.

Mais voici un modeste savant et un chercheur. Il s'agit de M. P. Saintyves.

Saintyves M. Saintyves a mis toute son érudition à l'oeuvre, il a cherché, fouillé et il a mis au jour une foule de renseignements précieux qui n'ont pas toujours été acceptés par les théologiens. C'est que la théologie / fausse tellement le raisonnement et l'esprit, que pour se défaire complètement de ses erreurs, il faut un grand nombre d'années, qu'on n'atteint malheureusement pas toujours.

Aussi est-ce suivant la méthode de M. Saintyves, que j'ai voulu faire cet ouvrage, car je trouve que rien n'est plus convaincant pour le lecteur, et plus utile pour celui qui étudie, que de pouvoir se rendre compte des remarques, arguments et

observations de l'auteur, en ayant sous les yeux les textes sur lesquels il se base. C'est aussi la manière la plus honnête. Au lecteur, alors, de tirer les conclusions ; et s'il n'est pas de l'avis de l'auteur, il peut rejeter celles de ce dernier sans être obligé pour cela de vérifier ses arguments dans d'autres livres.

Le principal ouvrage de M. Saintyves, " Les Saints Successeurs des Dieux'', est un essai de mythologie chrétienne. Il faut •encore citer : ^^ Les Vierges Mères et les Naissances miraculeuses'', ouvrage conçu d'après le même système, " Le Miracle et la (Critique historique ", -" Le Miracle et la (Critique scientifique ", •et enfin " Les Reliques et les Images légendaires ". J'ai une profonde admiration pour M. Saintyves, que d'aucuns prétendent être un ecclésiastique. Qu'il soit ecclésiastique ou laïque, peut nous chaut; M. Saintyves est un modeste savant, un homme droit et sincère, qui ne s'inquiète pas des " qu'endira-t-on ", qui dit ce qu'il pense et partage ses trouvailles et ses découvertes avec tous les amis de la vérité. Je ne crois pas que M. Saintyves ait été beaucoup lu pourtant. Eh bien ! je dis : lisez Saintyves. En matière d'histoire comparée des religions anciennes avec le christianisme, il est peut-être en France, le plus capable. La concision et la documentation de ses œuvres, nous laissent sous-entendre que s'il n'a pas plus écrit, c'est peut-être parce qu'il n'a pas été lu davantage. Je le répète : Il faut lire Saintyves, si vous ne l'avez pas fait encore. Certes ses conclusions sont un peu osées pour notre époque, — comme les miennes du reste, — mais M. Marcel Hébert •est là pour les critiquer. Car si M. Hébert est de l'École de Renan, il est surtout de l'Ecole de Loisy, c'est-à-dire que c'est un théologien... rationaliste. M. Hébert a traité, un jour, ''d'enfan-

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tillage^' l'assimiliation que fait M. Saintyves entre Maïa et Maria. ^ C'est un peu parler légèrement et le préjugé ancien se cache derrière l'avis de M. Hébert, qui oublie qu'il y a une double évolution de Maïa à Maria, une évolution légendaire et linguistique, qu'il comprendra peut-être mieux, quand il l'aura vu exposée avec plus de détails dans ce volume. Je n'aime pas le mépris et je n'admets pas qu'on rejette quoi que ce soit sans un juste contrôle. Dans une erreur, il a parfois une étincelle qui peut nous donner la lumière et nous amener à conquérir la vérité. M. Hébert est cependant un critique sérieux. Mais revenons au Christ.

La Légende \\ serait assez difficile d'affirmer avec certitude que Jésus de

du Jésus et y.^ i > • • t

comment Nazareth n a jamais vécu, mais ce que nous pouvons prouver, elk s'est c'est qu'il n'a jamais été celui qu'on nous dépeint. En grande aZ^' P^^*^^^ ^^s études psychologiques et psycho-physiologiques que résumé le Dr. Binet-Sanglé a faites des actes et des paroles du Christ, prouveraient que si réellement, il était le personnage dont on nous a raconté la vie, il n'aurait été qu'un théomane, comme il y en a encore beaucoup de nos jours. Et pourquoi dans ce cas son existence serait-elle plus invraisemblable que celle d'un autre ? Parce qu'il a fait des miracles .? Mais nous voyons tous les jours et dans tous les pays des miracles opérés sur des croyants par des théomanes de toutes les religions. Un théomane est généralement un homme qui passe et dont le nom passe avec sa vie, à moins qu'il n'ait laissé des traces sur son passage, des preuves de son existence, et c'est ce que nous avons à examiner concernant le passage du Christ dans les pays où l'on affirme qu'il a séjourné. Reste à voir si

' Dans un de ses articles publié par " Le Peuple " de Bruxelles.

nous n'avons pas affaire à un personnage de roman, ou à un révolutionnaire, comme il y en avait aussi beaucoup à cette époque. Si c'est un personnage de roman, il faut pouvoir .déterminer le premier roman ou la légende qui a servi à créer son cycle et comment s'est formée cette légende ; si c'est un révolutionnaire, il faut pouvoir retrouver des traces historiques de sa vie. C'est ce que j'essayerai de faire en partie. Un grand nombre de savants s'étant déjà occupés delà question de chercher des preuves historiques de son existence et n'en ayant trouvé aucune sur laquelle on puisse sérieusement se baser, il ne me restera plus qu'à essayer de prouver que ce personnage dont on ne trouve aucune trace dans l'histoire de son pays, n'est qu'un personnage inventé et mis sur la scène dans un décor plus ou moins historique. Nous verrons par la suite comment ce roman, " ia Vie du Jésus ", fut créé par des Grecs, des cabbalistes juifs et des Coptes judaïsants d'Alexandrie, sous l'influence des écrits historiques de Flavius Josèphe et de la traduction de l'Ecriture Sainte, connue depuis sous le nom de la " Septante ".

Il va sans dire que la traduction des prophètes juifs eut une influence considérable sur les esprits de l'époque. Ce fut une véritable révélation. Le " snobisme " des Alexandrins, parmi lesquels se trouvaient un grand nombre de Juifs ne connaissant pas l'hébreux, vulgarisa ces écrits. Ces traductions en grec produisirent sur les Juifs alexandrins et les amateurs de littérature et de philosophie étrangères, le même effet que celui que produisirent en Europe dans les diverses langues, les traductions de Tolstoï, de Kropotkine, de Gorki, de Nietzsche et de Karl Marx, à notre époque, et celui qui résulta de la traduction

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de la Bible, en allemand, par Martin Luther, avec cette différence que ces derniers faits se passèrent dans des pays occidentaux, tandis que les premiers eurent lieu en Orient : en Palestine et en Egypte : aux pays des '■''Mille et une Niiits'\ L'imagination orientale fermenta et engendra. Des légendes naquirent en masse, dont un grand nombre sont ignorées et dont un plus grand nombre encore ne parvinrent probablement pas jusqu'à nous.

ON parla d'abord du " ^ésus ", c'est-à-dire du " Sauveur ". Un autre se mit aussitôt à parler de Jésus le Sauveur.

Un troisième parla de Jésus annoncé par les prophètes juifs.

Un quatrième parla du Jésus des Juifs.

Un cinquième parla de Jésus de Jérusalem.

Un sixième parla de Jésus qui avait été en Judée.

Qu'était-il ce Jésus de Judée ?

C'était le Christ, c'est-à-dire, l'Oint.

Il devait naître à Bethléem avaient dit les prophètes... donc il était né à Bethléem.

Il devait descendre de la race de David... donc il était descendant de David. On n'avait plus qu'à faire sa généalogie. On en fit même plusieurs !

Il devait naître pauvre entre le bœuf et l'âne, disaient les mages... Il naquit donc dans une étable.

Quand ?

Une date ne fut pas difficile à trouver. Comme il descendait de David, il était destiné au trône, il fallait que Dieu le fît venir au monde... quand il y aurait eu une place vacante,...

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