‹ Mythes & légendes [microform]Chapitre 18 sur 57 · JUSTIN : APOLOGIE I · texte numérisé non relu

JUSTIN : APOLOGIE I

le nom sous lequel on désignait " Horus-Enfant '\ Harpocrate était le fils d'Osiris et d'Isis.

HoRus était \2i deuxième personne de la trinité égyptienne. Horus signifiait primitivement : le haut^ V élevé ^ le supérieur. Un de ses titres était Haroéris^ c'est-à-dire " F Horus grand ". Il était adoré à Ombus en même temps que Sîtou, le dieu de la terre et recevait de ce fait le nom de Haroui^ ou " double Horus "' comme identifiant Horus et Sîtou simultanément.

Maya, la Pléiade, était fille d'Atlas et de Pléione. Elle fut aimée de Zeus et fut la mère d'Hermès. C'était la déesse de lai croissance identifiée à Majesta par les Romains. Les calendes: du mois de éMai lui étaient consacrées. On lui sacrifiait alors une truie pleine, animal qui était également sacrifié à Cybèle, ce qui contribua beaucoup à faire croire à certains Orientaux que Mava était la même déesse que Cybèle, la Terre.

Aussi est-ce de l'union du Ciel et de la Terre que devait, naître le Rédempteur.

Passion PASSION D'OSIRIS :

(fOsiriset d'Héltos Osiris ; Fils de Seb ou Geb (Ja

Terre) et de Nouît {Je Ciel).

Sa naissance est annoncée d^ avance à Pamylès de Thebes.

Set-Typhon, le Mal, conspire contre lui avec d'autres (72) dieux et l'enferme dans un grand coffre.

Set coupe son frère en quatorze morceaux qu'il disperse. (Il avait alors 28 ans).

PASSION D'HELIOS :

he Feu sacré : Fils du titan Hypérion et de Théia^ la.

Terre.

Il est noyé par les Titans dans»

l'Eridan.

Hélios fut identifié par les Orientaux à Phébus et à Apollon. Origine et Apollon fut identifié à Orphée. ^chLog^s

D'après Basilide, il y a deux mondes : P Hyper cosmia des (Hypérion) et la Terre (Maya). ^'^^^^^'^"^^

Entre les deux se trouve ^'- T Esprit-limite'':

rivEV/ua fxsOopiov

duquel naquit :

le GRAND ARCHON.

Du Grand Archon, {Pater innatus) sortirent successivement : r Esprit (Noue) qui donna naissance au Verbe ( Voyoç) ; le Verbe qui donna ensuite naissance à la '\R^ison (^povwiç) ; la Raison qui donna le jour à la Sagesse ['S>o(f)Laj et à la Force {AvvaiMç.).

De la Force et de la Sagesse sortirent les Vertus, les Principautés et les Anges qui créèrent le Cie/. ^

^ Comparez ce système et ceux qui suivront avec celui qui est développé dans la " Nimikta "Chap. XXII : .

" Le Richi (d'un passage particulier quel qu'il soit) est celui dont il est la parole ; et celui par lequel elle est prononcée est la déité (du texte) : et le nombre des syllabes constitue le mètre (de la prière). Les Richis désireux (d'obtenir) des objets particuliers se sont approchés des dieux avec (des prières composées en) mesure.

Les divinités sont seulement trois, dont les demeures sont la terre, la région intermédiaire et le ciel ; (à savoir) le feu, l'air et le soleil. Elles sont dites chacune (les divinités) dé plusieurs noms mystérieux et le Seigneur des créatures Pradja'pati est leur divinité à toutes. La syllabe JUM désigne chaque divinité ; elle appartient à celui qui habite dans le séjour suprême, Paramêchthi ; elle appartient à celui qui s'étend au loin, Brahmâ, à Déva (Dieu) à l'Ame suprême ou qui domine toutes les autres Adhyâtma (âmes). D'autres divinités appartenant à ces diverses régions sont des portions des trois dieux ; car ils sont nommés et décrits diversement par rapport à leurs différentes opérations : mais en réalité, il n'y a qiùune divinité: LA GRANDE AME (Mahânâtmâ). Elle est nommée le soleil ; car le soleil est l'âme de tous les êtres ; et ceci est déclaré par le sage : " Le soleil est Pâme de ce qui se meut, (djagat) et de ce qui ne se meut pas " (tastouch).

A070Ç OU le Verbe est donc une émanation du grand aArchon^ née de éMaïa^ (la terre) par l'opération de Noiîç, rEsprit.

Le Verbe était la deuxième émanation du " Pater innatus ", émanation née de Maïa par l'intercession de l'Esprit.

Hélios ou Eis était le " Feu sacré " fils de la Terre (Theia- Maya) et de même qu'Hermès " le porte-parole de Zeus " avait pour mère Maïa., Eous ou Héous, le Verbe était le fils du " Pater innatus " et de éMata^ par l'intercession de X Esprit.

éMaïa deviendra, en araméen, Miryam (Marie) ; et les

catholiques modernes exprimeront cette filiation par cette

sentence : yésus et le 'Père Eternel ne sont quune seule et même

personne ; yésus naquit de Marie par r opération du Saint-

Ssprit. ^

Sysûmes II serait impossible de développer ici, sans entrer dans une

^ . infinité de détails, l'évolution du mythe du Christ de Basilide

(jnostiques •'

à Valentin.

Nous essayerons cependant d'exposer ces systèmes en peu de

Les autres divinités sont des portions ou fractions de sa personne, et ce qui est expressément déclaré par le texte : le sage appelle feu, Mithra, Indra et Varouna, etc. "

Il serait vraiment miraculeux si les Gymnosophistes (nom donné aux Brahmanes et Bouddhistes d'Alexandrie) n'avaient eu aucun rapport avec les Gnostiques.

^ " Voici la foi catholique : nous vénérons un seul Dieu dans la Trinité, et la Trinité dans l'unité ; nous ne confondons pas les personnes, nous ne divisons pas la substance. Autre est la personne du Père, autre celle du Fils, autre celle du Saint-Esprit ; mais du Père, du Fils et du Saint-Esprit, unique est la divinité, égale la gloire, coéternelle la majesté... Car de même que la vérité chrétienne nous oblige de confesser que chacune des personnes est Dieu et Seigneur, ainsi la religion catholique nous défend de parler de trois dieux ou de trois Seigneurs. Le Père n'a été fait par personne, ni créé, ni engendré. Le Fils est du Père seul, ni fait par personne, ni créé, mais engendré. Le Saint-Esprit est du Fils et du Père, ni fait, ni créé, ni engendré, mais procédant.

(Symbole " Qtnaimqtie ", dit symbole de saint athanase, dans " P Enchiridion " de

DENZINGER-BANNWART, N" 39.)

mots et le plus clairement possible, en ne nous attachant qu'au mystère de la Rédemption.

Pourquoi fallait-il d'abord un rédempteur ? Les catholiques d'aujourd'hui nous apprennent que c'était pour effacer le péché originel commis par Adam et Eve en mangeant du fruit défendu au Paradis Terrestre. Les Gnostiques et en particulier Basilide enseignaient que le mal existant de temps immémorial, par suite de la révolte des anges, dont le vrai dieu était prisonnier^ — prisonnier du dieu des Juifs, un de ses anges, — il fallait une émanation du Dieu bon et suprême, pour vaincre par la sagesse de sa doctrine l'immoralité du Dieu des Juifs. Cette émanation ou éon fut le Rédempteur.

Depuis Adam jusqu'à Moïse, le péché avait régné sur la terre. C'était du temps du Grand Archon de l'Ogdoade. Mais l'Archon de l'Hebdomade se révéla à Moïse et lui dit : "Je suis le Dieu d'Abraham, d'Isaac et de Jacob et je n'ai révélé à personne le nom de Dieu. "

Alors "Evangile alla de monde en monde ^ porter le salut et la science ; Évangile connaissait les mondes supérieurs et la triple YioTîjç, (Yiotes) Filiété \ il était assis à côté du Dieu-néant, autrement dit, l'Eternel. (Je me vois obligé d'employer, ici, les noms avec lesquels le lecteur est le . plus favorisé, afin de faire mieux comprendre les rapports existant entre les différents " démiurges ", si je puis les appeler ainsi.)

Evangile après avoir visité les mondes supérieurs, désira descendre dans les mondes inférieurs.

* On peut aussi comparer les difFérents éons aux sephtroth des cabbalistes juifs, de même que les difFérents mondes et cieux des gnostiques peuvent être comparés avec les difFérents mondes et étages célestes des Bouddhistes. Voir : " Alphabetum Tibetaniim " de Georgi.

Les pensées de la Filiété volaient au-dessus de P Esprit-limite^ qui s'en empara et les communiqua au fils du Grand Archon de rOgdoade, lequel les reçut de la Filiété-première.

Ayant ainsi illuminé le Grand Archon, Seigneur de rOgdoade, celui-ci reconnut qu'il n'était point VUnique et vit qu'il n'était qu'une émanation du Dieu-néant et qu'au-dessus de lui se trouvait la triple Filiété. Christ qui était assis à sa droite l'instruisit, lui fit connaître le Dieu-néant, la triple Filiété, rEsprit-Saint, l'ordre des mondes et la fin de ceux-ci. U Archon confessa alors son orgueil et avec lui toute l'Ogdoade fit de même.

Evangile fut alors révélé aux créatures des trois cent soixantecinq cieux, jusqu'à ce qu'il fût arrivé à celui de l'Hebdomade qui en est le dernier.

Dans celui-ci, tout se passa comme dans les autres cieux.

Restait la terre. " La lumière qui avait lui sur le Fils de l'Hebdomade descendit sur Jésus, fils de Marie, l'illumina et le remplit de ses feux. " Voilà, disait Basilide, ce qu'a voulu dire P Ecriture par ces paroles, " le Saint-Esprit descendra sur toi " ; car r Esprit partant de la Filiété, passant par F Es prit- limite, par rOgdoade et l'Hebdomade, descendit sur Marie, et ^^ la vertu du Très-Haut te couvrira de son Ombre ", c'est la vertu pleine d' onction, partant du grand T)émiurge élevé au plus haut des cieux, qui est descendue sur la créature, c est-à-dire, sur le Jils de Marie. " ^

Pour ce qui est de la vie de Jésus, tout se passa ainsi qu'il est raconté dans les " Evangiles ", pense Basilide.

^ E. Amélineau. " Essai sur le Gnosticisme égyptien. "

E. De Faye, " Gnostiques et Gnosticisme. " Etude critique des documents du Gnosticisme chrétien au IP et IIP siècle.

Les fidèles de Basilide désignaient aussi Jésus sous le nom mystique de " C au lac au ".

Carpocrate, fils de Basilide, enseigna le mépris des anges et surtout du Dieu des Juifs, lequel avait isolé le véritable et l'avait rendu impuissant. Jésus, selon lui, n'avait été grand que parce qu'il avait méprisé les lois des Juifs faites par les anges. Le mépris de toute loi était pour lui la suprême perfection morale.

Il est vrai, lorsque nous examinons bien la doctrine du Christ, telle qu'elle nous a été rapportée par les Evangiles, que nous remarquons que Jésus était, pour son temps, une sorte d'anarchiste ; ce qui explique le système de Carpocrate.

Nous parlerons plus loin du système de Valentin.

Mais revenons aux origines de la légende du Jésus.

Celui-ci sera ensuite annoncé par Eous-shana-os^ c'est-à-dire par le signe (os) shana : de Van.

Il aura pour père le Matsyas... poisson : Eousziph (le poisson d'Eous) : Joseph.

Si le Mashiha naît à Bethléem, c'est parce que le prophète Michée a dit qu'il sortirait de Bethléem. Comme les oAdventistes d'aujourd'hui, les commentateurs alexandrins et l'auteur de l'Evangile de Matthieu en particulier avaient échafaudé toute une vie d'après les prophéties. On n'avait plus qu'à l'appliquer à un personnage et à lui donner un nom.

POURQUOI donna-t-on au Messie le nom d'Eous, plutôt qu'un autre ?...

Justin nous le dit clairement en ces termes :

" 7</j«5 " est un mot hébreu qui en grec signifie " Sôter " ; Sauveur. " {Apologie I. 33, (7).)

Il y avait, à Alexandrie, également un Hélios SSter, dont les Alexandrins avaient fait Eis Sâter ; (F. Cumont : Les Religiom orientales dans le Paganisme romain. P. 134.)

Pour les Grecs, cet " EIS " devint facilement " EYS ", d'où l'on fit " Eous " et plus tard " esus " puis " iesus ", mot qui,, prétendait-t-on alors, signifiait, "Sauveur". "lésus" fut accepté plus facilement que " Eïs " parce qu'au fur et à mesure que la légende se formait " Eous " devenait plus distinct de " Eïs ";. il finit après peu de temps à identifier un dieu nouveau, ayant un aspect entièrement difi^érent de celui dont il était né.

'Eas s'écrivait alors 27^n = E/j- ou E-iou-sch.

En hébreu moderne, la différence entre E-i-s et S-iou-schserait : K^^^î - î^^û . Mais au temps des premiers chrétiens, on^ n'écrivait pas les voyelles, ce qui explique comment 8ïs devint Sous.

Néanmoins ceci ne nous montre pas complètement l'évolution et l'origine du mot " lésons ". Analysons donc en détail, l'évolution de ce mot.

Eïs fut écrit par quelques-uns en hébreu K^'y par d'autres :: 2;»n = îy^D ce qui pouvait se prononcer " hé-yi-s " ou, " hé-you-s ", et devint facilement- 2;}/" " hé-ou-sch " ou " hé-e-sch ". " Hé-e-sch " devint encore plus aisément " Yé-s, ^^j» = 2;j^i d'où l'on fit en décomposant " sch " : " Y-s-s " :. è;D' et en y ajoutant les voyelles : m-t = lé-sou-s " ou 6?p!!-;

" lé-sou-ch ". Tout ceci n'est qu'une question de dialectes.

De même que de nos jours, les Juifs prononçaient jadis, le " iî" fort aspiré, soit à peu près " che " ou " gue " comme dans l'allemand ^^machen\ Ainsi " 'Eïs " devint iiZ'/-is=y-é-(/)s d'où Y-é-(oz/)s, la lettre U" n'existant pas en hébreu.

Il est inadmissible que le nom de " Jésus " ait signifié primitivement " Yeschouang " ; " Yahvé Sauveur " ; toutes les personnes qui se seraient appelées " Jésus " auraient dans ce cas été désignées d'avance, comme " Sauveurs ". Jésus ou leschou signifiait simplement " lehoschoua " .• " le secouru d'Yahvé ".

Pour le distinguer de Hélios Sôter, qui était aussi un... " Sauveur ", on l'appela le " Sauveur-Oint ", c'est-à-dire " Jésus- Christ " : lr]aovv Xpiarov.

Ceci est probablement l'origine du nom. Aussi ce nom variera-t-il sous la plume des différents scribes qui l'écriront, comme la suite nous le montrera ; ce qui prouve qu'il n'avait pas d'orthographe fixe.

L'Evangéliste a dit avec raison : " Nul n'est prophète en son pays ; aussi le Christianisme prit-il naissance en Egypte et les premiers convertis, en Palestine même^ furent les " Docetes " lesquels prétendaient^ vers Vannée ou Von place la mort de Jésus ^ que le Christ n était quun simulacre '.

' " Le gnostique Satornilus, dit Théodoret, évêque de Lyon, démontra que le ^^ Sauveur" n'était pas né, qu'il était incorporel et sans forme ni figure ; qu'il n'était apparu comme homme qu'en apparence, et que le Dieu des Juifs était l'un des Anges ". — On sait que, d'après les Gnostiques, le monde et l'homme furent créés par les Anges.

II y eut des sectes qui voyaient en " Jésus ", Adam Kadmon, et d'autres qui prétendaient qu'il n'était autre que l'ange Métatron parce qu'il était écrit que c'était le plus élevé des anges : Celui qui lutta avec Jacob, c'est-à-dire PAnge de P Alliance et le " Médta-

{Foir suite p. 232).

Alexandrie Qq fut ^ cette époque que l'on vit, à Alexandrie, naître les

foire aux i ,, x ,, , -,

religions cultes, 1 un apres 1 autre et s amalgamer tous ceux-ci entre eux. Les scribes égyptiens qui devaient être, au moins, aussi nombreux que les docteurs en sciences occultes qui font de la publicité à la dernière page du "matin" de Paris, — et cela au XX" siècle dans la ville qu'on dit être la plus incrédule de l'Europe, — avaient remarqué, comme nos diseurs de bonne aventure, qu'il y avait beaucoup d'argent à gagner grâce à la bêtise humaine, et ils se mirent tout naturellement à en profiter. ^ Aussi exploitèrent-ils les propriétés magiques du nom d'Eous en ayant soin de vendre " la Bonne Nouvelle " à tous ceux qui la payaient. — Je vous donnerai de ce fait, suffisamment de preuves par la suite. — Le culte d'Eous en naquit et se propagea bientôt comme l'avaient fait ceux d'Hélios, d'Eis, d'Hermas, de Sérapis, d'Osiris, d'Isis, d'Harpocrate, d'Amon, de Zeus, d'Aphrodite, de Mithra et de tant d'autres. Il est même possible que des scribes autres que Panténus se soient rendus aux Indes ; en tout cas. St. Théophile, Tertullien. St. Clément, Porphyre nous avouent qu'il y avait des bouddhistes à Alexandrie.

Quoi d'étonnant alors que la légende du Christ ait pu s'échafauder de la manière suivante :

teur entre Dieu et les hommes, qui est assis h la droite du Père " ,- ensuite parce que le nom de Métatron en hébreu, comme celui de Schaddaï additionné, donne la même somme, soit 314, et encore parce qu'il était le " conseiller et le secrétaire de Dieu ".

D'après les Bogomiles, secte du XI*^ siècle, Dieu avait eu deux fils, Satamael et Jésus ; le premier, dans son orgueil, s'était insurgé contre son père et avait séduit un grand nombre d'anges. Jésus portait aussi le nom de V archange Michel.

^ Voir Appendices.

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