LIVRE
il naît dans une étable entre
l'âne et le bœuf.
Au-dessus de l'étable brille une
étoile.
La mère de Bouddha est Maya.
La mère de Jésus est Miryam.
Krchna est adoré par des pasteurs.
Jésus de même.
Krchna reçoit la visite du prophète Nared.
Il lui offre des dons.
Kamça est l'ennemi de Krchna.
Bimbisaro est l'ennemi de Bouddha.
Kamça fait massacrer les enfants de Dévaki.
Krchna s'échappe.
Il fait des prodiges.
A douze ans, on trouve Bouddha discutant avec des docteurs.
Bouddha descend de Maha-Sa-
mata ou Sihassaro, le premier
roi du mondée (Zi? même fait est général pour
les rois d'Egypte.^ qui descendent
tous d' Amon-Râ).
Jésus reçoit la visite des mages.
Jésus en reçoit également.
Hérode est l'ennemi de Jésus.
Hérode fait faire use massacre à peu près semblable.
Jésus fuit en Egypte.
Jésus accomplit aussi des miracles.
Vers le même âge, on trouve Jésus dans le Temple avec les docteurs.
Jésus descend de David, le premier roi des Juifs.
' — Généalogie de Bouddha suivant le " Mahâvanso " .• (d'après la traduction anglaise de Georges Turnour, trad. franc, de Foucaux) :
" Il y a eu quatre-vingt-deux mille souverains, fils et descendants directs du roi
Le jour du baptême de Bouddha des esprits manifestent leur
Le jour du baptême de Jésus le Tère et le Saint-Esprit se manifestent
présence.
aussi.
Krchna est tenté.
Bouddha est tenté pendant son
jeûne par Mara^.
Zarathoustra est tenté pendant
son jeûne par Anra-Manyoas.
Jésus est tenté dans le désert par l'Esprit du mal.
Krchna guérit des lépreux.
Jésus de même.
Bouddha fait de nombreux miracles.
Jésus de même.
Sihassaro ; le dernier fut Djayasêno. Ils ont été célèbres comme rois des Sâkyas de Kapilavatthou.
" Le grand roi Sihahanou était fils de Djayasêno. La fille de Djayasêno s'appelait Yasôdhara. Dans la cité Dêwadaho, il y a un chef des Sâkyas nommé Dêwadaho. De lui naquirent deux enfants, Anjano et Kachchâna. Cette dernière devint l'épouse du roi Sihahanou.
" Yasôdhara devint l'épouse du Sâkya Anjano, Anjano eut deux filles : Maya et Padjâpati, et deux fils de la race de Sâkya : Dandapani et Souppabouddho.
" Sihahanou eut cinq fils : Souddhôdano, Dhothodano, Sukkodano (Ghattitôdano) et Amitôdano ; et deux filles ; Amitâ et Pamitâ. Amitâ devint l'épouse du Sâkya. Souppabouddho. Soubhaddakachchâha et Dêwadatta furent leurs deux enfants.
" Maya et Padjâpati furent toutes deux, en même temps, femmes de Souddhôdano.. iiotre Vainqueur fut le fils du grand roi Souddhôdano et de Maya. Le grand et divin sage descendait en ligne directe de Mahasammato, le pinacle de toutes les dynasties, royales, Soubhaddakachchâna devint l'épouse du Bôdhisatthô Siddhato. Son fils fut. Râhoulo.
" Les princes Bimbisaro et Siddhato furent amis. Leurs pères à tous les deux furent: également des amis dévoués. Le Bôdhisatthô avait cinq ans de plus que Bimbisaro. C'est à vingt-neuf ans que le Bôdhisatthô partit (pour sa mission religieuse). "
^ D'après le " Lalita Vis tara" Bouddha, après s'être livré à l'austérité, se baigne dans la rivière Nâiranjanâ et envoie au démon Pâpiyan un grand nombre de songes qui lui annoncent sa défaite.
2 54 LIFRE
Bouddha prêche contre les prê-
tres.
Bouddha se transfigure sur le Pandava.
Une Trivakra offre de l'huile à Krchna et lui parfume la tête.
//. CHAPITRE m.
Jésus prêche contre les prêtres^ les scribes et les pharisiens.
(11 est naturel que ceux-ci ne fussent pas les amis des apôtres qui enseignaient une religion qui venait faire concurrence à la leur).
Jésus se transfigure sur le mont Thahor.
Marie-Madeleine verse des parfums sur les pieds de Jésus.
Krchna entre en triomphe à Mathura.
Jésus entre en triomphe a Jérusalem.
Bouddha passe les rivières, il ordonne à la tempête de cesser et sauve ainsi un de ses disciples qui était sur le point de faire naufrage.
Jésus fait de ?nême.
Peu de temps avant sa mort, une femme en pleurs se jette aux pieds de Bouddha.
Le jour de la mort de Krchna, des morts sortent de leurs tombeaux, un cercle noir entoure la lune et le soleil s'obscurcit.
Marie-Madeleine fait la même chose un peu avant la mort de Jésus.
Les mêmes faits se seraient produits lors de la mort de Jésus.
(Il faut croire que les Juifs ne s'en sont pas aperçus, puisqu'ils sont restés incrédules. Quant aux morts ressuscites, nul ne sait ce qu'ils sont devenus, ni qui ils étaient).
Krchna reviendra un jour pour juger le monde. Ce jour-là, le soleil et la lune s'obscurciront, la terre tremblera et les étoiles tomberont du firmament.
Bouddha est sorti de son cercueil.
Lorsque Jésus reviendra pour juger à la fin des temps, les mêmes faits se produiront.
Jésus est sorti de son tombeau.
Bouddha a promis qu'un autre Bouddha viendrait après lui.
Jésus a promis qu'à la fin du monde, il reviendrait pour reconvertir rhumanité.
Bouddha annonça son départ de cette terre et après sa mort entra au Nirvana.
Le Christ prédit sa mort et descendit aux enfers, pour y délivrer les âmes des patriarches et les emmener avec lui au Paradis.
Bouddha établira le Dharmachkra (Royaume des Cieux).
Jésus établira aussi un royaume céleste, la ^^ Nouvelle Jérusalem''\
Bouddha a prédit la fin du monde par le feu.
Le Christ de même.
Krchna comme Mithra est un dieu-pâtre.
Le Christ également, d'où son titre :
" Le Bon Pasteur ".
Un argument cependant a servi a différencier Krchna et Jésus :
c'est que Krchna est, aujourd'hui, un dieu erotique.
Quand on compare le " Cantique des Qantiques " avec les poèmes et épopées krchnaïtes, on se demande s'il n'y a pas entre eux quelque trait d'union, surtout quand on fait le parallèle de ces mêmes écrits avec la " Pisfis Sophia ". Les Gnostiques n'ont-ils pas créé un Christos tout semblable à Krchna !....
But du \ ussiTÔT la légende formée, elle passa en Palestine. Les Christia- j^j^ habitants du pays où les faits se seraient passés n'y crurent point d'abord et ce furent surtout les gentils qui embrassèrent la nouvelle croyance.
Cependant, il fallait faire mourir Jésus sous Pilate, car Pilate, était l'ennemi des Juifs. On inventa cette calomnie pour sa perte. Les Juifs d'Alexandrie poursuivaient ainsi deux buts, exciter les leurs contre le procurateur et le faire passer aux yeux de César, comme un homme qui remplissait mal ses devoirs, faisant crucifier jusqu'à des gens qui n'avaient fait que du bien. En tout cas, les Juifs atteignirent leur but, car Pilate fut obligé, étant tombé en disgrâce, de quitter la Palestine. Pilate avait fait crucifier un grand nombre de Juifs et parmi ceux-ci était le Christ. Mais s'il eut vraiment à juger un Dieu, et qu'il fût réellement le témoin de tous les prodiges qu'on rapporte, comme ayant eu lieu lors de la mort de Jésus, comment s'expliquer que Pilate, qui haïssait les Juifs, ne se fût pas fait chrétien ? Malheureusement pour la vraisemblance des faits, il ne nous reste que des faux, attribués à Pilate. La crucifixion était alors le supplice à la mode, Jésus fut donc crucifié comme le ^ar-abas d'aÂlexandrie ^ dont nous parle Philon. Et comment s'expliquer aussi que de vrais croyants aient pu faire... tant de faux t...
Les Jésus "V^T OMBREUX, furent les Sauveurs, " Tessous " et les prophètes, sous Festus j^^ q^- ^ ^^^^^ période de l'histoire, marchèrent sur Jérusalem. De 59 à 61, sous le procurateur Festus, il en apparaît tout un essaim. Il y en a qui sont brûlés, d'autres, à qui l'on
1 Voir ''Le Rameau d'Or'' de Frazer. Vol. IIL
tranche la tête, mais le plus grand nombre sont mis en croix. Flavius Josèphe ^ rapporte que vers cette époque, un Juif dont le nom nous est resté inconnu entraîna avec lui trente mille de ses compatriotes d'Egypte en Judée, à travers le désert, leur promettant de renverser au souffle de sa bouche les murs de Jérusalem.
CEPENDANT Ics Juifs de Palestine inventent un autre conte. Ce Messie dont l'histoire venait d'Alexandrie, puisqu'on ne l'avait jamais connu en Palestine, ne pouvait être qu'un faux Messie. Quelques-uns en firent un sorcier. Sa vie fut commentée et critiquée. Les Juifs d'Alexandrie crurent au Sauveur, ceux de Jérusalem s'en moquèrent ; partout, on discutait et des " contes " et des hérésies se formèrent. C'est ainsi que les Gnostiques prétendaient qu'à la place de Jésus, c'était Siméon le Cyrénéen qui avait été crucifié, et que pendant son supplice le véritable se moquait de l'erreur des Juifs. Pour prétendre cela, il fallait ou bien avoir été témoin ou se baser sur une légende. Il faut surtout croire à la légende, car après le crucifiement, il fallait qu'au moins un des deux fût resté vivant, comme preuve qu'il n'était pas mort. Et comment aurait-on pu prétendre que ce fût Jésus qui était mort, si certains prétendaient qu'il était vivant, et comment aurait-on pu croire à la mort de Simon le Cyrénéen, si celui-ci avait survécu à la mort de Jésus ? Pour qu'une pareille légende ait pu naître on ne devait, il me semble, avoir aucune preuve réelle de la mort de l'un ou de l'autre, d'après quoi, il est facile de conclure, que si l'on n'était pas certain de la mort de l'un ou de
' " Guerre des Juifs'\ II, VII, XX.
Fersîons jui'ves
l'autre, il serait difficile de prouver leur existence par des preuves matérielles et des témoignages sérieux.
D'ailleurs, il ne nous reste aucun témoignage historique de Jésus. Aucun homme important et instruit^ en dehors de la société chrétienne, ne parle de ses guérisons ni de ses prodiges. On ne connaît rien de lui ni en bien ni en mal, qui puisse servir sérieusement comme témoignage, sauf, quelques contes forgés par les premiers chrétiens dans le but de faire croire à son pouvoir magique et surnaturel et quelques histoires aussi invraisemblables que celles des premiers chrétiens, composées par leurs adversaires juifs, dans le but de nuire aux progrès de la secte nouvelle.
'Phïlon Philon d'Alexandrie, qui était en correspondance continuelle d'Alexan- ^^^^ ^^ Judée, sa patrie, Philon le Philosophe, dont les idées se rapprochent sous beaucoup de rapports de celles de Jésus, et qui s'il l'avait connu, n'aurait certes pas manqué d'en parler, Philon l'ignore et n'en dit mot. On prétend que Philon se serait converti au christianisme, mais rien ne le prouve dans ses écrits.
Photius Photius qui a lu '^^ T Histoire des Juifs'' écrite par Juste de Tibériade, lequel vivait du temps des apôtres, déclare avoir constaté, à sa grande surprise, que cet auteur ne dit mot de Jésus.
Flavius Voici ce que nous trouvons dans Flavius Josèphe au Livre XVIII, Chap. IV des " aAntiquités Judaïques ". Je transcris le passage avec son contexte :
Il {Vilate) voulut ensuite tirer de l'argent du sacré trésor pour faire venir dans Jérusalem par des aqueducs de l'eau dont les
sources en étaient éloignées de deux cents stades. Le peuple s'en émut de telle sorte qu'il vint par troupes, en grand nombre, lui en faire des plaintes et le prier de ne pas continuer dans ce dessein ; et quelques-uns même ainsi qu'il arrive d'ordinaire parmi la populace tumultueusement assemblée, lui dirent des choses offensantes. Il commanda à ses soldats de cacher des bâtons sous leurs habits et d'environner cette multitude ; et lorsqu'elle recommença à lui dire des injures, il leur donna le signal pour exécuter ce qu'il avait résolu. Ils ne lui obéirent pas seulement, mais firent plus qu'il ne voulait, car ils frappèrent indifféremment sur les séditieux et sur ceux qui ne l'étaient pas. Ainsi comme ces Juifs n'étaient point armés, il y en eut plusieurs de tués et de blessés, et la sédition s'apaisa.
En ce temps-la vivait JES US qui était un homme sage, si toutefois on doit le considérer simplement comme un homme^ tant ses œuvres étaient admirables. Il instruisait ceux qui prenaient plaisir à être instruits de la vérité^ et il fut suivi non seulement de plusieurs Juifs ^ mais de plusieurs gentils. C'était le CHRIST. Des principaux de notre nation Payant accusé devant Tilate, celui-ci le fit crucifier. Ceux qui F avaient aimé durant sa vie ne V abandonnèrent pas après sa mort. Il leur apparut vivant et ressuscité le troisième jour .^ comme les saints prophètes r avaient prédit et quil ferait plusieurs autres miracles. C'est de lui que les Chrétiens que nous voyons encore aujourd'hui^ ont tiré leur nom.
Environ en même temps, il arriva un grand trouble dans la Judée, et un horrible scandale à Rome durant les sacrifices d'Isis. Je commencerai par parler de ce dernier et reviendrai ensuite à ce qui regarde les Juifs. Il y avait à Rome une jeune dame, nommée Pauline
Ce scandale est une affaire d'adultère que Flavius Josèphe trouve cinq fois plus intéressante que l'histoire de Jésus, puisqu'il lui accorde cinq fois autant de texte. Il va sans dire qu'un Juif s'exprimant de cette manière n'était pas un Juif. Ce
2 6o LIVRE IL CHAPITRE IIL
passage n'est qu'une interpolation d'un faussaire chrétien ; et ceux-ci, au début du Christianisme, comme vous pourrez le voir dans la suite, ne manquèrent pas de se livrer à toutes espèces de rédactions et de récits pieusement menteurs dont la fantaisie très souvent ne connaissait pas de bornes. Celui-ci n'a d'ailleurs pas remarqué qu'il était en contradiction avec ce qui précède et ce qui suit. En effet Josèphe raconte dans ce qui précède, que Pilate voulant employer pour des travaux publics, l'argent destiné au temple, un grand nombre de Juifs se révoltèrent et plusieurs de ceux-ci furent massacrés suivant ses ordres. Il est inadmissible que pour faire plaisir à des gens qu'il détestait et qu'il faisait assommer, soit même par " crainte ", comme dit l'Evangile,... — ce qui est en contradiction avec le chapitre suivant des " aAntiquités Judaïques " où il est rapporté que Tibère fit chasser tous les Juifs de Rome et que Pilate châtie les Samaritains qui s'étaient rassemblés armés, — ...que Pilate se soit laissé influencer. Ceci démontre que Pilate n'avait pas " à craindre " tant César qu'on veut bien nous le faire croire, et qu'une menace de chantage, de ce fait, ne pouvait avoir aucune portée ni aucune action sur ses jugements ; surtout que Jésus suivant l'Evangile, aurait été connu de la femme de Pilate qui ne devait pas ignorer son enseignement dans lequel il disait aux Juifs ; " Rendez à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu. "
L'interpolation se confirme d'ailleurs dans ce fait qu'Origène déclare dans " Qontre Qelse " n'avoir rien trouvé dans les " aAntiquités judaïques " ayant trait à Jésus. — Si Jésus avait réellement fait ce qu'on rapporte de lui, Josèphe aurait certainement dû parler de lui comme il a parlé de Simon
de Jude, déclarés rois par le peuple, de Judas le Galiléen, de Jean-Baptiste, du pharisien Sadduc, de Jacques, de Simon le Magicien, de Simon, fils de Jonas, moins importants que Jésus à cette époque. Mais il ne sait rien de Jésus, ni de sa naissance, Naissance
1 T r • et H^oTt de
ni du Massacre des Innocents, — fait assez grave pour j^^^^^ qu'il le citât, — ni de sa doctrine ni de ses miracles ni de sa mort. Ceci n'a d'ailleurs rien de bizarre, dès qu'on se met à contrôler et à comparer les textes des différents évangiles. Rien n'est affirmé qui ne soit contredit. Matthieu fait naître Jésus avant l'an 750 de Rome. Historiquement, on place sa naissance trois ou quatre années plus tard, tandis que Luc le fait venir au monde en l'an 6, c'est-à-dire, lors du recensement de Quirinus. On cite à sa naissance, de même qu'à sa mort, un tas de faits étranges et miraculeux, mais nul ne sait exactement quand il est mort. On lui attribue généralement 33 ans et Luc lui donne une existence d'une trentaine d'années. Jean le fait mourir sous le règne de Tibère et lui donne environ 49 ans. Un faux rapport fait par des chrétiens et adressé à l'empereur par un Pilate qui n'est pas le véritable, le fait mourir sous le règne de Claude. Mais s'il naquit, lors du recensement, comme l'affirme Jean et qu'il vécut 49 ans, il est mort, non sous Claude, mais en 55, sous Néron. Eusèbe mentionne encore un autre rapport de Pilate qui le fait mourir en 21, alors que Pilate n'était pas encore procurateur, ce qui fait que cette date ne peut pas être non plus considérée comme la véritable ; cela ne prouve qu'une chose, c'est que l'auteur du rapport était encore une fois un faussaire. D'autre part deux évangélistes se sont donné la peine de rechercher sa généalogie ; en juxtaposant les deux généalogies, nous voyons de suite qu'elles ne concordent pas; donc nous
pouvons en déduire que l'une ou l'autre est fantaisiste, et comme elles semblent toutes les deux faites sur la même base, il faut en conclure que l'une n'est pas plus certaine que l'autre, c'est-à-dire qu'elles sont toutes les deux fausses.
Calcul ^« "\ /T ^ïs le problème le plus épineux est certes, la détermi-
Jour de la J^V X nation exacte du jour de la mort du prétendu " Christ "
//^^^ dit le "Jésus". Voici, à titre de curiosité, comment l'astronome
anglais R. Courtenay dans " The Observatory " et le professeur
Pio Emmanuelli dans " 'Œ(assegna Qontemporanca " raisonnent
pour établir cette date :
La mise en croix aurait eu lieu du temps que Pilate était Procurateur de Judée, donc après l'an 26.
Le grand-prêtre de ce temps était Caïphe ; or Caïphe fut destitué en 34.
Le "Jésus" aurait donc été crucifié entre l'an 26 et 34..., on ne saurait pas dire à huit ans près quelle année c'était.
Ce fut, d'après les Evangiles, un Vendredi et le jour avant Pâques c'est-à-dire le quatorzième jour de Nisan.
Il fallait donc trouver une année où le 14 Nisan tombait un Vendredi.
C'est ainsi qu'on fait de l'histoire religieuse. On donne d'abord une affirmation, on dit qu'un fait s'est passé tel jour vers telle époque, mais on ne sait rien de précis, et puis après, on essaie de résoudre le problème. Cependant on croit tout de
même.
Mais poursuivons : Le mois de Nisan commençait vers le milieu de Mars et durait jusque vers le milieu d'Avril. C'était le premier mois de l'année. Il commençait à la nouvelle lune,
autrement dit, au moment où la lune dans le crépuscule du soir redevenait visible dans le ciel.
Cette nouvelle lune rend les savants très perplexes... aussi ne sont-ils pas d'accord. Les uns prétendent que les Juifs n'étaient pas assez forts à cette époque pour établir exactement le commencement de Tannée et le faire concorder avec le printemps, le mois de Nisan étant celui dont la pleine lune venait après l'équinoxe... Pour les autres mois, on prenait l'équinoxe pour base, la pleine lune arrivait parfois avant le 21 mars, parfois après, mais la limite était le 18 mars.
On a pu fort bien établir le jour et l'heure de chacune des nouvelles lunes ainsi que les jours probables du mois de Nisan. Mais pour des considérations d'ordre historique, on a écarté les années 26 et 27, ce qui fait qu'il reste à retrouver l'année à laquelle le 14 Nisan tombe un Vendredi, soit en 28, 29, 30, 31, 32, 33 ou 34, ce qui n'est pas possible ni en l'an 28 ni en l'an 31 ni en l'an 32 ni en l'an 34.
Pour l'année 29, il y a doute, Si l'on ne tient compte que de la pleine lune, suivant l'équinoxe, le 14 Nisan est un dimanche. Si l'on considère la pleine lune voisine de l'équinoxe se produisant le 18 Mars, le 14 Nisan tombe un Samedi et même un Vendredi, lorsqu'on admet que le croissant lunaire était déjà visible quinze heures après la conjonction de notre satellite et du soleil.
En l'an 30, le 14 Nisan coïncide avec le vendredi 7 avril. Cette année répond aux conditions astronomiques imposées, de même qu'en l'année 33 où le 14 Nisan tombe le 3 avril.
C'est donc assurément en l'an 34 que Jésus est mort puisqu'il vécut, dit-on, 33 ans.
Hélas !... Nous n'y sommes point encore et tous ces calculs tombent à Teau, quand on tient note que le moine Denys le Petit s'est trompé de quatre années dans ses calculs. Ainsi le Christ aurait eu 38 ans le jour où il mourut sur la croix.
Aussi nos savants ont-ils donné leur préférence au 7 avril, de l'an 30, parce qu'à Pâques... on offrait à Dieu la première gerbe de l'année et que le 18 mars de l'an 29, cela eût été impossible.
Une gerbe, allons donc ! Mais ces savants ont été distraits en lisant l'Evangile, car sinon ils y auraient vu que...:
Les serviteurs et les sergents, qui étaient là, ayant fait du jcu^ parce qti il faisait froid, se chauffaient et Pierre était aussi avec eux, et se chauffait.
St. Jean. 18. 18.
Et les astronomes ont-ils aussi pris note de ces phénomènes cités par St. Luc au Chapitre XXIII, verset 44 :
Il était environ la sixième heure et il se fit des ténèbres sur toute la terre jusqu'à la quatrième heure. Le soleil s'obscurcit et le voile du temple se déchira par le milieu.
Comment faire concorder cette éclipse avec les phases lunaires ?... Car c'est bien d'une éclipse qu'il s'agit ici, je pense.
QUAND on importa la légende du Jésus en Palestine, beaucoup de Juifs se demandèrent quel pouvait bien avoir été ce personnage qu'eux ni leurs parents n'avaient connu et
les potins commencèrent, à l'orientale bien entendu. Les
différentes versions sont utiles à connaître et pourront vous
démontrer par leurs contradictions, leurs calomnies, et leur et leur invraisemblance, que ce Jésus n'était en réalité qu'un personnage absolument inconnu des Juifs, quoique ceux-ci aient l'air d'être mieux renseignés à son sujet que les premiers Chrétiens qu'ils voulaient détruire.
Les Juifs, est-il dit dans Suidas, au mot " lésons^ " ayant perdu Version de un de leurs vingt-deux prêtres ordinaires, le collège sacerdotal Guidas choisit Jésus pour se l'adjoindre. Marie, sa mère fut appelée pour donner les renseignements requis. Elle se nomma ; mais n'ayant point de père à produire, elle raconta ce qui lui était arrivé. Làdessus les prêtres citèrent les femmes qui avaient été témoins de son accouchement, et ils la firent visiter par des matrones qui attestèrent sa virginité ; après quoi Jésus fut enregistré comme le fils du Dieu vivant et de Marie vierge, et le registre se conservait encore du temps de Justinien, à Tibériade où il avait été déposé depuis le sac de Jérusalem^
OMME je l'ai déjà dit, on fit de faux écrits, dans lesquels on Ecrits atfaisait témoigner Pilate. La preuve que ces écrits sont ^^f^^"^^ ^ faux, c'est qu'il y en a cinq qui se contredisent : Pilate
L'Epître de 'Œ^once ^Pilate à l'e?npereur Tibère.
Le Rapport du Gouverneur Pilate concernant Jésus-Qhrist au Qésar auguste^ à 'P^me.
Le '^{apport de Ponce Pilate^ gouverneur de Judée^ envoyé a Tibère^ a P^me.
L! Histoire du Sauveur envoyé par Pilate a Tibérius.
Les oActes de Ponce Pilate.
C'est à se demander vraiment comment Ponce Pilate n'est
^ De Potter, Histoire du christianisme.
pas reconnu aujourd'hui, comme un saint, ou tout au moins comme un évangéliste.
Mais voilà que l'un de ces rapports fait mourir Jésus sous le règne de Claude et un autre, en Tan 21, alors que Pilate n'était pas encore procurateur de Judée.
Cela n'a pas d'importance, il y a mieux. Il y eut des autographes de Jésus. Il va sans dire qu'il y' en eut plusieurs.
Lettre "T Toici par exemple une lettre qu'Abgare écrivit à Jésusi'Miare . V/. ; christ:
a Jésus
La date manque.
Abgare, roi d'Edesse
à JisÛS-CHRIST,
qui est apparu à '
Jérusalem'. ^ ,
J'ai appris les guérisons que vous faites, sans le secours des herbes ni des remèdes, que vous rendez la vue aux aveugles, que vous faites marcher les boiteux, que vous guérissez la lèpre, que vous chassez les démons et les esprits immondes, que vous délivrez des maladies les plus invétérées et que vous ressuscitez les morts '
Le malheur, c'est que si Abgare, roi d'Edesse était si bien renseigné, Pilate qui était procurateur de Judée, ignorait tout cela. Mais continuons :
Ayant appris toutes ces choses, je me suis persuadé ou que vous étiez Dieu, ou Fils de Dieu, qui étiez descendu sur la terre pour y opérer ces merveilles. C'est pourquoi, je vous écris, pour vous supplier de me faire l'honneur de venir vers moi et de me
guérir de la maladie dont je suis tourmenté. J'ai ouï dire que les Juifs murmurent contre vous, et qu'ils vous tendent des pièges. J'ai une ville qui, bien que petite, ne laisse pas d'être assez propre, et qui suffira pour nous deux.
Jésus s'empressa aussitôt de répondre. Et voici sa prétendue Réponse de
, ' "Jésus
réponse: ./^^^^^^^
Vous êtes heureux, Abgare, d'avoir cru en moi, sans m'avoir vu. Car il est écrit de moi, que ceux qui m' auront vu^ ne croiront pas^ afin que ceux qui ne m'aient pas vu, puissent croire et être sauvés
" Qeux qui m'auront vu ne croiront pas "... est-il dit dans cette lettre. Comment serait-il possible que tous ceux qui aient vu réellement les prodiges du Christ soient restés incrédules !
. ..... A l'égard de ce que vous me priez de vous
aller trouver, il faut que j'accomplisse ce pour quoi j'ai été envoyé et après cela, vers celui qui m'a envoyé. Lorsque j'y serai retourné, je vous enverrai un de mes disciples, qui vous guérira et qui vous donnera la vie à vous et à tous les autres.
Si un médecin quelconque parlait, aujourd'hui, de la sorte à son client, je ne pense pas que le client serait aussi satisfait que le royal patient. Mais il n'y a pas à douter un seul instant, que celui qui a fait cette lettre n'était qu'un imposteur, qui, pas plus qu'il ne croyait en Jésus-Christ, n'avait vu cette correspondance du roi Abgare. C'est un faux tout simplement, et c'est avec des faux pareils, appelés " 'bonnes Nouvelles " que les premiers apôtres-charlatans, allaient de ville en ville, guérir les malades, extorquer de l'argent et convertir les
gens crédules et naïfs aux enseignements du prétendu Christ. ^miers On nous a fait savoir que la plupart de ces apôtres moururent ^ martyrs pour le Christ. S'ils moururent martyrs, ce n'est pas pour le Christ, mais simplement pour leurs escroqueries et à cause de la révolution qu'ils voulaient déchaîner dans l'empire romain. Les Romains adoptèrent et protégèrent, au contraire, bien des religions nouvelles, pour la plupart immorales, et Tacite au Livre XV de ses " annales " paragraphe 34, nous donne immédiatement la raison pour laquelle on persécuta les chrétiens.
Cette secte pernicieuse^ réprimée d'abord, se répandait de nouveau, non seulement dans la Judée, où elle avait pris sa source, mais dans la ville elle-même, car c'est là que tous les crimes et toutes les infamies affluent de tous les points du monde, et trouvent des preneurs
Cette affirmation est d'ailleurs facile à contrôler, par ce qui arriva, lorsque les Chrétiens furent au pouvoir. Non seulement, au début, ils se rebiffaient contre les idées du temps, mais ils excitaient le peuple à brûler les idoles et a détruire les temples des faux dieux.
Que feraient nos Gouvernements, aujourd'hui, et même celui de la France laïque, si des anarchistes se mettaient, pour voir triompher plus vite leurs idées, à incendier toutes les églises et tous les couvents de France. Je crois qu'il y aurait un grand nombre de ces exaltés qui mourraient... martyrs de leur idéal. La plus belle preuve de ce que j'avance, c'est le nombre de statues de dieux antiques sans tête que l'on trouve dans nos musées et la disparition presque complète des bibliothèques des
temples et des documents qui pourraient nous faciliter l'étude des anciennes religions de l'empire romaine Mais revenons à la légende du Jésus.
E " Talmud ", chapitre 6, Sanhédrin^ parle de la lapidation Les Jésus d'un Jésus de Nazareth, convaincu de magie, de ^^ i J
séduction et de corruption de ses coreligionnaires. — Cette calomnie, n'est pas un argument historique et ne prouve pas que le personnage en question ait existé. Et si le " Talmud " parle de Jésus " de Nazareth ", c'est tout simplement parce que
ISIS SE TRANSFORMANT EN ViERGE
(Musée du Caire)
les chrétiens sont habitués de l'appeler ainsi, et qu'il est connu sous ce nom. Cette simple affirmation ne témoigne pas qu'il ait vécu à Nazareth. Les légendes suivantes feront facilement voir qu'il était absolument inconnu à Nazareth et même à
^ Je ne pense pas qu'il y ait quelqu'un qui puisse accuser les Barbares illettrés d'avoir volé les livres. Lire à ce sujet : "Les Chrétiens et P Empire Romain" par Emile Guimet ainsi que E. Le Blant, " Mélanges de P Ecole de Rome" etc.
Jérusalem, vu les contradictions et l'invraisemblance des histoires que les uns inventèrent pour détruire le Christianisme et les autres pour glorifier le "Jésus". Dans les deux camps opposés, on n'est naturellement pas d'accord sur ses faits et gestes.
Au chapitre suivant se trouve mentionné un Jésus, fils de Pandéra et de Marie, modiste, femme de Stada, ou d'une Stada, femme de Papus, fils de Jehuda. Cette Marie était de Lydda, et vécut environ soixante-dix ans après Marie, mère du Jésus des chrétiens. C'est là le Jésus, nous dit Maur, que les Juifs maudissaient dans toutes leurs prières, comme impie, fils d'impie, du païen Pandéra et de l'adultère Marie.
Enfin, un troisième Jésus, environ deux cents ans avant le Christ, avait institué l'idolâtrie de la croix.
Ces trois versions suffiraient déjà pour montrer combien peu sérieux sont les arguments en faveur de son existence.
Version du X Toici maintenant la version juive du " Toldos Jeschu "^ .*
Toldoi ^V "Jeschu
L'an du monde 3671, pendant le règne du roi Jannée, que
d'autres nomment Alexandre, un grand malheur tomba sur les
ennemis des Israélites (pour nous servir ici d'une expression
euphémique). Il y avait un débauché, vaurien achevé, issu d'une
branche détachée de la tribu de Juda, appelé Joseph Pandéra. 11
était grand de taille, fort du poignet et d'une rare beauté ; et il
avait passé la plus grande partie de sa jeunesse à séduire femmes
et filles, à. dérober et à commettre des violences. Il habitait
Bethléem en Judée, et était le proche voisin d'une veuve qui
avait une fille nommée Mirjam : c'est cette Mirjam, coiffeuse
^ De Potter " Histoire du Christianisme ", Epoque I. Livre I.
pour femmes, dont il est quelquefois parlé dans le Talmud. Lorsqu'elle fut en âge, sa mère la fiança à un jeune homme nommé Jochanan, distingué par son extrême modestie, sa douceur et la crainte de Dieu. Or il arriva que Joseph passant devant la maison de Mirjam, la remarqua. Dès lors il s'alluma en lui un mauvais désir ; et pour trouver à le satisfaire, il ne faisait plus que passer et repasser de ce côté. Sa mère lui dit un jour : Pourquoi deviens-tu si maigre } Il lui répondit, je meurs d'amour pour Mirjam. Sa mère lui dit: ne te tourmente donc pas pour cela, fais en sorte d'en jouir, ensuite tu en feras ce que tu voudras. Joseph Pandéra suivit ce conseil, et se rendant souvent devant la porte delà maison de Mirjam, il ne trouva jamais l'occasion favorable de lui parler, si ce n'est le soir d'un samedi, qu'il la vit assise devant sa porte. Etant entré avec elle dans la maison, et jusque dans sachamibre, qui était près de l'entrée; ils montèrent tous deux sur le lit : car elle croyait qu'il était Jochanan, son
mari..."
La calomnie et la fantaisie sont ici aussi flagrantes que dans les récits des Evangiles, où le but des auteurs est d'émerveiller et d'exciter l'admiration ; mais poursuivons.
Elle lui dit: ne me touche point, j'ai mes règles. Mais il ne l'écouta pas, et ce ne fut qu'après s'être entièrement satisfait qu'il s'en retourna chez lui. Vers. le milieu de la nuit, le mauvais désir se réveilla de nouveau en son cœur. S'étant levé, il se rendit à la maison de Mirjam, se glissa dans la cuisine et répéta son acte. La jeune fille en fut tout à fait épouvantée, et lui dit : qu'est-ce que cela veut dire, que tu sois venu me trouver deux fois dans la nuit ? Cela ne m'était pas encore arrivé depuis que tu m'as choisie pour épouse. Mais lui, sans dire mot, recommençait de plus belle. Mirjam continuait à se plaindre. Ne finiras-tu pas, disait-elle, d'ajouter péché à péché, scélératesse à scélératesse .^ -Ne t'ai-je pas
dit dès le commencement que j'avais mes règles. Il ne l'écoutait pas davantage, mais contentait ses désirs ; et cela fait, il s'en alla. Après trois mois, il annonça, à Jochanan, que sa femme grossissait du ventre. Fort effrayé de cette nouvelle, Jochanan alla vers Siméon Schetachidès, son maître, et lui ayant tout raconté, il demanda ce qu'il devait faire. Le précepteur répondit : Soupçonnezvous quelqu'un décela.'^ Je ne soupçonne, dit Jochanan, que Joseph Pandéra, qui est un libertin de profession et qui demeure près de chez Mirjam. Le précepteur lui dit : mon fils, suis mon conseil et tais-toi. Car s'il s'est servi d'elle, une fois, il est impossible qu'il ne veuille en jouir encore. Sois donc attentif, procure-toi des témoins et accuse-le, devant le Grand Sanhédrin. Le jeune homme retourne chez lui le cœur navré. Lorsqu'il fut évident aux yeux de tous que sa femme était grosse, Jochanan pensa en lui-même: tout le monde dira que la grossesse est de mon fait. La honte qu'il en éprouva fut si forte qu'il quitta la Judée et se rendit en Babylonie où il s'établit.
Mirjam accoucha d'un fils, et le nomma Jehosschua, du nom de son oncle ou de son propre frère maternel : Les Juifs changèrent depuis ce nom en celui de Jeschu, voulant signifier par là, qu'il méritait que sa mémoire périt à jamais.
" Les Chrétiens ont fait, dit de Potter\ à qui j'emprunte cette traduction des textes, tout ce qu'ils ont pu pour expliquer dans leur sens l'histoire de Pandéra ou Panther, père de Jésus. Selon St. Epiphane, Jacques, surnommé Panther, était père de Clopas (Cléophas) et Joseph, père putatif de Jésus. Saint Jean Damascène au contraire, fait descendre Marie elle-même de Panther, qui avait eu pour fils Bar-Panther, père de Joachim, le père de Marie. "
^ Membre de la Constituante Belge, trop oublié par ses concitoyens.
Mais allez donc chercher la vérité dans ce brouillard de légendes.
Jeschu croissait en âge, Mirjam lui donnapour maître Elchanan...
Ce nom ne correspond pas avec celui des Evangiles dits apocryphes.
et l'enfant faisait de grands progrès, car il était
doué de beaucoup de moyens intellectuels. Il arriva une fois qu'il passa à côté des sénateurs du Sanhédrin de Jérusalem. C'était l'habitude que quiconque rencontrait ces sénateurs, se découvrît la tête, se courbât et, fléchissant le genou, les saluât humblement. ' L'enfant marcha devant eux, se découvrit la tête et se frottant le front, ne salua que son précepteur. Alors tous se mirent à dire : D'où lui vient cette impudence } il faut bien que ce soit là un fruit de l'adultère. L'un d'eux ajouta : En efl^et, il est fils d'adultère et d'une femme menstruée.
L'illégitimité de la naissance de Jeschu s'étant ainsi découverte, il fut déclaré indigne de la société du peuple saint. Réduit au désespoir par cette mesure, il prit le parti de se mettre audessus de sa destinée. A cette époque, le nom ineffable de Dieu était gravé au temple, sur une des pierres de la voûte. Le roi David, en creusant les fondations, avait trouvé, recouvrant l'ouverture de l'abîme, cette pierre sur laquelle se lisait le nom de Dieu, et il l'avait déposée au Saint des Saints. Comme les sages craignaient que les jeunes gens studieux n'apprissent à connaître ce nom, et ne le divulguassent (que Dieu empêche ce malheur 1) par le monde, ils fabriquèrent deux lions de bronze . enchantés qu'ils placèrent à l'entrée du Saint des Saints, l'un à droite, l'autre à gauche. Si quelqu'un entrait et apprenait par cœur le nom mystérieux, les lions rugissaient avec liii à sa sortie, et lui causaient une frayeur si grande que les mots lui sortaient
de la mémoire et qu'il oubliait tout ce qu'il s'était proposé de retenir. Or comme le bruit s'était répandu qu'il était un bâtard, Jeschu ayant quitté la Galilée supérieure, se rendit secrètement à Jérusalem. Il entra au temple, y apprit les saintes lettres, écrivit le nom ineffable {shem hamephorasch) sur du parchemin, et l'ayant prononcé pour ne pas sentir de douleur, il se fit une entaille dans sa propre chair et y cacha le parchemin précieux : il prononça ensuite le même nom, et la chair se referma d'elle-même. Il fallait qu'il fût entré au temple à l'aide de la magie et des enchantements, sans quoi comment supposer que les prêtres saints, enfants d'Aaron, eussent permis qu'il en franchît le seuil } Il est donc évident que c'est au moyen de mots impurs et de l'art magique qu'il fit toutes ces choses. Lorsqu'il sortit, les chiens aboyèrent et lui firent oublier le nom qu'il avait su....
N'est-elle vraiment pas absurde cette histoire !
..... Mais, hors de la ville ayant ouvert sa chair, il en retira l'écrit et apprit de nouveau le saint nom. Cela fait, il se donna en tous lieux pour le Messie, fils d'une vierge, s'appliqua toutes les anciennes prophéties juives, fit des miracles, guérit des lépreux et ressuscita des morts, toujours en prononçant le nom de Dieu.
Le Sanhédrin ayant appris ces choses, envoya vers Jeschu. Mais celui-ci joua hardiment son rôle, au point qu'il rentra à Jérusalem avec les députés et comme en triomphe. Il fut alors accusé devant la reine Oleina ou Hélène, veuve régente de Jannée et mère du roi Hircan
Il y a ici une erreur : Alexandre Jannée avait eu pour femme Alexandra, mère d'Hircan et d'Aristobule. Hélène, femme de Monobaze, fut reine des Adiabènes, et embrassa le judaïsme avec Monobaze et Itoze, ses fils. ^
^ Flavius Josèphe : " Antiquités judaïques et Guerre de Judée. "
Tout ceci prouve la fausseté de cette histoire dont Tunique but était de ruiner celle des Chrétiens.
Mais Jeschu la séduisit par ses prodiges et gagna sa
confiance.
Alors Judas Scariot, un des sages du Sanhédrin, se proposa de le vaincre par ses propres armes. Si vous consentez, dit-il, à ses collègues, de prendre sur vous le péché que je commettrai en prononçant le nom immense, j'irai m'en instruire: il est possible que Dieu dans sa miséricorde et sa grande bonté, me soit favorable et qu'il livre en mes mains ce fils de l'adultère et d'une femme menstruée. Tous s'écrièrent à l'envie : Que ce péché soit le nôtre ; toi, aie bon courage, etque ton succès soit complet! Judas fit comme avait fait Jeschu, et il réussit de même. Il put dès ce moment paraître devant la reine, et il y fit assaut avec Jeschu de grossièretés et de miracles...
Deux choses qui vont bien ensemble ! Et cela encore à la cour d'une reine !
Cette lutte se termina par une espèce de combat dans les airs, où, étant tous deux possesseurs du mot qui leur donnait une puissance égale, la victoire fut longtemps disputée. Elle l'aurait été indéfiniment, si Judas ne s'était avisé de répandre ses excréments sur son antagoniste et sur lui-même ; (sic) tous deux alors étant devenus immondes, ils tombèrent à terre : le shem hamephorasch leur était devenu inutile jusqu'à ce qu'ils se fussent purifiés par une ablution. Les sages profitèrent de cette suspension de la vertu miraculeuse de Jeschu pour le condamner à mort. Mais ses disciples l'ayant fait fuir, il se lava dans le Jourdain et reprit le don d'opérer des prodiges. Alors Judas se mêla à ses disciples mêmes, et il trouva le moyen d'enlever le parchemin sur lequel le nom de Dieu se trouvait écrit, pendant que Jeschu
dormait. Celui-ci ne doutant plus de ce qui allait arriver, prédit sa mort à ses disciples et les exhorta à la constance ; il leur fit jurer de ne pas le trahir. Ce fut Judas qui se chargea de le désigner aux prêtres. Demain, leur dit-il, Jeschu se rendra au temple pour offrir la victime pascale, accompagné de deux mille hommes habillés entièrement comme lui. J'ai fait serment par les dix commandements que je ne vous le livrerais pas entre les mains. Préparez- vous ; car sachez que celui devant lequel je me prosternerai et à qui je rendrai les honneurs sera précisément le bâtard.
On lit ici la flagellation de Jeschu, son couronnement d'épines, son jugement par le petit et le grand Sanhédrin, lesquels prononcèrent la sentence qui le condamnait à être lapidé et pendu. — Dans Raymond Martin, Jeschu est crucifié sans lapidation préalable.
. . . Mais il n'y avait pas de bois qui pût le soutenir ; tous ceux qu'on employait, se rompaient incontinent. Ses disciples pleuraient à ce triste spectacle, et étaient plus que jamais convaincus de l'innocence de leur maître. Ils ignoraient que Jeschu avait enchanté toute espèce de bois lorsqu'il disposait encore du nom puissant de Dieu. Judas dit alors aux prêtres sages : J'ai dans mon jardin, une grande tige de chou ; je vais aller la prendre dans l'espoir qu'elle soutiendra le cadavre. Les prêtres sages répondirent : Va et fais ce que tu promets. Judas courut en grande hâte et il apporta la tige à laquelle on pendit Jeschu... ce qui, dit le rédacteur, n'est pas extraordinaire, une tige de chou croissant chaque année dans le sanctuaire, laquelle donne cent livres de graines. — Il faut après cela l'enterrer à la place même où il avait été lapidé, ainsi que la loi l'ordonnait ; et ses disciples vinrent pleurer sur son tombeau. Cela fit prendre à Judas la
résolution d'enlever le corps, qu'il enterra dans son jardin sous un conduit d'eau dont il détourna le cours jusqu'à ce qu'il eût terminé son opération. Les disciples de Jeschu ne l'ayant pas trouvé, le crurent monté au ciel. La reine exigea que les prêtres le reproduisissent, à moins qu'on ne voulût avouer qu'il était monté vers son Père au haut des cieux, comme il l'avait lui-même prédit. Elle menaça même de les faire tous mourir s'ils n'obéissaient dans les trois jours. La nation juive tout entière s'imposa un jeûne solennel pour détourner l'effet de ses menaces. Mais Judas en ayant été informé, révéla ce qu'il avait cru devoir faire par excès de précaution. On déterra alors le cadavre ; et attaché à la queue d'un cheval, on le traîna devant la reine qui demeura confondue. Ce fut pendant que le cadavre était traîné de cette manière, que la chevelure se détacha du crâne. Voilà pourquoi les moines chrétiens se rasent les cheveux au haut de la tête : ils gardent ainsi la mémoire de ce qui est arrivé à Jeschu.
Selon une autre version juive, Jésus disciple de Jean appelé Baptiste, eut lui-même un disciple qu'il surnomma ^^ Képhas " ou Pierre, à cause de la dureté de son intelligence. Ce Jésus fut pendu comme magicien, et enterré auprès d'un aqueduc dont les eaux entraînèrent le cadavre. Pilate alors le crut ressuscité et ordonna aux Juifs de l'adorer sous peine de l'enfer.
Le résultat de toutes ces polémiques autour de la personnalité de Jésus fut que la haine entre Nazaréens et Juifs devint telle, que lorsqu'un Juif rencontrait un Nazaréen, il le tuait. Cela dura trente ans, paraît-il, et l'on vit alors les Nazaréens au nombre de dix mille empêcher les Juifs de se rendre aux fêtes de Jérusalem. Mais voici la suite du " Toldos Jeschu " ;
Cependant la nouvelle religion prenait chaque jour de l'accroissement et se répandait au loin. Douze hommes, tristes enfants
d'un déplorable père parcourant les douze royaumes, répandaient de fausses prophéties parmi les hommes. Quelques Israélites les écoutèrent ; car c'étaient des hommes d'une grande autorité ceux qui confirmaient ainsi la Religion de Jeschu dont ils se disaient les apôtres, et ils finirent par se faire suivre par une foule très considérable. Les prêtes en furent à la fois affligés et indignés : ils prièrent Dieu avec ferveur d'avoir pitié d'eux et de détourner le fléau qui les menaçait tous. A peine avaient-ils fini cette prière qu'un des sénateurs, homme d'un âge mûr, appelé Simon Képha et versé dans l'art des inspirations, se leva. 11 promit de les tirer de peine, pourvu qu'ils se chargeassent du péché qu'il serait dans le cas de devoir commettre. Ils le firent avec empressement ; et Simon étant allé prendre le nom de Dieu comme avait fait Jésus lui-même, il se donna partout pour un envoyé de celui-ci et prouva sa mission par d'éclatants miracles. Les disciples de Jeschu jurèrent d'obéir à Simon. Celui-ci alors leur prescrivit un ordre de fêtes et de cérémonies tout particulier, et il leur commanda d'épargner les Juifs qui devaient éternellement porter témoignage de la lapidation et de la pendaison de leur maître. Jésus, leur dit-il, a souffert de grands tourments et jusqu'au supplice pour nous sauver de la géhenne ; maintenant il vous défend par ma bouche de faire le moindre mal à un Juif. Si un Juif demande à un Nazaréen de l'accompagner pendant un mille, le devoir de celui-ci est de l'accompagner deux milles ; et si le Juif le frappe sur la joue gauche, il doit lui présenter sa joue droite. Ainsi les Juifs jouissant dans cette vie de leurs oeuvres, seront punis pendant l'autre en enfer. Les Nazaréens en firent le serment, à condition toutefois que Simon demeurât avec eux. Il y consentit ; mais il exigea qu'ils lui bâtissent une tour au milieu de Jérusalem où ils le nourriraient du pain et de l'eau de misère jusqu'à sa mort. Cela étant convenu, Simon continua à servir le Dieu de ses pères, celui d'Abraham, d'Isaac et de Jacob ; il composa aussi un grand nombre de poèmes qu'il répandit dans toute la Judée afin
qu'ils éternisassent sa mémoire : tous furent préalablement communiqués à ses maîtres. Simon resta six ans dans cette tour, après quoi il mourut ; selon ses désirs il y fut enseveli. Les Nazaréens élevèrent ensuite à la même place un monument honteux, et la pierre sur laquelle Simon fut assis jusqu'à son dernier moment, se voit encore aujourd'hui à Rome, où on l'a nommée " Peter ", c'est-à-dire " pierre ". Après la mort de R. Simon Képha, se présenta un certain Elie, homme savant qui obéissant à son esprit corrompu et corrupteur, se rendit à Rome et y dit publiquement : Sachez que Simon Képha vous a trompés ; car c'est à moi que Jeschu a confié les ordres qu'il voulait vous soumettre.
Va, m'a-t-il dit, et annonce-leur : Que personne ne doit me croire infracteur à la Loi. Que quiconque veut être initié par la circoncision, obéisse à sa conscience ; que ceux au contraire qui refusent de s'y soumettre soient plongés dans de l'eau bourbeuse et que s'ils se refusent même à cette cérémonie, ils ne craignent rien pour cela. Cet Elie institua l'observation des dimanches substitués au sabbat. Le peuple lui demanda un signe non équivoque de la réalité de sa mission. Il répondit : Quel prodige voulez-vous } A peine avait-il proféré ces paroles qu'il tomba du ciel une pierre d'une grosseur énorme qui lui écrasa la tête. Ainsi périssent Seigneur, s'écrie ici le biographe de Jeschu, ainsi périssent tes ennemis ! Mais que ceux qui t'aiment véritablement soient comme le soleil dans sa grande spendeur.^
Il va de soi que cette histoire n'est qu'un pamphlet juif présenté sous forme de légende, mais de la comparaison des différents textes entre eux, il n'est pas impossible qu'on ne trouve, un certain jour, un rayon de lumière. Dans tout mensonge, il y a un fond de vérité; il s'agit de le découvrir.
^ De Potter. " Histoire du Christianisme. "
Le Christ en croix d'après une peinture de Sainte Marie antique
" L'Histoire de Jeschua de Nazareth " n'est pas plus mx2\.^ç,vs\- Histoire de
blable que le récit du " Toldos Jeschu. " Il est cependant bon ^'^ ^"^ J d'en connaître le résumé. Le voici :
Du temps du roi Hérode le Prosélyte, vivait Miriam, de la tribu de Benjamin, coiffeuse, femme de Papus, qui jaloux de sa rare beauté et craignant la légèreté de son caractère, la tenait enfermée chez lui et cachée à tous les yeux. Le jour du jeûne de l'expiation, le scélérat Joseph Pandéra, le Nazaréen, la sachant seule à la maison, l'appela de la rue, l'enleva par la fenêtre, la mena de Jérusalem à Bethléem, et y coucha avec elle, le jour même de l'expiation. L'année suivante, Miriam mit au monde un fils qu'elle nomma Jeschua, le Nazaréen. Après lui, elle eut encore d'autres fils et d'autres filles.
Cette aventure n'avait point fait de bruit, lorsqu'un Hiérosolymitain qui se trouvait à Bethléem reconnut Miriam, et à son retour chez lui découvrit sa retraite, à, Papus qui se. hâta de dénoncer Miriam à Hérode. Dès qu'il en eut été instruit, Joseph prit la fuite et se retira en Egypte avec sa maîtresse et ses enfants. Hérode, qui l'ignorait, ordonna de massacrer tous les enfants de Bethléem.
Bientôt la famine qui désolait l'Egypte força Joseph à aller s'établir avec sa famille à Nazareth, sous des noms supposés. Jeschua fut envoyé à Jérusalem pour s'instruire ; il fut confié aux soins d'un célèbre rabbin sous lequel il fit des progrès prodigieux.
Jeschua, jouant à la paume avec les enfants des prêtres, auprès du temple, perd sa balle et, tout en colère, jette son bonnet à terre en pleurant. Ses camarades lui font observer que cette action n'est pas permise, il répond que Moïse ne l'a pas défendue. Sur ces paroles, on ne sait trop pourquoi^ les rabbins qui se trouvaient là présents déclarèrent que Jeschua avait été conçu par une femme menstruée, qu'il était un enfant illégitime et adultérin.
Le rabbin Akiba va trouver Miriam, lui demande la vérité, et
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" L'Histoire de Jescliua de Nazareth " n'est pas plus vraisem- ///V/^/'r.' ^A;
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blable que le récit du " Toidos Jeschu. " Il est cependant bon • *''' '"^' ^^'
d'en connaître le résumé. Le voici :
Du temps du roi Hcrodc le Prosélyte, vivait Miriam, de la tribu de Benjamin, coiffeuse, femme de Papus, qui jaloux de sa rare beauté et craio-nant la lé"-èreté de son caractère, la tenait enfermée chez lui et cachée à tous les yeux. Le jour du jeûne de l'expiation, le scélérat Joseph Pandéra, le Nazaréen, la sachant seule à la maison, l'appela de la rue, l'enleva par la fenêtre, la mena de Jérusalem à Bethléem, et y coucha avec elle, le jour même de l'expiation. L'année suivante, Miriam mie au monde un fils qu'elle nomma Jeschua, le Nazaréen. Après lui, elle eut encore d'autres fils et d'autres filles.
Cette aventure n'avait point fait de bruit, lorsqu'un Hiérosolymitain qui se trouvait à Bethléem reconnut Miriam, et à son retour chez lui découvrit sa retraite à Papus qui se hâta de dénoncer Miriam à Hérode. Dès qu'il en eut été instruit, Joseph prit la fuite et se retira en Eo-ypte avec sa maîtresse et ses enfants. Hérode, qui l'ignorait, ordonna de massacrer tous les enfants de Bethléem,
Bientôt la famine qui désolait l'Egypte força Joseph à aller s'établir avec sa famille à Nazareth, sous des noms supposés, .Jeschua tut envoyé h. Jérusalem pour s'instruire ; il fut confié aux soins d'un célèbre rabbin sous lequel il fit des progrès prodigieux.
Jeschua, jouant à la paume avec les enfants des prêtres, auprès du temple, perd sa balle et, tout en colère, jette son bonnet à terre en pleurant. Ses camarades lui font observer que cette action n'est pas permise, il répond c|ue Moïse ne l'a pas défendue. Sur ces paroles, on ne sait trop pourquoi^ les rabbins qui se trouvaient là présents déclarèrent que Jeschua avait été conçu par une femme menstruée, qu'il était un enfant illégitime et adultérin.
Le rabbin Akiba va trouver Miriam, lui demande la vérité, et
jure, de bouche, non de cœur, dit la narration, que bien loin de lui nuire, sa confession sincère lui méritera la gloire éternelle. Miriam avoue tout. Akiba retourne à Jérusalem, fait raser et rendre à jamais chauve le jeune Jeschua pour le distinguer des enfants légaux d'Israël.
Ne respirant que la vengeance, Jeschua va trouver Miriam, et feignant un violent mal de dents, lui fait accroire qu'il ne saurait être guéri qu'en suçant les mamelles de sa mère, passées entre la porte et son chambranle
Lorsque nous lisons aujourd'hui de pareilles histoires nous ne pouvons nous empêcher de nous demander quelle devait être la mentalité, et de celui qui les racontait et celle de ses auditeurs. Mais poursuivons ;
Miriam se prête aux desseins
de son fils, qui serre la porte, et force sa mère par la douleur à confesser son premier mariage qu'il avait ignoré jusqu'alors, ses adultères et sa propre naissance illégitime. 11 tue son père Joseph et fuit en Galilée.
Jeschua, méprisé par les Juifs, les quitte et va expliquer à d'autres les Ecritures à sa manière. Il faut des disciples dont il change les noms, en ceux de Pierre, Matthieu, Luc, Marc et Paul ; Jean se joint à eux et conseille à Jeschua de faire laver la tête à tous ses disciples avec de l'eau épilatoire, ce qui leur fait tomber les cheveux et les rend chauves comme leur maître.
Accusé devant Hérode, Jeschua et ses disciples fuient dans le désert. Jean seul est pris et décapité. Jeschua fait beaucoup de miracles par la vertu du nom immense (celui de Dieu) qu'il connaissait, entre autres miracles de passer l'eau sur une pierre à moulin. Il se donne pour un Dieu, fils de Dieu et né, par le front d'une vierge qui avait conçu du Saint-Esprit. Il ordonne d'en-
freindre la Loi de Moïse qui, disait-il, était abolie, les mille générations assignées à sa durée par le roi David étant écoulées. Tous les Juifs qu'il réussit à convaincre se font un devoir de violer le Sabbat.
Judas, fils de Zacharie, s'offre aux rabbins pour trahir Jeschua : il se fait recevoir au nombre de ses disciples.
Suivent les contes les plus puérils dont voici un échantillon :
Jeschu et ses disciples arrivent à une auberge où il n'y a rien à manger qu'une oie. Jeschua propose que celui d'entre eux qui fera le rêve le plus glorieux l'aura le lendemain matin à son déjeuner. Judas se lève pendant la nuit et la mange ; et les frais d'imagination de Jeschua et de Pierre pour composer des rêves sont perdus.
Ici commence la mission de trahison de Judas :
Judas persuade Jeschua qu'il n'a rien à craindre à Jérusalem, s'il y loge chez un Juif qu'il désigne et qu'il dit être le frère du beau-père de Jeschua (celui-ci avait épousé la fille d'un juge du désert) ; il lui fait boire de l'eau d'oubli, afin qu'il perde tout moyen de se soustraire à ses ennemis qu'il aurait pu foudroyer en prononçant le nom immense.
Jeschua se laisse tromper sans se douter de rien, continue à prêcher l'abolition de la Loi des Juifs, annonce sa mort prochaine et sa résurrection, et s'applique les anciennes prophéties.
Il fait de nouveaux miracles en présence des satellites d'Hérode; il soupe avec eux, boit encore de l'eau d'oubli et est emprisonné. Le peuple, par ordre d'Hérode, lapide ses disciples, et rend grâce à Dieu qui lui a permis de commettre ces assassinats.
Jeschua est tenu en prison pendant six mois. Hérode consulte le Petit Sanhédrin de Worms qui est d'avis qu'il faut laisser vivre Jeschua. Mais Hérode et les sages en jugent autrement :
ils le font sacrifier comme le peuple le demandait. Judas descend le corps de la croix et l'enterre dans une fosse d'aisance au fond de son jardin.
Les disciples du désert font la guerre aux Israélites pour venger la mort de leur maître, et massacrent deux mille hommes. Le bruit se répand de la résurrection et de l'ascension de Jeschua. Judas écrit à ceux du désert de venir voir le cadavre dans ses latrines. Ils le voient, mais de retour au désert, ils disent le contraire et même annoncent la chute d'Hérode et des sages, et enflamment par là le courage de leurs frères.
Les Israélites continuent à se faire battre. Les sages envoient Siméon, oncle de Jeschua à ceux du désert, après lui avoir communiqué le nom immense pour qu'il opère des prodiges et obtienne la cessation de la guerre. Siméon arrive sur un nuage et donne des lois à ceux du désert qu'il trompe en abusant du nom de Jeschua pour, les détourner de leurs projets de vengeance.
Il compose les Evangiles et l'Apocalypse et y fait entrer sous le voile de l'allégorie des choses fort injurieuses à Jeschua. Il institue le baptême des enfants, en mémoire de l'eau épilatoire, et se retire à Jérusalem. Hérode meurt. Son fils apprend que ceux du désert avaient converti en idoles les images de Jeschua et de sa mère ; il leur ordonne de les détruire. Miriam meurt. Le roi la fait enterrer au pied de la croix de Jeschua, fait pendre les frères et les sœurs de celui-ci et ériger un monument pour perpétuer leur honte. Les parents de Jeschua le renversent et en élèvent un autre dans un but opposé. Le roi ordonne le massacre de cent d'entre eux et la destruction de leur monument. Siméon d'accord avec le roi, invite ceux qui restaient des parents et alliés de Jeschua à se rendre avec lui au désert. 11 les place sur son nuage ; puis chemin faisant, il les précipite à terre et les tue. Cette action d'éclat lui vaut les bonnes grâces du monarque jusqu'à sa mort. — Les Chrétiens observent depuis lors la Loi que Siméon leur avait prescrite et crurent en son évangile.
Aces légendes, les premiers Chrétiens répondent par des légendes nouvelles. L'imposture ne connaît bientôt plus de bornes. Les Evangiles naissent l'un après l'autre. Jésus devient une sorte de magicien qui n'a plus rien d'Israélite. On lui attribua des livres de magie adressés, disait-on, aux apôtres Pierre et Paul. Vers cette époque s'écrivit une " Histoire du Qombat apostolique d'oAhdias ", évêque de Babylone, (Vieux , Caire) en dix livres, et c'est encore alors que parut le " Livre Livre d'oAdam " ou " Qo^e Nazaréen " dont voici le commence- ^'^<^^^' ment :
Au nom de la vie so.uveraine, merveilleuse, excellente, qui est au-dessus de tous les Eons.
Que la santé, la pureté et la rémission des péchés soient accordées je vous prie à moi, Adam-Zouhroux-bar-Scharat, à mon père, lahia-baktiar-bar Anhar-Iasmin,à ma mère Scharat-fat Anhar, à ma femme Moudalal-fat-Scharat, à mes enfants Adam, Behram, Semat-Adam-Zouhron, Sam et Baïam, fils de mon épouse Moudalal, à mes frères Mehatam-bar-Scharat, Ram-bar Anhar et Adamlouhanna-bar-Anhar-Iasmin. que l'évangéliste de la vie ouvre à ces noms la maison du trésor et qu'en annonçant aux hommes la bonne doctrine^ il vienne en aide à ceux qui mettent leur confiance dans le nom de la vie, auront sur la terre observé ses commandements et mérité par là de voir consacrer à jamais leur mémoire. Que tous ses disciples donc, que les mandaïtes surtout^ qui instruits déjà des préceptes, ont été dociles observateurs des paroles de la vie ^, de la VIE PREMIÈRE demandent pardon de leurs fautes. Car ce n'est qu'avec un cœur pur que l'on peut vous honorer, ô mon Dieu, vous qui êtes le Seigneur et Maître de toutes les créatures. On doit sans doute vous adorer à genoux ; on doit chanter haut
^ On se rappellera que le symbole de la vie éternelle était la croix ansée. Voir illustration à la fin des Appendices.
VOS louanges, mais votre culte, ô grand Dieu, grand et suprême, est avant tout un culte en esprit et en vérité. ^
Evangiles TT e nombre des Evangiles, dits apocryphes, est indétermipocryp m j ^ ^able. lï y a là toute une littérature des plus intéressante.
Plusieurs de ces récits nous sont restés, soit en entier, soit en
partie, le reste est perdu ou a été détruit par des sectes concurrentes. Voici les titres des principaux livres dont nous savons
quelque chose :
La " 'Œ^istis Sophia " dont je donnerai plus loin un extrait.
Le Livre du Logos en chaque Mystère.
Le Livre des Invisibles divins.
Le Livre des Artifices de Simon le Magicien.
Les Actes de St. Barnabas.
L'Evangile de St. Barnabe.
L'Evangile de St. Barthélémy.
UEvangile de Carpocrate.
Le Livre d'Hermès, fou Hermas).
L'Evangile des Egyptiens.
L'Evangile des Encratites.
Le Livre des Récompenses du Paradis et des tourments de l'EnJer.
L'Evangile d'André.
L'Evangile de Thaddée.
L'Evangile de ^Matthias. (pseudo-Matthieu) .
L'Evangile de Pierre, qui fut trouvé en 1 8 8 6 en Egypte, et ne contient que le récit de la Passion et de la Résurrection.
L'Evangile de Jacques le Mineur, frère du Christ. (.?)
* Traduction de l'Abbé Migne : Dictionnaire des Apocryphes.
U 'Evangile de 'Judas.
L'Evangile de Thomas.
L'Evangile de 'Philippe.
L^ Evangile des douze Apôtres.
L'Evangile de Nicodeme.
L'Evangile de Joseph d'Arimathie.
L'Evangile de la Descente de Croix et de la Mort de éMarie par Jean PEvangé liste.
L'Evangile de la Naissance de Jésus et de éMarie, sage-femme.
L'Evangile de l'Ascension de St. Paul.
L'Evangile de Basilides.
L'Evangile d' Appelles.
L' Evangile des Hébreux, ou selon les apôtres, ou des Nazaréens et Ebionites.
L'Evangile des Marcionite%.
L'Evaîîgile des Basilidiens, peut-être le même que celui de leur chef Basilides.
L'Evangile de la Perfection des Gnostiques.
Le Livre des quatre Qoins du SMonde des Simoniens.
L'Evangile de la Vérité des Valentiniens.
Le Trésor ou L' Evangile vivant des Manichéens.
Les Gnostiques prétendaient posséder en outre : Les Révélations d'Adam, l'Evangile d'Eve, Les Traités de Seth, Le Livre de l' Accouchement de éMarie ainsi que ses Grandes et petites Interrogations. Dans ces premières, se lisaient les détails de la découverte de sa turpitude devant l'autre Marie, la dégustation de la semence, etc.
Les Séthiens produisaient les œuvres de Seth, que j'ai déjà
citées.
Les Caïnites possédaient les œuvres de Judas, une Apocalypse d' Abraham, une Apocalypse de éMoïse et U Ascension de St. Paul, livre déjà cité.
Basilidès vantait les Prophéties de Barcoph, les Prophéties de Barcabbas et les 'Prophéties de Pham.
Les Nicolaïtes avaient le Livre d'Ialdabaoth, qui devait être très obscène, d'après ce que nous en disent les commentateurs du temps.
Les priscillianistes conservaient les ^EMémoires des tApôtres où se trouvaient l'ordre de Dieu d'abolir la Loi juive ancienne, et un hymne, qui disaient-ils, avait été chanté par Jésus, à la dernière scène.
Les quarto-décimanes étaient en possession des soi-disant (iActes de dilate.
Ajoutons encore à cela :
U Histoire évangélique de St. Jacques le Majeur. UEvaîigile des <^iracles de yésus.
U Evangile de la Passion.
U Evangile de la Résurrection.
Ll Itinéraire de lierre-apôtre par St. Clément. Les Actes de F Apôtre André.
Les Actes par P Apôtre 'Philippe.
Les Actes par P Apôtre Pierre.
L! Apocalypse de r Apôtre Pierre, ti'ouvèQ en Egypte en 1892» Les Actes par F Apôtre Thomas.
Les Evangiles de Lucien.
Les Evangiles d'Hésychius.
Le Livre de Leuticius [Leucius).
Les <îÂctes de The de et de P Apôtre Paul.
La Révélation de Thomas^ r<iÂpâtre.
La 'Œ(évélatîon de T^aul^ Pd/Êpâtre.
La 'Œ(évélation d'Etienne.
L'Oracle des apôtres.
Les Louanges des ^Apôtres,
Les Canons des (tApotres.
LJLpître de Jésus au roi (idbgare.
La Lettre de Jésus tombée du Ciel^ dont Licinianus parle au
IV^ siècle.
Le Livre du Passage de Sainte SMarie, Le Livre du 'Passage de la très sainte Vierge éMere de T)ieu^
attribué à Méliton, évêque de Sarde, qui aurait vécu au
ir siècle.
Les 'Discours de St. Jean sur la 'Œ^ésurrection de la Mère de Dieu.
Les Fragments relatifs à V Enfance^ à la Jeunesse de Marie et a sa Vie que Jésus raconte a ses aApâtres, aux Discours qu'elle adresse à Elisabeth lors de la Visitation, à sa éMort, à l'Enfance de Jésus qui apprend ses Lettres et commente en présence de ses éMaîtres un Passage d'Isaïe, publiés dans le " Journal des Asiatiques " par Résillout (io° série, t. IL N° i). Les Dialogues du Seigneur et de Salomé.
A cela nous devons encore ajouter la " Didakhé", ou " l'Enseignement des douze aApotres " retrouvé en 1875 après avoir été perdu pendant plusieurs siècles, par Mgr Bryennos, dans la Bibliothèque du Couvent du St-Sépulcre, à Constantinople, et publié par lui en 1883.
Les Lettres de la Ste. Vierge aux Habitants de Messine et de Florence.
La Réponse de la Ste. Vierge a St. Ignace., parue en 1495
comme suite à une Histoire de la Vie de St. Thomas de Caiitorbéry.
Le Fragment d'Evangile, trouvé à Vienne par Bickell.
Puis V apocalypse de Ccecilius^ trouvée en Espagne vers 1595 et gravée sur des lames de plomb. Celle-ci fut condamnée par les papes Urbain VIII en 1621 et Innocent XI, en 1682.
ha Vie du Saint Issa le meilleur des Fils des Hommes, rapportée du Thibet par Nicolas Notovitch. Il est possible que ce roman ait été importé dans ce pays par des mahométans, la forme " Issa " donnée au nom de " yésus " ressemblant beaucoup à " Ischa " du " Coran "
— J'attire encore l'attention de mes lecteurs sur le grand nombre d'orthographes différentes du nom du Christ. —
Quoique l'on ait qualifié tous ces Evangiles: '''• <L/îpocryphes^\ c'est en réalité des légendes dont ils se composent qu'on a tiré les Evangiles canoniques, les Spîtres et V ^Apocalypse de St. Jean.
Je ne discuterai pas la valeur des Spîtres de St. Paul, reconnues fausses par le professeur Loofs. '
Quant aux " oActes des apôtres ", les contradictions au sujet de la vision de Paul prouvent que c'est un nouveau roman écrit par plusieurs autres imposteurs, probablement à Antioche. Ce qui nous est resté de Celse, Eunape et Julien, semble venir confirmer ce fait.
Jacques le Dans ce cas l'hypothèse et les affirmations par lesquelles on Mineut, egsaie de nous faire croire que Paul aurait connu Jacques, dit
frère du ^ ^ ...
Christ, le Mineur, frère du Christ, ne résistent pas à la critique rationnelle. Il est donc inutile de nous y arrêter.
Nous avons d'ailleurs un évangile de, ce personnage d'intérêt
' Voir article " Paul " : Encycloficedia Biblica. .
secondaire, ou du moins un évangile qui lui est attribué, mais qui n'a pas plus été écrit par lui qu'il n'y a de preuves de son existence.
Un passage d'Eusèbe, qui nous le dépeint dans son " Histoire de r Eglise ", II, XXIII, est en contradiction avec la logique :
// était saint dès le ventre de sa mère ; il ne but jamais ni vin, ni liqueur fermentée et ne mangea, durant toute sa vie, que des légumes. Jamais le rasoir ne passa sur sa tête ; il ne s'oignait point d'huile et ne se baignait jamais. A lui seul, il était permis d'entrer dans le lieu saint ; il était vêtu de lin. On le rencontrait seul dans le temple, à genoux, demandant pardon pour le peuple \
Malheureusement ce Juif parfait ignore tout ce qui touche Protèvanà la religion juive. Dans son Evangile, ce passage seul témoigne ^^^^ ^^ contre lui. Voici ce que nous lisons dans le " Protévangile de yacques " ;