ÇAKYA-MOUNI
temps-là, le bienheureux bouddha séjournait... " en tel ou tel
endroit. Le Bouddhisme serait né à Kapilavatthou, ville de
Kapila, le fondateur de la philosophie Sankhya. Le roi Açôka
érigea dans le jardin Loumbini où naquit le grand philosophe,
une colonne portant cette inscription : " Ici est né le bouddha,
le Sage de la race des Çâkyas, etc. " Açoka fut pour le Boud- jçoka
dhisme, ce que Constantin fut pour le Christianisme. De son
vrai nom Bouddha se serait appelé Gôtama ou Çâkya-Mouni,
ce qui veut dire " rHermite " de la famille de Çâkya. On n'est
pas fixé sur la date de sa naissance, que quelques-uns placent
vers l'an 480 avant J. C, d'autres 520 ans avant J. C. Il serait
très difficile de donner une affirmation incontestable à ce sujet.
Vers la même époque, aurait prêché Mahâvîra, " le grand
homme '\ dit Jina " /(? Victorieux '\ qui fut peut-être po^^ jina le Fk-
Bouddha, ce que fut Jean le Baptiseur ou St. Jean-Baptiste torieux
pour le Christ.
Gôtama était fils du roi Suddhôdama de la race des Çâkyas et sa mère Maya, mourut sept jours après sa naissance. Il^e maria et eut un fils. Après une vie assez dissolue, il rencontra, sur sa route, un moine qui le convertit à la méditatiton. Il avait alors vingt-neuf ans. Un jour, qu'il était assis sous un figuier, il se sentit inspiré. Il parla contre les dieux, dont il nia l'existence et la puissance, et se mit à prêcher l'altruisme. Il réunit autour de lui des apôtres ou " blikchous ", c'est-à-dire des moines, et leur recommanda la chasteté et la pauvreté. Il ^'^'^es dT mourut vers 40 ans, dit on, d'une indigestion de riz et de porc. Bouddha Ses reliques furent partagées entre ses disciples. Ceux-ci réunirent sa doctrine qui forme les trois " Corbeilles " ou " '^itakas ", à savoir la " Vinaya-Pitaka " traitant de la
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discipline ; la " Sutta-FUaka ", des instructions, et " Ptâhhidhamma-Pitaka ", des questions métaphysiques. ^ Bouddha, malgré son enseignement, ne tarda pas à devenir dieu luimême. Sa personne devint un mythe et sa naissance est ainsi rapportée dans le Lalita-Vistara " :
Naissance Le temps froid étant passé, au mois Vâiçaka, (avril-mai),
de Bouddha quand est revenue la constellation Viçakha, iuste au moment du
se on e Printemps, la plus belle des saisons, toute remplie des feuilles
Lahta-VtS- . 111 , ^^^, ^ n ^ i i ii
^^^^ des plus beaux arbres, toute emaillee des fleurs les plus belles,
quand il n'y a ni froid ni chaud, ni brouillard ni poussière, quand le sol de la terre est couvert d'un gazon vert, épais et doux, le Seigneur des trois mondes, révéré de l'univers, après avoir bien examiné, juste au moment marqué au quinzième jour de la lune alors dans son plein, lors de la conjonction de l'astérisme Poiichya, le Bodhisattva, étant descendu de l'excellent séjour du Torchita, ayant le souvenir et la science, entra dans le sein de sa mère, par le flanc droit, de sa mère livrée au jeûne, sous la figure d'un petit éléphant blanc à six défenses à la tête couleur de cochenille, ayant les dents comme une ligne d'or. Et y étant entré, il s'appuya à droite et ne s'appuya jamais à gauche. Maya- Devi, doucement endormie sur sa couche, vit en rêve ceci :
" Un éléphant blanc comme la neige et l'argent, à la tête bien rouge est entré dans mon ventre ; le plus beau des éléphants à la démarche gracieuse, aux jointures du corps fermes comme le diamant. Et jamais par moi, pareil bonheur n'a été vu, entendu
^ Oldenberg : " Le Bouddha, sa vie, sa doctrine, sa communauté. " Alexandra David. " Le Modernisme Bouddhiste et le Bouddhisme de Bouddha. " Paul Carus, " V Evangile du Bouddha. " L. De Milloué, " Bouddhisme. "
Voir aussi Jnnales du Musée Guimet : Tomes II, III, V, VI, VII et XIX. Bibliothèque d'Etudes du Musée Guimet: Tomes IV, V, VI, VIII, X, XI, XII, XVII-XIX, XX-XXI, XXII et XXIII.
LIFRE I. CHAPURE I. 53
ni goûté ; de sorte que, dans un état de plaisir pour le corps, de bien-être pour l'esprit, j'ai été complètement absorbée parla contemplation. "
Et la même version nous apprend qu'à sa naissance, la terre Les reliques trembla, des ondées de pluie parfumée et de fleurs de lotus '^°'^^^^^^tombèrent d'un ciel sans nuages et que les Dévas chantèrent dans les airs :
" Aujourd'hui, Bodhisattva est né sur la terre pour donner la joie et la paix aux hommes et aux dévas, pour répandre la lumière dans les endroits obscurs et donner la vue aux aveugles. ". ^
Je m'arrêterai ici à l'origine mystique du Bouddhisme qui conquit bientôt le Thibet, la Chine, rindo-Chine,le Japon, tout en se fractionnant en un grand nombre de sectes. Mais pour en finir avec la légende, je dirai encore quelques mots sur les reliques de Bouddha, dont Hiouen-Thsang rapporte avoir vu en deux endroits différents " l'ombre " lumineuse. Le plat dans lequel il mangeait est conservé à Anurâdhapura. Son pot à eau, à Candahar. Dans la même place se trouve son balai. Son bonnet est gardé à Konghanapoura ; ses vêtements et son bâton se voient à Nagarahara. En plusieurs endroits on vénère l'empreinte de son pied, il en existe une bien connue au Pic d'Adam, dans l'île de Ceylan. Malheureusement on n'est pas tout à fait d'accord et il y en a beaucoup qui prétendent que c'est une empreinte du pied de Çiva ; d'autres, de Rama ; quant aux Mahométans, ils disent que c'est du pied d'Ali ; plusieurs même affirment que c'est une empreinte du pied
Lalita Hstara, " traduction de Foucaux. {Annales du Musée Guîmet) T. VI et XIX.
54 LIFRE I. CHAPITRE I.
d'Adam et d'autres encore, de celui de St. Thomas. La Science les mettra-t-elle tous d'accord, un jour ? nous l'ignorons. On en trouve une aussi à Ma-day, à Phra-bat, dans le temple de Vât-pho, à Bangkok, dans le Vât-Vang-na et dans le Mondob. Des charbons qui servirent à incinérer le corps de Bouddha sont conservés dans le village de Nyagrôdhas. Une de ses dents serait montée au ciel, où, dit-on, elle est vénérée par les dieux Trâyastimçats. Une autre est à Gandhara ; une troisième, dans le pays des rois de Kalinga ; une quatrième est la propriété du roi de Nagos. Inutile de dire que bien des miracles ont été opérés par ces précieuses reliques. Pour «ne parler que de la troisième dent, voici ce que nous rapporte M. P. Saintyves dans son très intéressant ouvrage " Les Reliques et les Images légendaires " dont je ne saurais assez recommander la lecture : '
" La canine supérieure gauche de Cakya fut recueillie par son disciple Khêma — (^Ne pas confondre avec Khéfa^ St. Pierre) — et portée par lui dans la ville de Dantapura (Ville de la Dent), capitale du royaume de Kalinga. Elle y resta huit cents ans, mais . au bout de ce temps, excité par les réclamations et les plaintes des brahmanes que le roi de Kalinga avait expulsés, le roi de Pâtalaputra (Pâtna), Pându envoya une armée pour s'emparer de la précieuse relique. Dès qu'il l'eut en sa possession, il essaya de la détruire. Il la fit jeter dans une citerne remplie de charbons ardents ; du puits sortit un lotus éblouissant au sein duquel brillait la dent sacrée ; c'est là paraît-il l'origine de la célèbre formule : " Om mani padme hum " qui peut se traduire par : " Le joyau est dans le lotus. " Alors Pându la fit plonger dans un marais putride, mais le marais fut purifié et la dent demeura intacte. Irrité de ces échecs, le despote la fit enterrer ; elle reparut au
* Edition du Mercure de France.
jour sous une fleur de lotus d'or ; il la fit battre par un marteau puissant sur une enclume de fer ; elle s'y incrusta sans être altérée. Après d'autres tentatives infructueuses, le persécuteur se convertit et envoya la relique à Dantapura. Mais elle n'y était plus en sûreté ; de nouveaux ennemis vinrent pour s'en emparer et le roi Kalinga, prit parti d'en faire présent au roi de Ceylan, Mahasena, vers l'an 910 de ij. C. Il la lui envoya par sa fille Hemâmalâ et son gendre Dantakumarâ déguisés en brahmanes. Déposée d'abord à Anurâdhapura près du rejeton de l'arbre sacré, elle fut transportée, à Kandi, en 1268. Elle y devint l'objet d'un tel culte et d'une telle vénération que lorsqu'en 1560 les Portugais s'en emparèrent à JafFnà, le roi de Pégou fit offrir au vice-roi, Constantin Bragance, trois cent mille cruzades (un million de francs) pour le rachat de la précieuse relique. L'offre du roi de Pégou fut dédaigneusement refusée à l'instigation de l'archevêque de Goa, Gaspard de Léon Pereira. Le prélat crut devoir opérer lui-même contre cette idole païenne : il la pila de sa propre main, jeta la poudre qu'il obtint dans le feu et les cendres dans la rivière en présence d'une foule considérable.
La mesure fut inefficace. Les bouddhistes affirmèrent que la relique détruite par les Européens, n'était qu'une copie, un facsimilé de la dent authentique du Bouddha. Soigneusement sauvegardée, celle-ci avait été transportée au Pégou, d'où elle revint à Ceylan, à une époque plus tranquille.
En 1 8 1 5, la relique tomba avec l'île de Ceylan en possession de l'Angleterre. En 18 18, pendant une rébellion contre les anglais, elle fut enlevée par des prêtres chargés d'officier dans le sanctuaire. Enfin, elle fut définitivement livrée à l'Angleterre en 1825.
Le major Forbes qui la vit le 28 Mai 1828, dit que c'est un morceau d'ivoire décoloré, légèrement courbé d'à peu près deux pouces de longueur et d'un de diamètre à la base. En 1858,
56 LIFRE I. CHAPITRE I.
lors de l'exposition en l'honneur de la légation birmane qui vint en prendre une copie, un témoin oculaire la décrit ainsi : " Le morceau d'ivoire est à peu près de la dimension du petit doigt ; il est d'une belle couleur jaune fauve un peu courbé vers le milieu et plus gros d'un bout que de l'autre. Au centre du gros bout qui est sensé être la tête de la dent, on remarque un petit trou oh l'on pourrait introduire une épingle ; à l'extrémité opposée, qui passe pour la racine de la dent, une trace d'érosion semble qu'on a enlevé un fragment de la relique. "
D'après Forbes, ^ ce ne serait donc qu'un morceau d'ivoire ; d'après Goblet d'Alviella, ce serait la dent d'un tigre. ^
Les imposteurs bouddhistes, comme on le voit, sont aussi
forts dans l'art de tromper leur monde que les prêtres chrétiens.
r, ', , Les croyants vénèrent encore l'arbre de Bouddha qui est
L arbre de -' , ^
Bouddha situé à dix kilomètres de la colline de Gaya.
Nous lisons dans " La Légende dorée " à la date du 28 décembre, jour des Saints Innocents le passage suivant :
V arbre
d ^Hermo-
polis
La vierge ISIS fuyant avec son enfant Maison du " Fico di Baldo" à Po?npéi
Mais Joseph, averti par un ange, s'enfuit avec l'enfant et la mère en Egypte, dans la ville d'Hermopolis, et y resta sept ans,
* Forbes, " Eîeven years in Ceylan. "
^ Goblet d'Alviella, ^^ Inde et Himalaya. "
jusqu'à la mort d'Hérode* (?) Et Cassiodore nous dit, dans son ^^ Histoire tnpartite'\ qu'on peut voir à Hermopolis, en Thébaïde, un arbre de l'espèce des persides, qui guérit les maladies, si l'on applique sur le cou des malades un de ses fruits ou une de ses feuilles ou une partie de son écorce. Cet arbre, lorsque la Sainte Vierge fuyait en Egypte avec son fils, s'est incliné jusqu'à terre, et a pieusement adoré le Christ.
J'aime à croire que cet arbre légendaire a quelque parenté avec celui de Bouddha. Mais voyons. L'arbre dont je parlais plus haut n'est plus le véritable paraît-il, car celui-ci fut, diton, brûlé par un roi venu d'Assam, au début du dix-huitième siècle. Cependant il existe encore un rejeton du premier dans l'île de Ceylan. Et voici une nouvelle légende :
" Le vaisseau, nous est-il rapporté, dans lequel était embarquée la branche du Bodhi, — c'est ainsi qu'on nommait l'arbre, — fendait rapidement les ondes ; et sur le grand Océan, à la distance d'un yodjana, les vagues s'aplanissaient devant lui. Des fleurs de cinq couleurs différentes s'épanouissaient à l'entour, et la musique la plus suave remplissait l'air de ses mélodies. "
Nous n'en dirons pas davantage, mais ce n'est pas encore ici que s'arrête le merveilleux. En voilà assez pour les reliques du Bouddha. Il nous suffira de comparer les reliques du grand philosophe de l'Inde avec celles des Chrétiens, pour découvrir que les unes ne sont pas généralement plus authentiques que les autres.
LES Chrétiens comme les Bouddhistes ont une très grande ^^^^ vénération pour les reliques les plus absurdes. C'est ainsi chrétiennes que l'on rend un véritable culte à la paille qui se serait trouvée
ues
56 LIFRE I. CHAPITRE I.
lors de l'exposition en l'honneur de la légation birmane qui vint en prendre une copie, un témoin oculaire la décrit ainsi : " Le morceau d'ivoire est à peu près de la dimension du petit doigt ; il est d'une belle couleur jaune fauve un peu courbé vers le milieu et plus gros d'un bout que de l'autre. Au centre du gros bout qui est sensé être la tête de la dent, on remarque un petit trou oà l'on pourrait introduire une épingle; à l'extrémité opposée, qui passe pour la racine de la dent, une trace d'érosion semble qu'on a enlevé un fragment de la relique. "
D'après Forbes, ^ ce ne serait donc qu'un morceau d'ivoire ; d'après Goblet d'Alviella, ce serait la dent d'un tigre. ^
Les imposteurs bouddhistes, comme on le voit, sont aussi
forts dans l'art de tromper leur monde que les prêtres chrétiens.
r, ", , Les croyants vénèrent encore l'arbre de Bouddha qui est
L arbre de •' ^
Bouddha situé à dix kilomètres de la colhne de Gaya.
Nous lisons dans " La Légende dorée " à la date du 28 décembre, jour des Saints Innocents le passage suivant :
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La vierge ISIS fuyant avec son enfant Maison du " Fico di Baldo " à Po)npâ
Mais Joseph, averti par un ange, s'enfuit avec l'enfant et la mère en Egypte, dans la ville d'Hermopolis, et y resta sept ans,
^ Forbes, " Eleven years in Ceylan. "
^ Goblet d'Alviella, "Inde et Himalaya. "
jusqu'à la mort d'Hérode- (?) Et Cassiodore nous dit, dans son ^^ Histoire tripartite ", qu'on peut voir à Hermopolis, en Thébaïde, un arbre de l'espèce des persides, qui guérit les' maladies, si l'on applique sur le cou des malades un de ses fruits ou une de ses feuilles ou une partie de son écorce. Cet arbre, lorsque la Sainte Vierge fuyait en Egypte avec son fils, s'est incliné jusqu'à terre, et a pieusement adoré le Christ.
J'aime à croire que cet arbre légendaire a quelque parenté avec celui de Bouddha. Mais voyons. L'arbre dont je parlais plus haut n'est plus le véritable paraît-il, car celui-ci fut, diton, brûlé par un roi venu d'Assam, au début du dix-huitième siècle. Cependant il existe encore un rejeton du premier dans l'île de Ceylan. Et voici une nouvelle légende :
" Le vaisseau, nous est-il rapporté, dans lequel était embarquée la branche du Bodhi, — c'est ainsi qu'on nommait l'arbre, — fendait rapidement les ondes ; et sur le grand Océan, à la distance d'un yodjana, les vagues s'aplanissaient devant lui. Des fleurs de cinq couleurs différentes s'épanouissaient à l'entour, et la musique la plus suave remplissait l'air de ses mélodies. "
Nous n'en dirons pas davantage, mais ce n'est pas encore ici que s'arrête le merveilleux. En voilà assez pour les reliques du Bouddha. Il nous sufîîra de comparer les reliques du grand philosophe de l'Inde avec celles des Chrétiens, pour découvrir que les unes ne sont pas généralement plus authentiques que les autres.
LES Chrétiens comme les Bouddhistes ont une très grande d /• Kehques
vénération pour les reliques les plus absurdes. C'est ainsi chrétiennes
que l'on rend un véritable culte à la paille qui se serait trouvée
dans la crèche, et qui est gardée à Sainte-Marie-Majeure à Rome, de même que les langes de l'enfant-dieu. Son prépuce aussi a été conservé et est vénéré comme une ancienne divinité phallique. ^ — " Priapus " et " prépuce " sont deux mots qui ne diffèrent pas beaucoup l'un de l'autre, — Mais ce qui est déplorable pour la foi, c'est qu'il en existe une assez bonne quantité, et c'est ainsi qu'on en trouve un à Sainte-Corneille, à St. Cyprien, à Calcata, à Saint Jean-de-Latran, à Charoux, à Conques (Aveyron) et au monastère de Sainte-Foy. Du lait de la Vierge est conservé à Soulac, au Mans, à Paris, à Reims, à Tolède, à Poitiers, à Arlanza (Espagne), à St. Denis, à Bouillac, (Tarn-et-Garonne), à Soissons, à Chartres et à Rome.
Mais il y a mieux, encore. Il y a le bâton de St Joseph, conservé, à Florence, par les Frères de Ste. Marie-des-Anges ; ses pantouffles à Aix-la-Chapelle ; la queue de l'âne, à Gênes. Le nombril (?) de Notre-Seigneur se trouvait,- jadis, à Chalon et la baguette miraculeuse de Moïse, à St. Jean-de-Latran.
On alla plus loin. On vénéra même des plumes que l'ange Gabriel aurait perdues lors de l'Annonciation ; le bouclier de St. Michel qui se trouvait à St. Julien de Tours ; les cornes de Moïse, à St. Marcel, à Rome ; du souffle de Jésus-Christ fut conservé à Gênes et une larme, à Vendôme, chez les Bénédictins.
Cependant il y a plus fort encore : dans la seule cathédrale de St. Omer, nous savons qu'en 1346 il y avait :
" De la manne qui tomba du ciel, de la pierre sur laquelle Jésus-Christ répandit son sang, de la sueur du Sauveur, de la
^ Dulaure : Les Divinités génératrices .
LIFRE I. CHAPITRE I. 59
table de pierre sur laquelle Dieu écrivit la loi de Moïse avec son doigt, de la pierre sur laquelle St. Jacques traversa la mer, de la fenêtre par laquelle l'ange Gabriel entra pour saluer la bienheureuse Vierge Marie... " etc. \
Certes, ces reliques avaient leur utilité ; aussi combien profitable paraît cette dernière : Une lettre du Qhrist qui engageait les Qhrétiens a payer la dime^. Le dernier Evangile.?... Quoi !...
Naturellement chacune de ces reliques comme celle de Bouddha, avait sa légende et voici pour votre édification celle ^ , , , qui nous est rapportée par Henri Estienne ayant trait au Saint Sang Saint Sang de l'Abbaye du Bec : de r Abbaye
^ J du Bec
" Quand Nicodème despendit Nostre-Seigneur de la croix, il recueillit du sang d'iceluy en un doigt de son gan (notez que Nicodème portoit des gans aussi bien que nous) avec lequel sang il faisoit plusieurs grands miracles. A raison de quoy estant persécuté par les Juifs, fut contraint en la fin de s'en défaire par une invention miraculeuse. C'est qu'ayant pris un parchemin où il escrivit tous les miracles & tout ce qui appartenoit à ce mystère, il enferma le sang avec ce parchemin dedans un grand bec d'oiseau (car l'histoire a omis son nom) & l'ayant lié & accoustré le mieux qu'il lui estoit possible, le jeta en la mer, le recommandant à Dieu : qui voulut que mille ou douze cens ans après ou environ ce sainct bec après s'estre bien pourmené par toutes les mers de levant & de ponent, arriva en Normandie, au lieu mesme où est aujourd'huy l'abbaye du bec. Où estant jette par la mer
P. Saintyves, " Les Maints Successeurs des Dieux. " Vallet de Viriville, " Essai sur les archives historiques de N.-D. à Saint-Omer " dans Mém. de la Soc. des Antiq. de la Morinie, t. VI, 2« p., p. XL.
Rev. ecclésiastique de Metz., janv. 1901, p. 10.
6o LIVRE I. CHAPITRE I.
entre quelques broussailles, advint qu'un bon duc de Normandie (du nombre de ces grands fondateurs qui estoient alors) chassant un cerf, on ne sceut que devindrent ni le cerf ni les chiens jusques à ce qu'il fut apperceu en un buisson estant à genoux & les chiens auprès de luy, tous cois, & à genoux aussi : (aucuns escrivent qu'ils disoient leurs heures.) Ce .qui esmeut tellement la dévotion de ce bon duc que Soudan fit essarter ce lieu, où le précieux bec fut trouvé & le contenu en iceluy. Qui fut cause qu'il y fonda l'abbaye appelée aujourd'huy pour ceste cause l'abbaye du bec, (là o\x ils montrent encore maintenant ce beau miracle) si bien enrichi qu'on peut bien dire que c'est un bec qui nourrit beaucoup de ventres ^ ".
Je pourrais en donner des centaines d'autres, mais celle-ci suffira, je pense.
Retournons maintenant pour un instant en Grèce.
Les Jeux Olympiques
lE fut la légende qui donna naissance aux Jeux Olympiques, mais l'inverse est également possible et il se peut fort bien, qu'une fois les Jeux Olympiques créés, un poète inventa la légende qui faisait remonter leurs origines au temps d'Hercule, lequel les aurait institués en l'honneur de Jupiter. C'est cette dernière hypothèse qui semble la plus vraisemblable et nous fait supposer que ce furent aussi les premiers chrétiens qui inventèrent la légende du Christ. Nous verrons, plus loin, comment ils procédèrent.
^ Henri Estienne, " V Introduction au traité de la Conformité des merveilles anciennes avec les modernes ou Traité préparatifs a V Apologie pour Hérodote, " Ed. de MDCVII, p. 465.
UNE légende attribue la création des Jeux Pythiques de Les Jeux Delphes, à Apollon, en mémoire de sa victoire sur le ^J^%"^^ serpent Python.
LES Jeux Isthmiques, qui se célébraient près de Corinthe La Jeux avaient également leurs origines légendaires : Ina, épouse ^^^^^^^^^W^ du roi d'Orchomène, Athamas, ayant été infidèle à son époux, se jeta dans la mer avec son fils Mélicerte. Ce dernier dans le royaume de Neptune devint Palémon, et Ina, Leucothoë. Le corps de l'enfant fut transporté et déposé par un dauphin sur le rivage où il resta longtemps sans sépulture et provoca la peste. La pythonisse déclara, que pour faire cesser le mal, il fallait instituer des jeux en l'honneur de Mélicerte. En signe de deuil, ils eurent tout d'abord lieu pendant la nuit, mais les exploits des brigands des environs furent cause qu'on dut les interrompre. Thésée vint qui extermina les brigands et décida que les jeux se feraient durant le jour.
LES Jeux Néméens se célébraient près de la caverne du lion Les Jeux de Némée que terrassa Hercule. Il ne fut pas plus difficile ^èméeyis aux anciens Grecs, après bien des années, de retrouver la dite caverne, qu'il ne le fut aux chrétiens de retrouver le Saint- Sépulcre, après la fondation de Colonia Aelia Capitolina.
VEC les émigrations, les dieux suivirent les Aryens en Le Trans
fomùsi les légendes
Germanie, en Gaule, en Bretagne, en Scandinavie. Us y/^''"""^'^ ^^
eurent leur légende, et quand le Christianisme conquit ces divers pays, il transforma les dieux et les légendes, en changeant le
nom des personnages. En voici un exemple. Il s'agit d'un chant tudesque du IX^ siècle qui nous a été transmis dans une chanson norwégienne :
Chant tudesque. — Balder alla dans la forêt en compagnie de Wodan ; son cheval se froissa le pied. — Sonna et Sintgunt, ses sœurs, essayèrent leurs enchantements; — Alors Fréa et Folla, ses sœurs, essayèrent leurs enchantements ; — Alors Wodan essaya l'enchantement qu'il savait : 11 répara le désordre de l'os, le désordre du sang, le désordre des membres. 11 lia l'os à l'os, le sang au sang, de façon qu'ils restèrent unis. " ^
Chant norwégien. — Jésus était à cheval, alors en marchant le cheval se fractura le genou ; Jésus descendit et le remplaça ; Jésus mit moelle contre moelle, os contre os, chair contre chair; Jésus mit par-dessus une feuille de manière que tout ceci dut rester uni. ^
De même que la légende tudesque s'est transformée, la légende chrétienne est née d'autres légendes en s" adaptant au milieu^ aux idées et aux mœurs de P époque ou elle a été implantée. Ainsi que les peintres flamands, allemands et italiens donnaient aux personnages sacrés qu'ils peignaient les costumes Le tram- de leur pays et de leur temps, les scribes et les conteurs qui {;™'/ importèrent la légende du « Sauveur " (Jésus) " Oint " (le de Jésus Christ) , adaptèrent la légende indoue au milieu et aux idées / Oint courantes de leur nation, tout comme les missionnaires européens, en Chine, représentent encore aujourd'hui, le Christ et la Vierge, non avec des costumes romains ou orientaux mais avec des costumes chinois. La légende du Christ ne vient pas
^ D'après Waitz. " Mémoires de l'Jc. des Sciences de Berlin. "
^ L. de Baecker. " De la religion du Nord de la France avant le Christianisme. "
uniquement de l'Inde ; ainsi que quelques-uns l'ont prétendu ; bien des épisodes ont été empruntés aux littératures persane, juive, égyptienne grecque et romaine. Toutes ces légendes réunies formèrent d'abord un roman sans cohésion, sans ordre ni vraisemblance, que les conteurs modifiaient " chaque fois que le besoin s'en faisait sentir ", et Celse nous apprend à ce sujet " au on changeait le texte de F évangile autant de fois qu'il le fallait pour répondre aux objections des adversaires. " Le résultat en fut qu'un grand nombre de romans religieux naquirent ayant trait au même sujet avec une version différente. Un jour, on voulut les réunir croyant qu'ils venaient d'une même source. On corrigea alors ce qu'on croyait avoir été écrit par des témoins oculaires, et l'on réunit leurs œuvres pour en former une seule, dont chaque partie devait compléter l'autre. Hélas ! la foi aveugla trop St. Jérôme et le Nouveau Testament ne résiste plus devant la critique moderne.
Aces légendes, combiien ne faudrait-il pas en ajouter ^^^%«^^^ encore ! Les visions diaboliques et les légendes du sabbat ^^S^^^^^ formeraient à elles seules plusieurs gros volumes. Comment douter un instant que le Christ ne soit réellement un personnage de roman, comme Daphnis, Krshna et tant d'autres.
Faut-il vous parler de la " Légende dorée ", de la vie de ^i- François St. François d'Assise ?... — St. François d'Assise, dont l'existence ^''"' est presque aussi légendaire que celle du Christ, ne tarda pas pas à devenir également mythique. Non contents d'en avoir fait un saint, les cordeliers voulurent en faire un Dieu. C'est ainsi qu'en i486 Jean Marchand essaya de démontrer, à Besançon, que St. François était un second Christ, un second
6o LIVRE I. CHAPITRE I.
entre quelques broussailles, advint qu'un bon duc de Normandie (du nombre de ces grands fondateurs qui estoient alors) chassant un cerf, on ne sceut que devindrent ni le cerf ni les chiens jusques à ce qu'il fut apperceu en un buisson estant à genoux & les chiens auprès de luy, tous cois, & à genoux aussi : (aucuns escrivent qu'ils disoient leurs heures.) Ce iqui esmeut tellement la dévotion de ce bon duc que Soudan fit essarter ce lieu, o\x le précieux bec fut trouvé & le contenu en iceluy. Qui fut cause qu'il y fonda l'abbaye appelée aujourd'huy pour ceste cause l'abbaye du bec, (là où ils montrent encore maintenant ce beau miracle) si bien enrichi qu'on peut bien dire que c'est un bec qui nourrit beaucoup de ventres ^ ".
Je pourrais en donner des centaines d'autres, mais celle-ci suffira, je pense.
Retournons maintenant pour un instant en Grèce.
jBs Jeux ympiques
|E fut la légende qui donna naissance aux Jeux Olympiques, mais l'inverse est également possible et il se peut fort bien, qu'une fois les Jeux Olympiques créés, un poète inventa la légende qui faisait remonter leurs origines au temps d'Hercule, lequel les aurait institués en l'honneur de Jupiter. C'est cette dernière hypothèse qui semble la plus vraisemblable et nous fait supposer que ce furent aussi les premiers chrétiens qui inventèrent la légende du Christ. Nous verrons, plus loin, comment ils procédèrent.
^ Henri Estienne, " V Introduction au traité de la Conformité des merveilles anciennes avec les modernes ou Traité préparatifs a V Apologie pour Hérodote, " Ed. de MDCVII, p. 465.
UNE légende attribue la création des Jeux Pythiques de Les Jeux Delphes, à Apollon, en mémoire de sa victoire sur le ^y^^M^^^ serpent Python.
LES Jeux Isthmiques, qui se célébraient près de Corinthe Les Jeux avaient également leurs origines légendaires : Ina, épouse ^^^'^^M^^^ du roi d'Orchomène, Athamas, ayant été infidèle à son époux, se jeta dans la mer avec son fils Mélicerte. Ce dernier dans le royaume de Neptune devint Palémon, et Ina, Leucothoë. Le corps de l'enfant fut transporté et déposé par un dauphin sur le rivage où il resta longtemps sans sépulture et provoca la peste. La pythonisse déclara, que pour faire cesser le mal, il fallait instituer des jeux en l'honneur de Mélicerte. En signe de deuil, ils eurent tout d'abord lieu pendant la nuit, mais les exploits des brigands des environs furent cause qu'on dut les interrompre. Thésée vint qui extermina les brigands et décida que les jeux se feraient durant le jour.
LES Jeux Néméens se célébraient près de la caverne du lion Les Jeux de Némée que terrassa Hercule. Il ne fut pas plus difficile Nèméem aux anciens Grecs, après bien des années, de retrouver la dite caverne, qu'il ne le fut aux chrétiens de retrouver le Saint- Sépulcre, après la fondation de Colonia Aelia Capitolina.
AVEC les émigrations, les dieux suivirent les Aryens en Le Trans- Germanie, en Gaule, en Bretagne, en Scandinavie. Ils y/^^^/jwy^ eurent leur légende, et quand le Christianisme conquit ces divers pays, il transforma les dieux et les légendes, en changeant le
62 LIFRE I. CHAPITRE I.
nom des personnages. En voici un exemple. Il s'agit d'un chant tudesque du IX^ siècle qui nous a été transmis dans une chanson norwégienne :
Chant tudesque. — Balder alla dans la forêt en compagnie de Wodan ; son cheval se froissa le pied. — Sonna et Sintguntj ses sœurs, essayèrent leurs enchantements; — Alors Fréa et Folla, ses sœurs, essayèrent leurs enchantements ; — Alors Wodan essaya l'enchantement qu'il savait : 11 répara le désordre de l'os, le désordre du sang, le désordre des membres. Il lia l'os à l'os, le sang au sang, de façon qu'ils restèrent unis. " ^
Chant norwégien. — Jésus était à cheval, alors en marchant le cheval se fractura le genou ; Jésus descendit et le remplaça ; Jésus mit moelle contre moelle, os contre os, chair contre chair; Jésus mit par-dessus une feuille de manière que tout ceci dut rester uni. ^
De même que la légende tudesque s'est transformée, la légende chrétienne est née d'autres légendes en s" adaptant au milieu^ aux idées et aux mœurs de V époque oîi elle a été implantée. Ainsi que les peintres flamands, allemands et italiens donnaient aux personnages sacrés qu'ils peignaient les costumes Le tram- de leur pays et de leur temps, les scribes et les conteurs qui ffJf^'^^y^m^^ox\hxznt la légende du " Sauveur " (Jésus) " Oint " (le de Jésus Christ) , adaptèrent la légende indoue au milieu et aux idées / Otnt courantes de leur nation,, tout comme les missionnaires européens, en Chine, représentent encore aujourd'hui, le Christ et la Vierge, non avec des costumes romains ou orientaux mais avec des costumes chinois. La légende du Christ ne vient pas
' D'après Waitz. " Mémoires de PJc. des Sciences de Berlin. "
* L. de Baecker. " De la religion du Nord de la France avant le Christianisme, "
uniquement de l'Inde ; ainsi que quelques-uns l'ont prétendu ; bien des épisodes ont été empruntés aux littératures persane, juive, égyptienne grecque et romaine. Toutes ces légendes réunies formèrent d'abord un roman sans cohésion, sans ordre ni vraisemblance, que les conteurs modifiaient " chaque fois que le besoin s^en faisait sentir ", et Celse nous apprend à ce sujet " quon changeait le texte de l'Evangile autant de fois qu'il le fallait pour répondre aux objections des adversaires. " Le résultat en fut qu'un grand nombre de romans religieux naquirent ayant trait au même sujet avec une version différente. Un jour, on voulut les réunir croyant qu'ils venaient d'une même source. On corrigea alors ce qu'on croyait avoir été écrit par des témoins oculaires, et l'on réunit leurs œuvres pour en former une seule, dont chaque partie devait compléter l'autre. Hélas ! la foi aveugla trop St. Jérôme et le Nouveau Testament ne résiste plus devant la critique moderne.
Aces légendes, combiien ne faudrait-il pas en ajouter ^^^^'^<§'^«^^^ encore ! Les visions diaboliques et les légendes du sabbat ^^^^^ ^^ formeraient à elles seules plusieurs gros volumes. Comment douter un instant que le Christ ne soit réellement un personnage de roman, comme Daphnis, Krshna et tant d'autres.
Faut-il vous parler de la " Légende dorée ", de la vie de ^i- François St. François d'Assise ?... —St. François d'Assise, dont l'existence ^"''' est presque aussi légendaire que celle du Christ, ne tarda pas pas à devenir également mythique. Mon contents d'en avoir fait un saint, les cordeliers voulurent en faire un Dieu. C'est ainsi qu'en i486 Jean Marchand essaya de démontrer, à Besançon, que St. François était un second Christ, un second
Fils de Dieu^ que sa conception avait été annoncée par un ange a sa mère et qu'il avait comme le Seigneur y es us ^ vu le jour dans une étabkj entre un bœuf et un âne. — Je me suis plus d'une fois demandé si tous ces évangélistes n'avaient pas quelque grain de folie dans la tête, car la fantaisie avec laquelle ils faisaient leurs récits offre très souvent une preuve que s'ils n'étaient pas de mauvaise foi, ils devaient tout au moins croire aux absurdités qu'ils racontaient. Les fous écrivent très facilement et ont l'imagination féconde, et du temps des évangélistes et des hagiographes, les fous étaient nombreux et couraient en liberté. Il y en a d'ailleurs encore beaucoup, aujourd'hui, qui se trouvent dans ce cas.
Voici comment un de ces hagiographes rapporte la naissance La nais- ^^ ^^- ^^^ ^u WiUibrodd en l'an 657 après J.-C. (Les dates sance de et les détails historiques, — abstraction faite des vraisemblables, — font rarement défaut dans les légendes).
Son père Wilzis et sa mère Mena étaient riches et servaient Dieu fidèlement. Ils avaient vécu longtemps sans avoir d'enfant. Après qu'ils eurent beaucoup prié, le Ciel exauça leurs vœux. Une nuit, Mena vit, en songe, la lune d'abord toute petite et mignonne s'agrandir jusqu'à ce qu'elle brillât dans sa bouche ; elle entra en elle et illumina tout son intérieur d'une lumière surnaturelle. Ayant consulté un pieux moine celui-ci lui prédit qu'elle aurait un fils, qui convertirait bien des peuples du paganisme à la vraie foi.
Le plus beau, c'est que ce rêve qui n'a rien de bien bizarre, fut considéré comme un présage. Mais à quoi bon insister !
Ainsi se forment les légendes ; ainsi se sont également échafaudés les romans religieux qui ont trait au Christ.
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Voici comment un de ces bagîographes rappoite la naissance ^ de St. Vit ou Willibrodd en l'an 657 après J.-C. (Les dates Hxnce (h et ks détails historiques, — abstraction ta î te des vraisemblables, - — font rarement défaut dans les légendoo).
Son père Wilzis et sa mèse Mcîia étaient riches et servaient Dieu fidèlement. Ils avaient \"ecii looi^temps sans avoir d'enfa.nî^ Après qu'ils eurent beaucoup prié, le Ciel exauça leurs vjœux. Une nuit, Mena vit,- en sc-ïm^c, la lune d'abord" toute petite et mignonne s'agrandir juv-q ci. à ce qu'elle brillât dans sa bouche ; elle entra en elle et illui^riiia tout son intérieur d'une lumière surnaturelle. Ayant coîK^acx' un pieux moine celui-ci lui prédit qu'elle aurait un til^. (pii çojiver tirait bien des peuples du paganisme à la vraie tOL
Le plus beau, c'est que ce rêve qui v. -a rien de bien bizarre, fut coissidéré comme un présage. Mais u cpioi bon insister !
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Comment le peuple du temps de Rubens se représentait LE Massacre des Innocents
{Mu$ée de Munich)
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Comment le peuple du temps de Rubens se représentait LE Massacre des Innocents
{Musée de Mtmich)