TOUM-RA
naissent :
Shou
— l'air
Tafnouit = le feu
Seb
= la terre
Nouît
= le ciel.
Or il a été établi que " shar " en assyrien a la valeur de " Kish-shatu " (totalité) ç\\X(iAnshar signifie " la totalité des
deux " et Kishar^ " la totalité des terres. " Anshar est donc bien Nouît, (le ciel) et Kishar, Seb, (la terre).
Le texte devient ensuite indéchiffrable par suite des lacunes. Mais nous pouvons encore lire :
Ils prolongèrent les jours ; ils formèrent...
Anou leur fils, le puissant...
Anshar, Anou...
Et Anou...
Ea que ses pères, sa mère...
Anou est le chef du panthéon babylonien. Il représente le dieu du ciel et forme avec Bel et Ea la triade suprême. ^
Que trouvons-nous dans la version égyptienne ?
De Seb et de Nouît naît Osiris le chef du panthéon égyptien. Il représente le ciel fécondant la terre Isis; de leur union est engendré Horus. Ensemble ils forment la triade égyptienne.
Puis la version varie ; le désordre naît entre Tiamat et Apsou. De même Osiris doit lutter contre Set.
Alors Apsou, le père des grands dieux
Appela Moummou (JMou-oum-mou) son messager et lui dit :
O Moummou, messager qui réjouis mon cœur.
Allons ! Rendons-nous vers Tiamat 1
Le P. Paul Dhorme, " La Religion Jssyro-Babylonïenne. " Maspero, " Histoire ancienne des Peuples de l'Orient. " Ernest de Sarzec, ^'Découvertes en Chaldée.^* ■ Inventaire des Tablettes de Tello. (Leroux, Paris). V. Schell. " Textes élamites-sémitiques et élamites-Anzanites. " Colonel Albotte de la Fuye, " Documents présargoniques. " M. Halévy, « Recherches Bibliques. "
8o LIFRE I. CHAPITRE IL
La Révolte Un entretien a lieu. Tiamat se révolte, et la lutte est ^^ -^^^^^^ déchaînée entre le bien et le mal, entre le jour et la nuit...
entre les mauvais esprits et les bons.
Et le Seigneur Bel-Mardouk, l'Hâthor des Assyro-Babylo-
niens, se lève pour venger les dieux. Hâthor est la fille du soleil,
son nom signifie " habitation d'Horus ".
Tiamat a pour chef Quingou. Celui-ci s'empare des tablettes
du destin, comme Isis s'est emparée du Nom secret de Râ, qui
la rend toute-puissante.
T ^ Ici la version, prend une autre tournure. Une partie
La (juerre ^ ...
des dieux Semble en être empruntée à la passion d'Osiris. Les dieux chaldéem g'enivrent et remettent leur pouvoir entre les mains de Mardouk. Mardouk est investi du pouvoir suprême et devient roi. Puis voici la lutte titanesque. Mardouk est vainqueur, il coupe son ennemi en deux ; d'une partie de son corps, il fait le ciel, la mer d'en haut\ de l'autre, l'Océan, la mer d'en bas ; puis il construit un palais, l'Esharra, la Terre, pour Anou, Bel et Ea. Il assigne une place aux astres et demande à son père Ea de lui trancher la tête, afin que celui-ci puisse créer l'homme en mélangeant son sang avec du limon.
On . voit comment cette version qui paraît avoir eu les mêmes origines a pu se modifier sous le jonc taillé des scribes de nationalités différentes.
Aïs voici l'histoire des premiers hommes, telle que nous la fait connaître Bérose : ^
' Maspero. ^^ Histoire ancienne des Peuples de V Orient.
LIFRE I. CHAPITRE II. 8i
Ils vivaient sans règle à la manière des animaux. Mais dans la Les prepremière année apparut, sortant de la mer Rouge^ à l'endroit où ^^^^^ f^°^elle confine à la Babylonie, un animal doué de raison nommé j^ récit de Oannès. — Helladius, dans " Photius " l'appelle Q,i]ç ; Hygin, Bérose dans ses " Fables ", Euhanès. — Il avait tout le corps d'un poisson, mais par-dessus sa tête de poisson, une autre tête qui était celle d'un homme, ainsi que des pieds d'homme qui sortaient de sa queue de poisson : il avait la voix humaine et son image se conserve encore aujourd'hui. Cet animal passait la journée au milieu des hommes, sans prendre aucune nourriture ; il leur enseignait la pratique des lettres, des sciences et des arts de toutes sortes, les règles de la fondation des villes et de la construction des temples, les principes, les lois et la géométrie, leur montrait les semailles et les moissons ; en un mot il donnait aux hommes tout ce qui contribue à l'adoucissement de la vie. Depuis ce temps rien d'excellent n'a été inventé. Au couchant du soleil, ce monstrueux Oannès se plongeait de nouveau dans la mer et passait la nuit sous les flots : car il était amphibie. Il écrivit sur l'origine des choses et de la civilisation un livre qu'il remit aux hommes. ^
Puis il raconte l'histoire des premiers princes qui régnèrent sur la terre :
Le premier roi fut Alôros, de Babylone, Chaldéen, duquel on Les pre~ ne conte rien, si ce n'est qu'il fut choisi de la divinité pour être mîers grands
pasteur du peuple. 11 régna dix sares, ce qui fait trente-six mille "^ ;^ ^^^^^
kl . . , , . 1 , 1 . <5^ aérés
sare est de trois mille six cents ans, le nere de six -nf
cents ans, le sôsse de soixante ans. Alôros étant mort, son fils
Alaparos commanda trois sares durant ; après quoi Amillaros,
Dans Oannès il sera facile de reconnaître le dieu Anou. Ces Oannès sont les Manou de la Mésopotamie. 6
de la ville de Pantibiblia, régna treize sares. C'est sous lui que sortit de la mer Erythrée le second Annêdôtos, très rapproché d'Oannès par sa forme semi-divine, moitié homme, moitié poisson. Après lui, Amménon, aussi de Pantibiblia, Chaldéen, commanda l'espace de douze sares ; sous lui parut, dit-on, l'Oannès mystique. Ensuite Amélagaros, de Pantibiblia, commanda dix-huit sares. Ensuite Davos, pasteur, de Pantibiblia, régna dix sares : sous lui sortit encore de la mer Erythrée, le quatrième Annêdôtos, qui avait la même figure que les autres, mélangée d'homme et de poisson. Après lui régna Evèdoranchos, de Pantibiblia, pendant dix-huit sares ; de son temps sortit encore de la mer un autre monstre, nommé : Anôdaphos.
Les pre- Naissent ensuite : Amempsinos, de Larancha, Orbatès et de la terre enfin Xisousthros. Lcs auteurs classiques ont beaucoup rit des d'après la chiffres fabuleux de ce récit, ignorant probablement qu'on les
version • i i t i • i • • • ^
égyptienne retrouvait dans les mythologies des nations avoisinantes. Ces rois civilisateurs sont en Egypte : Râ, Shou, Gabou, Osiris- Ounnofri, Sit, Horus, Atoumou. De même qu'il y eut sept dieux civilisateurs en Egypte, en Perse, il y eut sept Amesha- Spentas. Les Juifs, le jour où ils quittèrent l'Egypte sur l'ordre du prêtre d'Héliopolis, Osarsyph (Moïse), placèrent dans le temple un chandelier à xf^/ branches, probablement en souvenir des sept Khous^ des dieux civilisateurs de l'Egypte. Ces sares, nères et sôsses peuvent être comparés aux kalpas^ et Toungas d'un jour de '^Brahmâ^c^i représentent 4.320.000.000 d'années terrestres. De même qu'il y eut sept rois civilisateurs en Egypte, sept Amesha-Spentas, on trouve qu'il y a eu jusqu'à ce jour
^ L'âme lumineuse des dieux devenus Osïris et se joignant au cortège des dieux de lumière et de Râ en particulier.
sept Manous dont le dernier, est Manou Waïwasvata, fils du Soleil, " le générateur de la race humaine, après la catastrophe du déluge, mythe d'ailleurs récent dont on ne trouve aucune trace dans les " Fédas ", dit M. L. De Milloué ' ".
QUANT aux dieux Oannès dont je parlais plus haut, ils peuvent être comparés aux descendants d'Adam jusqu'à Noé dont il est question au chapitre V de la " Genèse. "
Ces Titans étaient fils des dieux. Comme les divinités des autres légendes, ils oublièrent leur origine divine et se révoltèrent.
Or il arriva, est-il dit au Chapitre VI de la " Genèse, " que Les pre-
quand les hommes eurent commencé à se multiplier sur la terre, ^'/^7^^^^ *• . f m • de la terre
et qu'ils eurent engendré des filles, les fils de Dieu, (ces quatre a' après la
mots trahissent l'origine de la légende) voyant que les filles des Genèse hommes étaient belles, en prirent pour leurs femmes, de toutes celles qu'ils choisirent. Et l'Eternel dit : " Mon Esprit ne contestera point à toujours avec les hommes ; car aussi ne sont-ils . que chair : leurs jours donc seront de cent et vingt ans.
En ce temps-là, il y avait des géants sur la terre, et cela après que les fils de Dieu se furent joints avec les filles des hommes, et qu'elles leur eurent donné des enfants ; ce sont ces puissants hommes qui, de tout temps, ont été des gens de renom. Et l'Eternel, voyant que la malice des hommes était très grande sur la terre, et que toute l'imagination des pensées de leur cœur n'était que mal en tout temps, se repentit d'avoir fait l'homme sur la terre et il en eut un grand déplaisir dans son cœur.