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VYTHOLOGIK.
du Cenchrios, dans le bois sacré d'Orlygia*. Or, le nom d*Ortygia exprime la même idée que celui de Dèlos. Ortygia^ c'est, à proprement parler, le pays de la caille (cp-u?), de Toiseau dont l'apparition annonce dans TArchipel le soleil printanier, de l'oiseau matinal qui devance le lever du jour*. Ortygia était, d'ailleurs, un des noms de Dèlos. On racontait que la nymphe Astéria, pour échapper aux poursuites de Zeus, s'était métamorphosée en caille, et s'était plongée dans la mer où elle devint une île flottante, qui s'appela Astéria ou Ortygia, avant de porter le nom de Dèlos ^. Ces troi§ mots sont synonymes et éveillent également l'idée de l'Orient.
L'observation des phénomènes du jour naissant a été aussi l'origine de la simple et gracieuse légende qui racontait l'amour d'Apollon pour Daphnè. Les traditions locales ne cessant de modifier en Grèce les faits mythologiques, Daphnè est, tour à tour, une nymphe prophétique du Parnasse, interprèle de l'oracle de Ga;a, une (ille du devin Tirésias, une fille du Ladon arcadien ou du Pénée de Thessalie*. Mais sa courte histoire ne varie pas. Belle et chaste vierge aimée d'Apollon, elle fuit devant le dieu qui la poursuit; déjà celui-ci l'atteint, déjà il la presse de ses puissantes étreintes ; il va triompher d'elle, quand Gaîa entend le cri de détresse de sa fille et ouvre son sein pour la recevoir. A la place où Daphnè vient de disparaître, germe tout à coup un arbuste verdoyant, le laurier qui sera chéri de Phœbos. Cette fable serait inexplicable sans le secours de la mythologie comparée. Max Mùller* a montré que le mot grec Aa^vr^ est la transcription du mot sanscrit Dalianâ^ qui se rattache à la racine da/t, brûler, et qui est un nom de l'Aurore (la brûlante). Daphnè, c'est donc la jeune et belle Aurore qui fuit devant le soleil levant, qui meurt aussitôt que le soleil l'embrasse de ses brillants rayons, ou, suivant l'expression d'un poète védique, c'est « l'Aurore qui expire dès que l'être puissant qui illumine le ciel commence à respirer. » Mais, chez les Grecs, le mot Daphnè avait perdu sa signification primitive ; il était devenu le nom du laurier^ Voulant expliquer l'amour de Phœbos pour la jeune vierge, ils imaginèrent donc que Daphnè avait été métamorphosée en laurier, et ils consa-