Cf. Théognis
et fniis tissu (|u'elles assujettirent avec une ceinture dorée. Cependant Apollon au glaive d^or ne fut pas allaité par sa mère, mais Thémis fit goûter à ses lèvres immortelles le nectar et la douce ambroisie. 0 Phœbos, dès que tu fus rassasié de ces aliments d'immortalité, la ceinture d'or fut impuissante à contenir tes mouvements ; il n'y eut plus de lien capable de te retenir et tous tes bandeaux se délièrent » *.
Les détails merveilleux qui se môlent aux détails réels de cette naissance ont tous une signification. Quand nous disons, en français, que Lèto a enfanté Apollon auprès d'un palmier, cette phrase ne comporte pas deux explications. Mais, en grec, le mot çoTvtÇ (palmier) désigne en même temps la couleur rouge. La tradition du palmier de Dèlos repose donc sur le double sens du mot çorvtÇ qui dut servir primitivement à désigner la teinte purpurine dont se colore le ciel à Torient, avant l'apparition du soleil. De là cette expression mythologique, mal comprise plus lard, que çotvtÇ, l'aurore, aide Lèto, la nuit, à enfanter le ^ jour, ou Apollon. De même, le jeune dieu dont rien ne peut plus contenir les impétueux mouvements, n'est-ce pas le soleil à peine né, mais déjà plein de force, qui fait éclater ses langes, qui perce les blanches vapeurs dont il était d'abord enveloppé, qui se met en marche pour fournir sa carrière céleste, et qui déjà darde sur la terre ses traits de lumière? Dans l'hymne homérique, en effet, le dieu enfant, à peine délivré de ses liens, demande aussitôt son arc et ses flèches ; il marche, et l'île de Dèlos est tout entière « fleurie d'or ». Comme le soleil illumine d'abord les sommets avant de pénétrer dans les profondeurs des vallées, le jeune dieu s'avance sur les rochers du mont Cynthos ; il ne se plaît que « sur les lieux élevés, sur les cimes aiguës des hautes montagnes » '.
Cette légende ionienne de la naissance d'Apollon sera reproduite plus tard par Callimaque, dont l'hymne à Dèlos n'est que le développement médiocre de l'hymne homérique. L'apparition du soleil avec ses merveilles, l'aspect de la terre métamorphosée soudain, s'expriment cependant vivement dans les vers du poète alexandrin. « 0 Dèlos, dit-il, en cet instant tout ton sol devint or; ton lac circulaire, pendant cette journée, ne roula que de l'or ; la jeune pousse d'olivier, au pied de laquelle Phœbos est né, s'ombragea de feuilles d'or, et l'or grossit les flots du profond Inopos*. » Une autre tradition, moins répandue que celle-ci, faisait naître Apollon et sa sœur près d'Éphèse, sur les bords