Mythol. comparée, trad. G.Perrot, p
6. Le laurier, dont le bois brûle lacilemeut. Hesych., 5aux;xt»v. fwxawffrov Çû/ov, oi^vriv, CI*. Eiijm. M., oaux/*ov. En Thessalie, oûfvr) = oauxi^-^ (Ahrens, Diai. œol.^ 2J.9). Cf.t Curliuh, Griech. Elyni,, p. 424, 2* édit.
crûrent cet arbuste au dieu. C'est ainsi que le laurier fut considéré comme un des attributs essentiels d'Apollon et devint, à Delphes eu particulier, un des emblèmes de sa puissance prophétique.
Le premier acte important de la vie divine d*Apollon et le mythe le plus célèbre de sa légende est sa victoire sur Python. Comme Herculau berceau étouffe dans ses bras nerveux les serpenls envoyés par Hèra, Apollon encore enfant, à peine sorti des bras de sa mère, perce de ses flèches un dragon redoutable. D'après certaines traditions S Python est un fils de la Terre : monstre déchaîné par Hèra jalouse de Lèto que Zeus avait rendue mère, et qui poursuit celle-ci pour la tuer, après la naissance de ses deux jumeaux*. Zeus et Poséidon aident Lèto à trouver un asile dans Tile d'Ortygia, et quatre jours après sa naissance le jeune dieu tue Python avec les flèches que lui a forgées Héphœstos. Mais la tradition la plus ancienne et la plus générale est celle que reproduit l'hymne homérique à Apollon Pythien. Le dieu adolescent descend de l'Olympe, traverse la Piérie, le pays des ^Ënianes et des Perrhèbes, et, après s'être arrêté en Eubée et en Béotie, il arrive au pied du Parnasse, dans le vallon de Crissa, qui doit être le théâtre de sa lutte contre le dragon et de son triomphe.
La victoire d'un dieu sur un serpent est une tradition commune à toutes les mythologies de la race aryenne. Dans les Yédas, Indra, le dieu de la lumière, triomphe d'Ahi, le serpent, le nuage qui s'allonge dans le ciel, ou de Vritra, le dragon céleste dont il brise la tête. Dans l'Avesta, Mithra, le dieu du ciel pur, combat la couleuvre qui est le symbole d'Ahriman, génie du mal. Un rôle analogue est rempli par Siegfried dans la mythologie norroise et par saint Georges dans la mythologie chrétienne. Cette lutte qui, dans son sens le plus général, est la lutte de la lumière contre les ténèbres, a été successivement, chez les dilTcrents peuples indo-européens, l'expression d'un phénomène physique et celle d'une idée morale. Chez les Grecs, la signification première et naturelle d i mythe semble percer encore dans certains détails du récit de l'hymne à Apollon Pythien. Le poète rapporte, en effet, une tradition d'après laquelle le dragon Python avait nourri Typhoeus, monstre enfanté par Hèra dans un jour de colère contre Zeus. Or, Typhoeus personniGe une des forces violentes et désordonnées de la nature, probablement les tempêtes et les ouragans. Python, qui Ta élevé, et qui est également en rapport avec la Chimère', a nécessaire-
1. Eurip., Iphifj. Taur., 1250; Macrob., SaL, I, 17, 52. Hyjçin., Fah.^ 53.
2. Une peinture de vase [Elite Céram., II, pi. 1 ; MûUcr-Wieseler. II, pi. 13, n» 144) nous iDontfc Lèto, portant ses deux entants, fuyant devant le serpent qui sort de l'antre de Dclphç5. •