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4. Dans l'hymne homérique, en eflét, à peine le dieu a-t-il tué le monstre, qu'il choisit, comme prêtres et connno ministres de son culte, des Cretois venus de Cnosse, et qu'il gravit à leur tôte les pentes du Parnasse, pour aller prendre possession de son nouveau sanctuaire.
ornée : celait la demeure du dragon. Un adolescent d'une rare beauté et choisi parmi les plus nobles familles devait représenter la personne d'Apollon. Au jour déterminé, ce jeune homme s'avançait dans un chemin creux, au milieu d'un profond silence, suivi d'une troupe de jeunes gens qui tenaient à la main des torches allumées. Quand le cortège était arrivé près de la retraite du monstre, le feu était mis à la cabane et la Iroupe tout entière prenait la fuite*. Cette fuite avait sa raison dans la légende du dieu. La tradition rapportait, en effet, qu'Apollon, souillé du meurtre de Python, s'était réfugié dans la vallée de Tempe pour s'y purifier ; de là, il était revenu à Delphes, escorté d'une pompe» sacerdotale, la tête couronnée du laurier sacré dont il tenait un rameau à la main. Pour représenter cet acte de la vie du dieu, les Delphiens, après la fête des Seplèria, envoyaient en pèlerinage à Tempe un certain nombre de jeunes gens choisis qui, pour accomplir ce voyage, suivaient une route déterminée, celle qu'Apollon lui-même, disait-on, avait suivie. A Tempe, le jeune homme qui jouait le rôle d'Apollon était soumis à des cérémonies de purification et à des rites expiatoires. Il cueillait ensuite une branche du laurier consacré et se mettait en marche, par la même route, pour rentrer à Delphes, au milieu des hymnes et des péans victorieux chantés par son cortège. Cette théorie sacrée exprimait, avec les idées de purification particulières à la religion d'Apollon, l'origine thessalicnne de son culte dont la vallée de Tempe passait pour avoir été le berceau.
A la fuite d'Apollon et à sa purification dans la vallée de Tempe se rattache la fable de sa servitude chez Admèle, Les Delphicns préten- .daient, en effet, que cette servitude avait été la conséquence du meurtre du dragon Python*. Suivant une autre tradition, c'était une pénitence que Zeus avait imposée à Apollon, pour avoir tué les Cyclopes qui avaient forgé la foudre dont le maître des dieux s'était servi pour frapper de mort Asclépios*. Phœbos avait été condamné à passer neuf ans au service du roi de Thessalie, dont il faisait paître les cavales ou les troupeaux de bœufs*. Une fable analogue, localisée en Troade, nous montre le dieu gardant sur les pentes de l'Ida les troupeaux du roi Laomédon. Cette épreuve d'Apollon rappelle la servitude plus dure qui pèse sur Héraclès, et les travaux plus pénibles qui remplissent la car-
1. Plut., Quœ»t. Gr., 12; De Defect. oracuL, 15. Cf. Schoemann, Griech. Allerth., II, p. 461.