De £c apud Delphos
108 MYT^UOLOGIE DE LA GRÈCE ANTIQUE.
peut être tour à tour bienfaisante ou funeste. C'est lui qui les fait germer et qui les fait mûrir ; c*est lui aussi qui les dessèche et qui les brûle. De là, la double signification des fêtes qu'on célébrait en son honneur sous le nom de Thargélia^ vers le milieu de mai, dans le mois Thargélion, dont le nom exprime la chaleur du soleil d'été *. C'est le moment où, en Grèce, le moisson est presque mûre et ne tardera pas à tomber sousla faucille. Les adorateurs du dieu se sentaient donc portés à le remercier de cette heureuse maturité des fruits du sol ; mais, en même temps, ils voulaient implorer sa grâce pour qu'il ne détruisît pas, par l'ardeur excessive de ses rayons, les espérances des laboureurs. A cet effet, on lui offrait les prémices des récoltes, et |>lusieurs villes envoyaient à Delphes un épi d'or comme offrande au dieu Thargélios. Tel est le sens de l'épi de blé qu'on voit sur le revers des monnaies de Métaponte, dont la face nous montre la tête d'Apollon couronnée de laurier. Sur la tige de cet épi on aperçoit un rat, l'animal rongeur, fléau des campagnes et dont Apollon, surnommé pour cette raison Smintheus^ était le destructeur*. Les laboureurs imploraient de même le secours d'Apollon Parnopios ' contre d'autres ennemis des moissons, contre les sauterelles (Trapvozeç) dont les terribles ravages sont assez fréquents en Grèce.
Les rapports du dieu solaire avec la croissance et le dépérissement de la végétation ont encore leur expression dans la fable d'Apollon et d'Hyadnlhe : fable dorienne, localisée à Amyclœ en Laconie. Fils du roi Amyclas, Hyacinthe est un jeune garçon, d'une merveilleuse beauté, aimé d'Apollon, qui le tua sans le vouloir, en jouant au disque avec lui *. Suivant une autre tradition, Hyacinthe était aimé aussi de Borée et de Zéphyre qui, par un sentiment de jalousie envers Apollon, précipitèrent le disque du dieu contre la tête du jeune homme *. Du sang d'Hyacinthe sortit la fleur qui porte son nom, sur les pétales de laquelle on croyait lire l'exclamation plaintive aF, ai, ou la lettre T, initiale de TaxtvOo;. Le sens primitif de cette fable est assez transparent. Le disque du dieu n*est autre chose que le disque solaire. La fleur d'Hyacinthe doit son nom aux pluies printanières • qui la font
i. 6ap7»7/£wv = 6epv*jiteiv (R. ôe/j, d'où ôépoç, Btpfiàij etc.), qui se décompose en : Biprr-iÎÂiOi'