Y. De Witte, Revue ntmiismalique, 1858» pi
3. Strab., XllI, p. 613. A Athènes, statue d'Apollon Parnopios attribuée à Phidias (Paus.» I» «4, 8).
5. Lucien., Dialog, Deor., 14; Philostr., Imag.f ï, 24; Ovid., Metam., X, 184.
6. R. w. idée d'humidité et de pluie. CI. Dionysos 'T»7ç/ïayvtç, père de Marsyas. V. \Velckcr, Griech. Gôtt., I, 474.
éclore pour être caressée, dans son premier éclat, des rayons encore inoffensifs du soleil. Apollon tuant son jeune ami, c'est l'astre brûlant de Tété qui détruit la fraîche végétation du printemps, dont les fleurs desséchées penchent la tête et meurent sous les ardeurs de la canicule. C'est à cette époque, en eflet, qu'on célébrait les Hyacinthia en Laconie ^ Le premier jour de cette fête de la nature était consacré à des démonstrations de tristesse. On pleurait le bel adolescent et sa fleur disparue ; on déposait des offrandes funèbres sur son tombeau, qui était au pied de la statue du dieu*. Mais, le second jour, retentissaient les accords de la cithare et de la flûte. Des troupes de jeunes garçons et de jeunes filles célébraient par des chœurs joyeux' l'apothéose d'Hyacinthe, l'immortalité du jeune héros, exprimant ainsi sans doute la confiance des hommes dans le renouvellement périodique de la brillante végétation momentanément détruite par le dieu de l'été.
Apollon solaire, qui darde ses rayons étincelants, l'archer céleste dont les traits frappent de loin et ne manquent jamais leur but, devait être naturellement conçu comme un dieu fort, invincible et redoutable à ses ennemis. Les géants Aloïdes, l'archer Eurytos qui n'avait pas craint de se mesurer à lui, les enfants de Niobè dont l'orgueil maternel avait osé se comparer à Lèto, tombent percés de ses flèches. Quand il se mêle aux combats de Vlliade, il y apparaît entouré de l'éclat d'une majesté terrible, doué d'une force qui ne connaît point d'obstacle ; légèrement et sans efforts, il renverse et détruit tout sur son passage. Son antique simulacre dans le sanctuaire dorien d'Amyclae était celui d'un dieu guerrier : sa tête était couverte d'un casque ; ses mains étaient armées de l'arc et de la lance^. A Delphes également, on voyait un Apollon, la lance à la main*. Le dieu archer était donc considéré quelquefois comme un dieu des combats, à la puissance irrésistible, comme le dieu BoY)8p5{jLtoç qui couvre ses favoris d'une efficace protection, quand il est invoqué par eux au milieu de la sanglante mêlée.
Par une conséquence naturelle de cette conception, Apollon est en rapport avec l'idée de la mort. 11 a souvent le caractère d'un dieu exterminateur dont l'arc est toujours tendu, dont les flèches rapides et pressées atteignent et abattent soudain les mortels, jeunes ou vieux, qui tombent sous ses traits, couime les épis tombent ous la faucille.
1. Sur celte fête, voir Schœmann, GrUch. Alterlh., II, p. 457.