Uiad., XXIV
2. Paus.,I, 33. CI". AiK)llon 'Axéfftoç en Élide (Pau8.,VI, 24, G).
3. Paus., VIII, 41, 8. A Lindos, Apollon portait, peut-être dans le même «fins, le surnom de \oi/itoi (Macrob., Sat., 1, 17).
APOLLON. lîl
Les attributions médicales semblent, il est vrai, appartenir plus spécialement à Asclèpios» ; mais Asclèpios est le fils d'Apollon, qui lui a communiqué son pouvoir et qui a donné aux Asclépiades la science des remèdes *. Si, dans la mythologie homérique, le médecin des dieux n'est pas Phœbos, mais Pœèon (Ilanfjwv) , ce dernier personnage se confondra de bonne heure avec Apollon qui en usurpera la puissance en même temps que le nom. On invoquei^a le dieu par les formules Ilatàv àvaç, J) 'vaÇ Ilatoiv, et on lui appliquera 1 epithète de iyjïoç, du cri d'invocation {y) riativ. L'Apollon qu'on honorait à Dèlos et à Lindos sous le surnom de OuXio; paraît avoir eu une signification analogue. D'après Tétymologie la plus exacte de cette epithète', Apollon Oulios était un dieu de la santé. Pour le même motif, Apollon était invoqué comme dieu y^oupo- -çpzffoç par les jeunes gens qui lui faisaient des offrandes et lui consacraient leur chevelure, la première fois qu'ils la coupaient'. Son image se voyait encore dans les gymnases, à côté de celles d'Hercule et d'Hermès; elle y était le modèle céleste de la santé, de la vigueur et de la beauté juvéniles.
Cette conception d'Apollon médecin divin subit, en se développant, une transfonnation remarquable, et conduisit les Grecs à une grande idée religieuse. L'action bienfaisante du dieu, limitée d'abord au mal physique, ne tarda pas à s'étendre au mal moral. Médecin des corps, il fut conçu en même temps comme le médecin des âmes, qui trouvaient en lui un dieu libérateur pour les délivrer des liens où leurs fautes les avaient enchaînées, un dieu purificateur (xaôipçioç) pour les laver des souillures dont elles s'étaient salies. Tout crime commis entraîne nécessairement un châtiment ou une expiation. Mais, tandis que les sombres puissances qui habitent le sein de la terre, ministres de la vengeance divine, s'acharnent sans relâche à la poursuite du criminel et ne lui [pardonnent jamais, Apollon, dieu de clarté et de lumière, dont les purs rayons peuvent dissiper les ténèbres du mal, ne s'irrite pas contre les coupables. Il les reçoit en sa grâce; il a pour eux des moyens de réparation et de salut ; il les réconcilie avec les hommes et avec les dieux. Grâce à lui, la souillure du crime, si profonde qu'dle soit, peut être effacée et l'âme rendue à sa pureté première. Le dieu lui-même, d'après sa légende, avait donné l'exemple de ces purifications, après le meurtre du dragon Python. Revenu de la vallée de Tempe, il était, suivant l'expression de Plutarqu^*, vraiment
i. Eurip., i4/c.,070.
2. lonieniov^o; = oXoçf inlcger. Cf. la formule de salutition homérique : ov)i rs xxi yuisya XaTpe {Odyst., XXIV, 401 ; Hymii. ApolL Ptjth.,29^).