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couraient à la magnificence et à l'éclat de ses fêtes, et fut considéré comme l'inspirateur de la poésie qui en était inséparable. Délos et Delphes, centres principaux du culte d'Apollon, devinrent amsi de véritables écoles d'art lyrique où les musiciens les plus distingués et les plus grands poètes venaient se disputer les prix institués par la munificence des cités helléniques. Les attributions musicales du dieu acquirent avec le temps un sens plus général, une plus haute portée qu'à l'époque homérique. L'art tout entier des Muses, dont Apollon resta le chef de chœur, releva de sa puissance et fut considéré comme une émanation de la source divine et inépuisable d'inspiration qu'il portait en lui.
Cette inspiration apollinaire se manifestait par des effets plus merveilleux encore dans l'enthousiasme prophétique qui, aux yeux des Grecs, n'était qu'une variété de l'enthousiasme poétique. Poètes et prophètes leur paraissaient également soumis à l'action toute puissante du dieu qui, se communiquant à certaines âmes privilégiées, descendait en elles pour troubler et égarer leur froide raison, mais pour les douer de facultés supérieures et pour en faire les organes de sa raison et de sa parole. Aux unes il versait des torrents d'harmonie et dictait des chants surhumains; il choisissait la bouche des autres pour annoncer aux mortels les secrets que leur dérobait l'impénétrable avenir. La puissance prophétique de Phœbos s'explique d'ailleurs par le sens primitif de sa religion. Le dieu qui éclaire le monde est le grand témoin à qui rien n'échappe. Comme il voit tout, il connaît tout. Comme la lumière est son essence, ses triomphants rayons percent et dissipent toute obscurité. Il éclaire donc, quand il lui plait, l'intelligence humaine toujours troublée; il est le grand révélateur qui lui rend toutes choses visibles et présentes. Apollon, il est vrai, semble tenir ce pouvoir de Jupiter. Dans rhymne homérique, Phœbos annonce aux hommes « la volonté infaillible de son père ^ » Chez Eschyle, Loxias est appelé le prophète de Zeus, et ses oracles sont les oracles de Zeus lui même*. Mais, si les Grecs n'avaient pas oublié que leur dieu suprême était la source de la vie supérieure de l'àme et le principe de toute science, ils s'étaient habitués cependant à rattacher surtout à la personne d'Apollon le don prophétique.
L'art de la divination, dans son sens le plus général et sous ses formes les plus diverses, dépendait de Phœbos. Les familles de devins faisaient remonter leur origine jusqu'au dieu, qui passait pour avoir été