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le père de la race prophétique des lamidesd'Elide et pour avoir communrqué sa science à Mélampos*. I/inlerprétaiion des prodiges et des différents signes tirés du vol des oiseaux et des entrailles des victimes, bien qu'aux yeux des Grecs ce fût un art humain, composé d'observation et de réflexion, et qui n'impliquait pas nécessairement une inspiration divine, était cependant en rapport intime avec Apollon. Le corbeau, oiseau prophétique qui avait joué un grand rôle dans Tart primitif de roîonts/i^M^, était resté, suivant l'expression d'^Elien", le compagnon de Phœbos : on le voit à côté de lui sur certaines monnaies, et il est quelquefois posé sur le trépied fatidique. Dans la légende d'Arisléas de Proconnèse, Apollon prend lui-même la forme d'un corbeau*, et c'est cet oiseau qui guide en Libye Baltos et la colonie grecque qui doit fonder Cyrène *.
Mais, si la inantique, pour employer le terme général qui désignait en Grèce les différents modes de divination, ne pouvait jamais se séparer de Phœbos et relevait de lui tout entière, l'action prophétique du dieu revêtait cependant une forme particulière. S'exerçant sans intermédiaire sur les âmes qu'il avait choisies, elle avait ce caractère d'être une révélation soudaine de la divinité à l'intelligence humaine, douée tout à coup d'une intuition merveilleuse, qui supprimait pour elle les distances et qui lui faisait voir l'avenir comme s'il était le présent. Dès la plus haute anti(]uité grecque, les femmes surtout, plus sujettes que l'homme aux affections nerveuses et aux troubles extatiques, passaient pour avoir été en proie à celte action d'Apollon qui, en agitant leur corps et en bouleversant leurs organes, illuminait leur esprit de lueurs divines. La prophétique Cassandre dont les oracles, toujours véridiques, ne sont jamais écoutés, est le plus ancien et le plus remarquable exemple de cette possession fatale du dieu, cause de cruelles souffrances et de perpétuelles visions. Ces premières femmes inspirées d'Apollon portaient le nom général de Sibylles, A Troie, à Erythrée, à Claros, à Délos et à Delphes s'était conservée la tradition de la Sibylle Ilérophile, fille d'une nymphe de l'Ida, première prêtresse du dieu*. Les Sibylles personnifiaient en Grèce, et à Cumes en Italie, les plus anciennes prophétesses d'Apollon. Aussi semblent-elles originaires d'Asie Mineure, où le dieu eut de très-bonne heure de nom-