‹ Mythologie de la Grèce antiqueChapitre 115 sur 550 · Paus., X · texte numérisé non relu

Paus., X

breux oracles. On venait le consulter à Thymbrée, à Grynée*, à Claros, à Patara en Lycie, et dans le magnilique sanctuaire de Didynncsprès de Wilet*. Dans la Grèce propre, ces oracles se sont établis d'abord en Béotie. Ce pays, grâce à la nature de son sol où jaillissent des sources nombreuses et où sont creusées de profondes cavernes, avait été, comme Otfried Mùller l'a remarqué', le théâtre principal de Tantique divination qui demandait aux exhalaisons de la terre et aux vertus des eaux le don de prophétie. Le dieu prophète y eut donc plusieurs sanctuaires. On visitait en Béotie l'oracle d'Apollon Ptôos près d'Acrœphion, celui de Tégyre près d'Orchomène, celui d'Apollon Isménien, à Thèbes, dont l'antiquité était attestée par les nombreuses offrandes et par les trépieds d'or qui y étaient consacrés*.

Mais la renommée des oracles béotiens fut bientôt éclipsée par celle de l'oracle de Delphes, qui eut en tout temps une si grande influence sur la vie politique et sur les destinées de la Grèce. Suivant les traditions delphiques, cet oracle n'avait pas été toujours occupé par Apollon. Avant d'appartenir au dieu de la lumière, il avait été fondé par Gœa, à laquelle avaient succédé Thémis et Phœbé*. L'oracle de Delphes était donc essentiellement un oracle de la terre ([xav-sTov /Ooviov), et le mode de divination de la Pythie rappela toujours cette origine. « L'endroit où se donnent les réponses de la Pythie, dit Strabon' est un antre profond, peu large à son ouverture, et d*où s'exhale une vapeur qui produit l'enthousiasme. Sur l'ouverture de l'antre est un trépied fort élevé ; la prophélesse s'y assied, et bientôt pénétrée par la vapeur, elle prononce ses prédictions. » L'historien Justin nous dit encore qu'il existait à Delphes « un trou profond dans la terre, d'où s'échappait avec une certaine violence un air froid qui agissait sur l'esprit de la sibylle et lui communiquait le don prophétique'. » — A Delphes, comme dans plusieurs autres endroits de la Grèce, la divination d'Apollon avait donc eu pour origine l'existence d'un dégagement naturel de gaz qui, en agissant sur le cerveau**, y déterminait un délire passager. Le trépied^ siège de la Pythie à Delphes, et attribut nécessaire du dieu pro-

1. Strab.fXni, p. 622; Pans., L 21, 9. Sur les monnaies de Myrina, ville voisine du sanctuaire de Grynée, on voit l'omphalosel h branche de laurier.

2. Sur ce sanctuaire, voir Herod., VI. 19; Strab., XIV, p. 634 ; Pau?.. VII. 2, 4. Cf. Newton, DUcoveries at UaUcaniassus, Cnidus and BranchidtF, II, 2, et l'ouvrage, actuellement en cours de publication. d(î M. 0. R.iyet, Milet et le golfe Latmique.

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